Fourrages : « J’ai implanté du teff grass fin juin, je vais m’en sortir mieux qu’avec de l’herbe »

- - 4 min
« Le teff grass a fini par germer presque partout. Aujourd’hui, le 31 août, il est plutôt beau, même s’il reste quelques trous », se réjouit Matthieu Peyrat. Crédits : © M. Peyrat

« J’ai semé du teff grass trois fois, trois années sèches : en 2020, 2022 et cette année », indique Matthieu Peyrat, éleveur de vaches allaitantes Aubrac à Job (Puy-de-Dôme). À chaque fois, la graminée fourragère a été implantée derrière de l’orge sur environ 3 ha, début juillet les deux premières années, le 29 juin en 2026.

« Il faut de l’orge, sinon l’implantation est trop tardive. En 2020 et 2022, cela avait bien fonctionné malgré le peu d’eau, les levées avaient été rapides et homogènes, se souvient l’éleveur. Cette année l’implantation a été beaucoup plus compliquée. J’avais pourtant semé dans le frais. Nous avons eu 22 mm le 28 juin, j’ai semé le lendemain ». Le semis a été fait à 10 kg/ha, avec un passage de déchaumeur avant semis et un passage de rouleau après semis. Matthieu Peyrat a également épandu 20 m3/ha de purin.

 

 
<em class="placeholder">Matthieu Peyrat devant ses vaches Aubrac</em>
Matthieu Peyrat élèvent des Aubracs à Job, dans le Puy-de-Dôme © M. Peyrat

Le teff grass a bien valorisé les pluies

Mais après la pluie de fin juin, plus rien jusqu’au 15 juillet et 16 juillet, où il est tombé 14 mm en deux jours. « Au 20 juillet, il y avait quelques pieds mais vraiment peu », raconte l’éleveur. Heureusement, le teff grass a pu profiter de deux orages, les 25 et 31 juillet, avec respectivement 24 et 21 mm. « Le teff grass a fini par germer presque partout. Aujourd’hui, le 31 août, il est plutôt beau, même s’il reste quelques trous, se réjouit Matthieu Peyrat, avec toutefois de grosses différences de stade entre les plantes qui ont germé en premier et qui sont déjà en épis, et les autres ».

Un ou deux passages de pâturage

L’éleveur estime qu’il pourra faire pâturer un lot d’une quinzaine de vaches la semaine prochaine. « Je pourrais même envisager un deuxième passage si je repousse mes semis de céréales après la mi-octobre, sur ces terres qui sont séchantes et portantes », ajoute-t-il.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

« Malgré un mois dans le sec, le teff grass s’est bien rattrapé. Je vais m’en sortir mieux qu’avec de l’herbe », confie l’éleveur. En effet, hormis quelques prairies contenant du dactyle qui commencent à reverdir après 24 mm de pluie le 24 août, ses prairies naturelles restent grillées. Matthieu Peyrat affourage ses bêtes depuis le 14 juillet.

« En 2020, j’avais fait deux coupes, d’enrubannage et d’ensilage, avec le teff grass »

En 2020, Matthieu Peyrat avait récolté le teff grass en deux coupes, la première en enrubannage, « j’ai fait 10 bottes rondes/ha sur 2,5 ha soit 25 bottes au total », se souvient-il, et la deuxième en ensilage, mi-octobre, « je l’ai mise au-dessus d’un silo de maïs, cela s’est bien conservé », explique-t-il.

 

 
<em class="placeholder">récolte de teff grass</em>
En 2020, Matthieu Peyrat avait récolté le teff grass en deux coupes, la première en enrubannage, la deuxième en ensilage © M. Peyrat

En 2022, le teff grass a été uniquement pâturé, début septembre. « Nous n’avions plus rien dans nos parcelles séchantes, alors j’ai mis un lot de 18 vaches sur les 2,5 ha de teff grass pendant un mois, raconte l’éleveur. La graminée était un peu montée car j’ai fait pâturer tard, mais elle a été bien consommée. Je n’ai pas eu de problème de refus, alors qu’un ray-grass à ce stade, les vaches l’aurait laissé ». Matthieu Peyrat n’a pas constaté d’arrachage des plants.

Déchaumeur et gel détruisent le teff grass

Pour détruire le teff grass, les deux années, l’éleveur a passé le déchaumeur, puis semé du triticale ou de l’orge, les éventuelles repousses ont été détruites par le gel. « Le teff grass n’est pas gourmand, il laisse un sol encore meuble, c’est un bon précédent. Je trouve que c’est une bonne culture fourragère estivale pour nos sols peu profonds, sableux avec des cailloux, à 650 m d’altitude. Encore faut-il qu’il y ait un minimum d’eau », résume Matthieu Peyrat.

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires