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Philippe Ruelle, UGPBAN : « Nous allons sourcer des bananes de substitution, en provenance d’Afrique et de Colombie »

Interview

Philippe Ruelle, directeur général de UGPBAN/Fruidor, explique comment s’articulera la saison après les ravages de l’ouragan Maria sur les Antilles (Lire ici).

 

En médaillon, Philippe Ruelle, directeur général de l'UGPBAN.
© UGPBAN et Philippe Gautier

FLD : Quelle est la situation aux Antilles ?

Philippe Ruelle : Tous les bananiers portant des fruits sont à terre, autant dire que la récolte est au sol. D’ici à avril prochain, nous n’aurons que 10 à 15 % des volumes, soit entre 600 et 700 t par semaine au lieu de 5 000 t. Le retour en production sera long. On ne peut tout replanter d’un coup. Un étalement est nécessaire pour les sols et l’outil de travail. En Martinique, où les bananiers ont été juste cassés, il faudra sept-huit mois pour reconstituer la bananeraie. En Guadeloupe, où les dégâts sont plus profonds, il faudra trois ans pour retrouver une pleine récolte.

FLD : Quels impacts sur la saison ?

Ph. R. : Nous allons manquer de volumes en début de campagne. La France représente 200 000 t et l’export entre 50 000 et 60 000 t. Nous baissons nos prétentions sur l’export et la seule ligne maintenue est la banane française enrubannée. De plus, nous allons sourcer des bananes de substitution, en provenance d’Afrique et de Colombie. La distribution et les mûrisseurs indépendants ont montré leur solidarité et se disent prêts au basculement d’origine.

FLD : Et vous disposez d’une marque pour cela, Issi lancée en février à Berlin…

Ph. R. : Évidemment, la démarche n’avait pas été initiée pour cela. Mais, en effet, ce sera le cas. Notre objectif est de devenir un acteur multi-origines afin d’avoir une taille suffisante pour peser sur le marché européen, avec un sourcing basé sur un cahier des charges précis. Dans la situation actuelle, cela permettra d’offrir un produit homogène que nous ne trouverions pas avec des achats spots.

FLD : Qu’en sera-t-il pour les mûrisseries, l’activité sur Dunkerque ?

Ph. R. : Pour le réseau, il n’y aura pas la totalité des tonnages mais l’approvisionnement se fera avec la banane française enrubannée, exclusive à Fruidor. Pour notre partenaire Dunfresh, nous ne sommes pas dans la situation de Dean en 2007. Nos bananes de Colombie voyageront sur la ligne Antilles au départ de Pointe-à-Pitre, soit environ 50 conteneurs, et une partie de la ligne d’Abidjan de CMA CGM emportera les bananes africaines.

FLD : Et il y a aussi Fruidor Terroirs…

Ph. R. : On ne peut que saluer la bonne vision de nos planteurs au moment de l’acquisition de Fruidor. En progression, Fruidor Terroirs aide à encaisser certains coups durs…

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