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« Mon élevage de chèvres a été contrôlé 13 fois en huit ans »

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L’éleveuse préfère témoigner anonymement par crainte d’avoir de nouveau affaire à des contrôles tatillons. Crédits : © D. Hardy

« Un mois et demi après mon installation, j’ai eu mon premier contrôle. À l’époque, j’avais une cinquantaine de chèvres, je faisais de la transformation fromagère et j’exploitais environ 15 hectares de parcours et de prés, tout en bio. Ensuite, les contrôles se sont enchaînés et j’en suis à mon treizième contrôle en moins de dix ans. Une année, j’ai même été contrôlée six fois, dont trois fois le même mois. Cet entêtement est tout à fait anormal et c’est d’autant plus difficile à comprendre que mes contrôles n’ont jamais montré de problème. Tout a été vérifié : identification des animaux, surfaces utilisées, comptabilité… Je touche environ 12 000 euros d’aides par an, principalement l’ICHN et quelques aides liées aux surfaces et aux animaux. Pas de quoi justifier un tel acharnement.

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Une charge mentale épuisante

Est-ce que quelqu’un m’en voulait ? Une dénonciation ? Une malchance incroyable ? Je n’ai pas de problème avec mes voisins et je n’ai jamais identifié de raison claire. En général, je suis prévenu deux ou trois jours avant. On nous demande que les animaux soient visibles et facilement comptables, et que tous les documents soient prêts. Le jour J, ils commencent souvent par compter les animaux, puis ils passent aux papiers, posent toujours un peu les mêmes questions. Chaque contrôle, c’est au minimum une demi-journée sur place avec les agents, mais pour moi c’est une journée, parfois une journée et demie de travail perdue. Il faut préparer tous les papiers, rassembler les factures, appeler le comptable… À force, on finit par anticiper et je remplis les papiers régulièrement comme je sais qu’ils les attendent. Cette répétition excessive n’entraîne que du stress, de la charge mentale et de l’épuisement. C’est aberrant. »

(1) Le prénom a été changé et l’éleveuse a souhaité témoigner anonymement.
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