Pomme : « Nous voulons aller vers un verger plus gustatif et plus sucré »
Bruno Bertheloz, directeur général de Blue Whale, détaille l'ambition du groupement de producteurs, qui est d'accélérer le renouvellement du verger en misant sur de nouvelles variétés.
Le groupement français Blue Whale, qui réunit 260 arboriculteurs sur 7 150 ha de pommes essentiellement (88 % des surfaces) mais aussi de poires, kiwis, prunes et raisins de table, a annoncé en mars son intention d’augmenter considérablement le taux de renouvellement de son verger de pommiers. L’objectif est de passer de 2 % actuellement à 5 % d’ici deux ans puis à 7 % par la suite. Cela nécessitera 30 millions d’euros annuels d’investissement par les producteurs.
Comment le renouvellement est-il devenu une priorité ?
Bruno Bertheloz : Avec l’effet ciseaux de l’inflation et l’arrêt des investissements, le taux de renouvellement est tombé à 2 % en 2023, contre environ 7 % auparavant – or le minimum pour faire vivre un verger et être performant, c’est 5 %. Il y a eu une perte de confiance, alors Blue Whale a joué son rôle d’animateur pour donner envie aux producteurs d’investir. On a déjà redressé la barre des intentions cette saison.
Quelles variétés seront privilégiées ?
Bruno Bertheloz : Le renouvellement chez nos producteurs sera porté par l’apport de nouvelles variétés, probablement entre 50 et 65 %. Nous voulons aller vers un verger plus gustatif et plus sucré, capable de reconquérir les consommateurs, notamment les jeunes, dans un contexte de déconsommation de la pomme en Europe. Avec en parallèle, l’entretien des variétés historiques (Granny, Gala…). Parmi les opportunités en pommes, on peut citer la nouvelle marque internationale Sambóa ou Pink Lady par exemple. Et sur le reste du verger, le kiwi gold, les poires Fred et Angys, la gamme métis issue d’un croisement entre la prune et l’abricot, le raisin sans pépins, entre autres…
Blue Whale a obtenu l’exclusivité en France de Sambóa, qui regroupe trois variétés. Vous visez 500 ha vers 2030, après 70 ha en surgreffage en 2026, comment allez-vous les développer ?
Bruno Bertheloz : Sur les trois variétés aux récoltes échelonnées [Luiza 14-15 ° Bx, Venice 15-16° Bx, Isadora 16-17° Bx, NDLR], nous ciblons particulièrement Isadora, en raison de ses calibres, ses qualités gustatives et son excellente conservabilité adaptée à notre volonté d’export à 60 % pour ces pommes. Nous visons l’Asie, le Moyen-Orient ou encore l’Angleterre. Isadora produit en effet très peu d’éthylène. Autre avantage, les variétés Sambóa ont une bonne tolérance à la tavelure et à Glomerella.