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En Lorraine : le projet Mapuce livre ses conclusions sur l'apport des plantes de service pour lutter contre le puceron en maraîchage sous abri

Le projet Mapuce a pris fin en 2025 et a permis d’éclaircir plusieurs points sur l’intérêt des plantes de service contre le puceron en maraîchage sous abri en Lorraine.

<em class="placeholder">larve de chrysope, insecte auxiliaire consommant des pucerons</em>
Grâce à la mise en place de plantes de service, Jonathan Stahl, maraîcher bio en Lorraine, a pu diminuer ses lâchers de larves de chrysope.
© C. Gloria

Porté par Planète Légumes Fleurs et Plantes (PLFP), le projet Mapuce a permis d’identifier les atouts des plantes de service en maraîchage sous tunnel contre le puceron dans l’est de la France. Principal avantage : les auxiliaires s’y installent plus tôt, plus nombreux et y restent plus longtemps. Un bon choix des espèces et de leur période d’implantation est primordial.

Des espèces clés pour favoriser les auxiliaires

Six espèces de plantes de service ont été testées pour lutter contre le puceron en aubergine sous abri. On y retrouve des plantes-ressources, qui attirent les auxiliaires en les fournissant en pollen et nectar, et des plantes-banques, qui offrent des proies de substitution aux syrphes et autres parasitoïdes. « Nous avons choisi six plantes pour constituer un mélange complémentaire d’espèces capables de remplir plusieurs fonctions à la fois », explique Carla Varaillas, conseillère maraîchage à PLFP. Certaines espèces sont à la fois banque et ressource : la tanaisie, le lotier corniculé et l’achillée millefeuilles. D’autres sont uniquement ressource : l’alysse, la sauge, la giroflée et le souci.

Les espèces déterminent les auxiliaires présents

L’impact est net sur le nombre d’auxiliaires retrouvés : le tunnel avec plantes de service compte 140 individus contre 90 dans le tunnel témoin. La diversité des espèces y est également plus importante, avec la présence « de cécidomyies prédatrices de pucerons Aphidoletes aphidimyza et de parasitoïdes adultes », observe Carla Varaillas. L’achillée et le souci présentent un fort potentiel d’attraction et de maintien des syrphes et des punaises de type Miridae. La tanaisie, l’achillée et dans une moindre mesure le souci et le lotier, ont été colonisés par des pucerons inoffensifs pour la culture, proie de substitution idéale pour les auxiliaires. « Des momies sont observées sur la tanaisie et l’achillée, ce qui confirme leur rôle de plantes-banques », ajoute la conseillère.

La période d’implantation est un point clé

Pour gérer les premiers foyers de pucerons, les auxiliaires doivent s’installer tôt. « Nos semis ont été réalisés en décembre et les plants rempotés en mars puis implantés mi-avril chez les producteurs », précise Carla Varaillas. Ainsi, l’alysse fleurit début mai et le souci de mi-mai à début septembre. Ensuite, la floraison de la sauge, du lotier, de l’achillée puis de la tanaisie de fin avril à mi-septembre assure la présence de fleurs diverses tout au long de la culture, assurant abri et nourriture pour les auxiliaires.

L’effet des plantes de service est indéniable pour les auxiliaires, mais ne suffit pas à contrôler tous les pucerons. La combinaison reste nécessaire avec le biocontrôle et/ou des lâchers d’auxiliaires complémentaires.

Le projet Mapuce a inclus des tests chez des maraîchers 

Dans le cadre du projet Mapuce, deux producteurs ont mis en place des plantes de service.

Pour Jonathan Stahl, producteur bio en Lorraine, l’implantation d’achillée et de tanaisie lui a permis de réaliser un lâcher de chrysopes au lieu de trois en laitue au printemps. Point de vigilance : les plantes de service sont une culture à part entière avec un minimum d’entretien et notamment de taille.

L’objectif des plantes de service pour Thomas Cusin, producteur conventionnel, était de contrôler les pucerons en réduisant les traitements et en favorisant les auxiliaires, sans en lâcher. Si les pucerons ne lui ont pas causé de soucis, une grosse pression acarien rencontrée sur sa parcelle test l’a conduit à lâcher des acariens prédateurs, preuve de la nécessité de voir les plantes de service comme un levier à combiner.

Le projet Mapuce

- Mapuce est l’acronyme de Méthodes Alternatives contre les PUCErons en cultures horticoles multispécifiques pour supprimer l’utilisation de produits phytosanitaires de synthèse

- Financeurs : fonds CASDAR

- Durée : 3,5 ans (2022-2025)

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