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Origine France et recherche : la filière des légumes d’industrie accélère sa transition

L’interprofession des légumes en conserve et surgelés a pris deux nouveaux engagements à horizon 2027 dans le cadre de sa démarche de responsabilité sociétale “les Légumiers de demain”. On vous les détaille. L’Unilet a aussi salué l’implication des Pouvoirs publics dans l’accompagnement des transitions, avec des enveloppes dédiées conséquentes.

L'interprofession des légumes en conserve et surgelés en conférence de presse le 14 juin. De gauche à droite : Cyrille Auguste (président de l’Unilet), Cécile Le Doaré (directrice générale de l'Unilet), Nicolas Facon (représentant des industriels de la Fiac) et Jean-Claude Orhan (président du Cénaldi (producteurs) et vice-président de l’Unilet).
© Julia Commandeur

En 2024, les légumiers -producteurs et industriels-de l’interprofession des légumes en conserve et surgelés, ont décidé d’accélérer et de renforcer les engagements de leur démarche RSE “Les légumiers de demain”.

Pour répondre aux enjeux actuels de la filière, 2 nouveaux engagements collectifs ont été pris, a annoncé l’Unilet lors de la Journée des Légumiers le 6 juin puis à la presse lors d’une conférence le 14 juin. 

Ces deux nouveaux engagements sont :

  • Renforcer la souveraineté alimentaire et la valorisation de l’origine France. Objectif : 50 % des achats à domicile labelisés origine France d’ici 2027 ;
  • Agir pour des produits à faible impact carbone et respectueux de l’environnement. 27 actions ont été identifiées de l’amont à l’aval et l’objectif est en cours de construction.

Lire aussi : Légumes d'industrie : de combien la filière doit développer ses capacités pour répondre au Plan de Souveraineté Fruits et Légumes ?

 

Le logo “Fruits et Légumes de France”, une incitation à l’achat

Pour répondre aux attentes des consommateurs en matière d’identification de l’origine France, la filière s’appuie déjà sur le logo “Fruits et Légumes de France”, qui avait été lancé fin 2015 par Interfel pour le frais, et décliné début 2017 pour les fruits et légumes transformés.

Depuis son adoption en 2017 par la filière des légumes en conserve et surgelés, le nombre de références de cette filière sur lequel le logo est apposé a été multiplié par 5, passant de 234 à 1 086 en 2023.

L’Unilet souhaite voir figurer le logo sur au moins 50 % des légumes en conserve et surgelés achetés par les consommateurs en magasin d’ici 2027. En 2023, cette part était de 26 % (+0,4 points en un an).

Objectif 2027 : la moitié des légumes en conserve et surgelés achetés en magasin doit avoir le logo “Fruits et Légumes de France”

Si les industriels jouent le jeu de légumes français (93 % des légumes mis en conserve et surgelés sur le territoire sont issus de champs français), la fabrication française ne fournit le marché national qu’à hauteur de 40 %. « Les marchés importent, et la part a été creusée par 4,2 en 20 ans », regrette Cécile Le Doaré, directrice générale de l’Unilet.

Pourtant, l’origine France est un facteur d’incitation à l’achat. D’après l’enquête CSA 2024 pour l’Unilet, 58 % des Français connaissent le logo “Fruits et Légumes de France” (+5 points vs 2020). 76 % des Français considèrent que la présence de ce logo est une incitation à l’achat de conserves, et 78 % pour l’achat de surgelés

Toujours selon cette même enquête, les Français se déclarent même prêts à payer plus cher pour de l’origine France sur des conserves (63 %, +5 points) et sur des surgelés (64 %, +1 point).

Les Français se déclarent prêts à payer plus cher pour de l’origine France sur des conserves (63 %) et sur des surgelés (64 %).

 

Avancées de la démarche “Les légumiers de demain” : déjà -75 % d’herbicides en oignon

Lancée en 2022, la démarche “Les légumiers de demain” prend 10 engagements à 2027, découpés en 3 axes :

- privilégier des pratiques durables et respectueuses de l’environnement ; 

- valoriser le travail de tous les acteurs pour une création de valeur juste et une vitalité des territoires ;

- produire des légumes bons, sains, locaux et responsables).

Lire aussi : Les légumiers pour l’industrie, engagés pour leur avenir

« Deux ans après son lancement, la démarche enregistre déjà des avancées et de nombreux chantiers sont engagés », témoigne Cécile Le Doaré. Elle illustre avec un exemple concret : sur l’axe environnemental, un des engagements à 2027 consiste à avoir 100% des parcelles qui ont recours à au moins une alternative aux produits phytosanitaires issus de la chimie de synthèse. En 2023, l’Unilet rapporte être à -75 % d’herbicides sur les cultures d’oignon,  grâce à l’usage du désherbage ultra localisé.

« Nous devons encore accélérer !, insiste Cécile Le Doaré. Car 99 % de nos 77 usages d’importance agronomique majeure sont menacés par un retrait au niveau européen, dont 70 % d’ici à trois ans. On accélère donc la recherche, ainsi que les moyens à l’accompagnement collectif. »

« 99 % de nos 77 usages d’importance agronomique majeure sont menacés par un retrait au niveau européen, dont 70 % d’ici à trois ans » Cécile Le Doaré, directrice générale Unilet.

 

La filière des légumes en conserve et surgelés, bénéficiaires des guichets Parsada et Plan de Souveraineté Fruits et Légumes

La directrice générale et le président de l’Unilet Cyrille Auguste soulignent aussi un « soutien sans précédent des Pouvoirs publics ».

Pour la recherche, la filière des légumes en conserve et surgelés a ainsi obtenu en 2024 une enveloppe de 3,9 millions d’euros sur cinq ans pour le projet de recherche 1er DECCLIC (Développer la Connaissance, Combiner et Déployer pour Désherber les Dicotylédones), un des premiers projets lauréats du Parsada (Plan stratégique pour l’Anticipation du potentiel Retrait européen des Substances Actives et le Développement de techniques Alternatives pour la protection des cultures).

Trois guichets Parsada et PSFL de 102 M€ au total pour un cofinancement dans l’investissement dans des agroéquipements innovants.

Et pour accompagner les transitions, des guichets dans le cadre du Parsada et du Plan de Souveraineté Fruits et Légumes (PSFL) ont été ouverts. A la clé : 102 millions d’euros de cofinancement pour l’investissement dans des agroéquipements innovants (concerne plutôt l’amont de la filière).

Trois guichets ont ainsi été/vont être ouverts pour accompagner l’investissement en agroéquipements innovants :

• PSFL : 35 millions d’euros, ouvert depuis décembre 2023 ;

• PSFL : 20 millions d’euros, ouverture prévue le 1er juillet ; 

• Parsada : 47 millions d’euros, ouvert depuis le 3 juin.

Lire aussi : Légumes d’industrie : pourquoi la filière consacre 70 % de son budget à la recherche et à l’expérimentation ?

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