Maraîchage dans le Pyrénées Orientales : Quelle protection thermique pour déployer les tunnels nantais ?
Les partenaires du projet Bioprim étudient différentes protections thermiques pour améliorer la productivité des cultures sous abri et développer les tunnels nantais dans le bassin méditerranéen.
Dans le cadre du projet Bioprim, le CivamBio66, l’Apaba et le GAB comparent les performances agronomiques de plusieurs couvertures pour développer les tunnels nantais dans le bassin méditerranéen : P17, P30 (voiles de forçage de respectivement 17 et 30 grammes du mètre carré), EVA (film thermique 60 μm), FilClimat (filet climatique et anti-insectes réutilisable) et bâche 500 trous (bâche plastique avec 500 perforations au mètre carré). Développer les tunnels nantais permettrait de passer du sous abri au plein champ pour certaines cultures maraîchères.
Sous abri, les voiles de forçage sont performants
En culture de tomates sous abri, le P17 tire son épingle du jeu. Ce voile de forçage a permis d’augmenter les rendements de la culture de tomates de 20 % par rapport aux autres couvertures étudiées, à condition de doubler son épaisseur. L’augmentation du rendement observée est liée au gain de température mesuré sous le P17. Mis en place de la plantation à début floraison, « le P17 présente des intérêts au niveau température, notamment la nuit, avec un gain de deux degrés », explique Aline Gillet, chargée d’expérimentation au CivamBio66. Attention toutefois, les bâches doivent être régulièrement soulevées pour limiter l’hygrométrie et réduire les risques de maladies. Cela augmente donc le temps de travail. Là aussi, des différences entre les types de couverture sont visibles. « Avec le filet EVA, on observait plus de condensation dessous, donc nous devions être beaucoup plus souvent en train d’aérer le tunnel. C’était aussi le plus chaud, parfois trop », rapporte la chargée d’expérimentation.
La tomate étant une culture palissée, des adaptations sont nécessaires pour installer les protections thermiques. Cela passe par le choix variétal, « on a choisi une variété qui reste buissonnante pour pouvoir la maintenir le plus longtemps possible sous les chenillettes », souligne Aline Gillet, et/ou par la création de petites buttes à l’endroit où s’ancrent au sol les chenilles afin de les surélever et laisser plus d’espace aux plants.
Des tendances en faveur des voiles de forçage sont également observées en courgette sous abri. Le P30 permet de gagner deux degrés la nuit par rapport au témoin non couvert, sans que la température ne monte trop le jour (+ 1,3 degré par rapport au témoin non couvert) comme l’EVA (+ 2,3 degrés).
Le P17, la solution pour le plein champ
Deux cultures sont suivies pour leur adaptabilité au plein champ : la salade et l’épinard. « Par rapport au témoin non couvert, en culture d’épinard, le rendement sous bâche 500 trous était inférieur au témoin non couvert alors que tous les autres types de couverture avaient un rendement supérieur », se souvient Aline Gillet. Un gain de 800 à 1 000 grammes pour dix pieds est observé, quasiment équivalent à une culture sous abri.
En salade, seul le P17 permet d’atteindre un rendement suffisant, presque doublé par rapport au témoin non couvert, également comparable à celui d’une culture sous abri.
Un prix concurrentiel
Autre atout indéniable des voiles de forçage : leur prix. « Le P17 ou le P30, leur prix indicatif est de 0,10 euro du mètre carré, là où l’EVA est à 0,30 euro, le FilClimat à 0,46 euro et la bâche 500 trous à 0,20 euro », note la chargée d’expérimentation. Les voiles de forçage tirent donc une fois de plus leur épingle du jeu, même en doublant l’épaisseur du P17.
Au regard de leurs performances agronomiques et de leur faible coût, les voiles de forçage, en particulier le P17, semblent aujourd’hui les mieux placés pour développer les tunnels nantais dans le bassin méditerranéen.