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Sécheresse : « Cet hiver, je pourrai remplacer une partie du foin par de la paille d’orge »

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Les prairies commencent à reverdir sur les parcelles d'André Uthurriague au Pays Basque, mais la pousse de l'herbe reste encore insuffisante pour les besoins du troupeau. Crédits : © A. Uthurriague

La sécheresse a grillé les prairies sur tout le territoire français. Au Pays basque, un éleveur de blondes d’Aquitaine témoigne, et anticipe les manques de fourrages pour l’hiver.

« Il y a des crevasses dans le sol, ce n’est pas près de se regarnir, remarque André Uthurriague, éleveur de Blondes d’Aquitaine à Ossas-Suhare (64). Ce n’est pas avec quelques rares pluies d’orage de plusieurs mm à chaque fois que l’herbe va repartir et qu’on pourra faire pâturer les vaches ».

La sécheresse a fortement impacté la cinquantaine d’hectares de prairies de l’éleveur, et son troupeau est affouragé en bâtiment depuis plusieurs semaines. « Je les laisse sortir la nuit », précise l’éleveur.

« J’aurai du maïs »

Habituellement, André Uthurriague distribue du maïs humide et du correcteur azoté sur un lit de foin, le matin et le soir. « J’aurai du maïs. Le copain à qui je l’achète depuis dix ans me l’a confirmé. Il a pu semer certaines parcelles assez tôt. Dans ces parcelles, le maïs est beau. Dans d’autres, il l’est moins. Il m’en restait aussi de l’an dernier, je vais pouvoir faire la jonction », indique-t-il.

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C’est la disponibilité en foin qui pose question à l’éleveur basque : « J’ai fait presque autant de foin que l’année dernière, mais pas du tout de regain à faire pâturer, et j’ai consommé plus de fourrages cet été », indique-t-il. Ainsi, il prévoit de remplacer le foin par de la paille d’orge, lors du repas du soir des vaches. « Du foin, personne n’en a à vendre, et les espagnols attendent et spéculent. Alors que de la paille d’orge, il y en aura à acheter », remarque-t-il.

Les bêtes redescendent des estives avec 20 jours d’avance

Cette année, le manque d’herbe s’est aussi fait sentir en estive, pour les collègues d’André Uthurriague dont les troupeaux sont montés. « Les bêtes redescendent 20 jours plus tôt que d’habitude, relate-t-il. Au printemps, nous sommes passés très rapidement de la neige à la grosse chaleur, en montagne l’herbe n’a pas eu le temps de bien pousser. Il a aussi fallu apporter de l’eau, avec de grosses cuves pour alimenter les abreuvoirs. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire qu’à cause de la canicule et de la sécheresse l’automne et l’hiver vont être compliqués dans les élevages ».

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