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Covid-19
Des innovations alimentaires qui se sont adaptées aux tendances post-crise

Fait-maison, vrac, e-commerce et e-information, anti-gaspi et prix bas… La crise a fait émerger de nouvelles tendances et en a accéléré d’autres. Industriels et distributeurs l’ont bien compris en adaptant leurs offres et leurs innovations. Tour d’horizon avec l’Ania et Protéines XTC.

Xavier Terlet, directeur général de Protéines XTC, présente les tendances de l'innovation alimentaire afin de répondre aux nouveaux besoins des consommateurs.
© Protéines XTC / Montage FLD

L’Ania a tenu son webinaire « Baromètre mondial de l'Innovation alimentaire 2021, quelles grandes tendances, quels enseignements ? » le 26 mars. De grandes tendances dans l’innovation de l’offre alimentaire, qui étaient déjà là, se sont accélérées avec la crise Covid. Xavier Terlet, directeur général de Protéines XTC, en a identifié sept [lire ci-dessous]. Certaines sont connues depuis déjà des années (le goût, le sain et durable, le prix…) mais d’autres ont émergé avec la crise. « Il y a des signaux faibles à prendre en compte : l’information est primordiale et on passe d’un marketing de la promesse à un marketing de la preuve ; l’alimentation comme protectrice des corps représente des pistes à explorer ; et enfin le côté industriel peut être une opportunité de réassurance », insiste Xavier Terlet.

Les Français, davantage rassurés par les grands industriels

En effet, selon l’étude Kantar Food 360, trois quarts des Français ont plutôt confiance dans la qualité des produits alimentaires mais concernant les prescripteurs de l’information, on observe une baisse de confiance dans les professions médicales (la crise Covid a entraîné une hausse de la méfiance) et surtout, « nouveauté, c’est un paradigme : on fait moins confiance aux petits (les PME et artisans) par rapport aux plus grands (les industriels). En cela on rejoint la Chine : les Chinois ont confiance dans les grandes entreprises car elles sont très contrôlées et risquent beaucoup en cas de défaillance. »

Avec la crise, les Français veulent cuisiner, mais n’ont plus d’argent

Première tendance : le fait-maison. « C’est source de plaisir, sécurisant, valorisant et permet de faire des économies », explicite Xavier Terlet qui cite à titre d’exemples d’innovations le kit à ferments pour yaourts de Danone ou la “solution pour un repas”, un panier de produits frais et d’épicerie pour réaliser une recette pour 4 personnes. Testé au nouveau Monoprix Montparnasse qui a fait la part belle au snacking, c’est une manière pour le magasin de garder des consommateurs.

Deuxième tendance : l’accessibilité prix et l’anti-gaspi. Les marques adaptent les doses et les grammages (Charal), communiquent sur les DLC (St Môret), les distributeurs proposent des “paniers zéro gaspi” (Carrefour Market, paniers de légumes moins jolis mais tout aussi bons à 1,50€/kg) ou une offre accessible pour faire face à la crise économique liée à la Covid (E. Leclerc, paniers 21 repas à 21 €).

Troisième tendance : le plaisir du goût. Selon Nielsen, les innovations qui ont le plus marché en 2020 sont les produits “confort time” (Kinder, glaces, etc.), indispensables dans ce contexte de crise pour compenser l’angoisse et les restrictions.

e-commerce et e-information : « la prochaine révolution alimentaire sera informationnelle »

Quatrième tendance : l’accessibilité “sans contact”. Avec la Covid, le e-commerce a vu une croissance fulgurante qui se maintient, « même les seniors y ont pris goût ». Les circuits courts et engagés se mettent au e-commerce. Les magasins conteneurs, qui permettent un accès à une offre réduite mais d’inspensables 24h/24, en vogue en Asie ou en Allemagne, arrivent en France (testé dans la cour du siège de Monoprix).

« Enfin, on voit la déclinaison du e-packaging : le packaging et les informations sont adaptés au format on-line. Et on voit aussi que certains distributeurs ajoutent des informations que les industriels n’ont pas fait figurer sur le packaging de leurs produits comme le Nutri-Score. D’ailleurs, la e-information -comme la blockchain par exemple- doit être vue comme un signal émergeant : la prochaine révolution alimentaire sera peut-être informationnelle. »

Des marges à prendre sur des produits qui simplifient la vie du consommateur

Cinquième tendance : plus de simplicité. « La confiance des consommateurs dans un produit alimentaire passe par les ingrédients, leurs origines, l’origine de fabrication, les labels, l’apparence. Et la tendance qui monte de plus en plus : une méfiance envers les produits ultra-transformés et la recherche de produits moins transformés. Une liste d’ingrédients à rallonge avec un langage que le consommateur ne comprend pas, c’est rédhibitoire. » Et de citer à titre d’exemple Knorr qui valorise sur ses packagings une compositions courte et simple de ses soupes ; ou encore la gamme Essentiel d’Intermarché.

Mais la simplicité, c’est aussi aider le consommateur à cuisiner. Picard l’a compris déjà depuis longtemps, avec ses cubes de potiron, idéal pour faire une soupe maison, ou ses billes de melon. « Sur ces produits, le taux de marge est intéressant pour le distributeur et l’attente des consommateurs est très forte. »

« Les marques sont sans doute l’avenir du vrac »

Sixième tendance : l’emballage. Du zéro emballage et le vrac en 2019, la crise a inversé les tendances et tué les fantasmes, pour aller vers l’emballage utile et juste : protection, recyclable et recyclé… « Concernant le vrac, les freins portent désormais sur l’absence d’informations, l’hygiène et la contamination, et le “juste” prix qui doit être perçu beaucoup plus bas que l’emballé. Pour cela, je pense que les marques sont l’avenir du vrac : en se lançant dans le vrac, elles apportent la confiance, elles peuvent communiquer. De nouveaux équipements de distribution -comme le distributeur automatique testé chez Franprix- sont aussi de bonnes pistes. »

L’alimentation végétale doit reposer sur le plaisir et non le militantisme

Septième tendance : le sain et le responsable. Sans surprise, on retrouve encore et toujours le bio, mais augmenté avec de nouvelles valeurs adossées (bien-être animal, origine France, rémunération des producteurs..), la proximité et le local, les clean labels, les substituts de viande et fromage.

« L’alimentation végétale est une tendance forte mais attention ! Les militants, c’est-à-dire les vegans et les végétariens, ne représentent qu’une part infime de la population française, moins de 0,7 % et 3 % respectivement. Les flexitariens en revanche sont plus nombreux (on parle de 40 %) et eux recherchent le plaisir avant tout, avant même la santé. » Les marques l’ont bien compris (par exemple la gamme “Gourmand et végétal” d’Andros).

« Enfin la nouveauté cette année : l’alimentation protège le corps. La mise en évidence des propriétés antivirales, santé, etc. des produits peut être intéressante. »

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