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Bretagne : davantage de contractualisation pour le Cerafel face à la baisse des volumes de légumes et plants

Si le chiffre d’affaires des producteurs Prince de Bretagne a progressé en 2023, la baisse des volumes, attribuée au manque de main-d'œuvre et d'installations, inquiète et amène le Cerafel à innover pour faciliter les transitions.

Marc Kerangueven, président du Cerafel.
« Je suis optimiste pour l’avenir, mais il faut que nous installions des jeunes », insiste Marc Kerangueven, président du Cerafel.
© Cerafel

Malgré la tempête Ciaran qui a entraîné 15 % de perte en chou-fleur et contraint à rebâtir de nombreux abris, l’Association d'organisations de producteurs (AOP) bretonne Cerafel, qui représente 1 300 exploitations en légumes pour Prince de Bretagne et en plants de pomme de terre pour Bretagne Plants, a vu son chiffre d’affaires progresser de 9 % en 2023. 609 000 tonnes, fruits et légumes et plants compris, ont été produites, pour 457 millions d'euros (M€) de chiffre d’affaires, dont 349 M€ en fruits et légumes, 77 M€ en plants de pomme de terre et 31 M€ en horticulture. « Mais la hausse du chiffre d’affaires cache la baisse des volumes, liée aux départs en retraite non compensés, au manque de rémunération, à la pénibilité du travail et au manque de main-d’œuvre », insiste Marc Kerangueven, président du Cerafel.
 

Améliorer la rémunération des producteurs 

Face à ces difficultés, le Cerafel mise sur la force du collectif pour répondre aux enjeux de demain. L’AOP travaille ainsi depuis cinq ans sur de nouveaux modes de commercialisation. Si la vente au cadran reste majoritaire, la contractualisation avec les expéditeurs, avec engagement prix-volume, progresse et approche 30 % des volumes. En octobre 2023, des contrats tripartites, associant le Cerafel, le client final et l’expéditeur ont aussi été testés avec succès. « Ils permettent aux producteurs et aux enseignes de s’écouter et de comprendre leurs besoins respectifs », souligne Marc Kerangueven.

Face à la baisse des volumes, le Cerafel a aussi fait le choix d’investir pour redonner de l’élan à des filières. Pour rappel, 4 M€ ont été investis dans une endiverie pour répondre à la demande en endives locales. « 1500 tonnes d’endives y seront forcées dès cette année, impliquant la mise en place de 80 hectares de racines d'endives, annonce le président du Cerafel. Cet outil collectif permet aux producteurs non endiviers de diversifier leurs rotations avec une culture courte, rémunératrice et peu exigeante en main-d’œuvre ».

Des investissements ont été engagés aussi pour la transformation des petits calibres d’artichauts. Les premiers fonds d'artichauts seront commercialisés d’ici fin 2024. Autre engagement pour améliorer le revenu : la création d’une filière petits fruits, avec en 2024 un potentiel de 20 tonnes de myrtilles.
 

Faire des économies d'énergie

Autre action pour les productions sous abri : la mise en place d’un poste de responsable coordinatrice énergie. Le développement des écrans thermiques, ordinateurs climatiques, matériaux de parois de serre plus performants... ont permis 20 % d’économie d’énergie depuis 2015. Les producteurs sont aussi accompagnés vers les énergies renouvelables, avec 45 % des exploitations sous abri équipées de photovoltaïques. D'autres pistes d'économie d'énergie sont aussi étudiées : chaleur de récupération, solaire thermique…
 

Faciliter les recrutements et l’installation de nouveaux producteurs

Un autre sujet essentiel est celui de la main-d’œuvre et de l’installation de jeunes. Des travaux sont menés pour réduire la pénibilité et les besoins en main-d’œuvre (matériels d’aide à la récolte...). Le Cerafel a aussi instauré un partenariat avec le Maroc pour faire venir des salariés marocains sur les exploitations, qui manqueraient actuellement de 2 000 salariés. Et surtout, des mesures sont prises pour faciliter l’installation et la reprise des exploitations. « La Bretagne, moins impactée par les excès météo, a des atouts face au changement climatique, estime Marc Kerangueven. Mais cela implique d’installer des jeunes ». Des mesures ont été prises, avec le recensement des exploitations à reprendre et un accompagnement technique, administratif et financier des porteurs de projet. « En 2023, il y a eu 25 installations à la Sica Saint-Pol-de-Léon, contre 12 en moyenne les années précédentes », indique le président du Cerafel.

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