« L’alternance en élevage de porc, c’est du gagnant-gagnant »

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Guillaume Toquet, accompagné de Virginie (à gauche), l’ancienne salariée de l’atelier porc, et Clémence qui l’a remplacée, ancienne apprentie. Crédits : © Chambre d'agriculture de Bretagne

Il y a trois ans, Guillaume Toquet, éleveur à Bringolo dans les Côtes-d’Armor, a accueilli Clémence sur son exploitation, comme alternante dans le cadre d’un CS Porc. 

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Au bout d’un an, il lui propose de travailler sur l’élevage, mais la jeune femme souhaite poursuivre ses études par un BTS Acse. Elle réalise celui-ci en alternance, sur la même exploitation. Elle a terminé ses études cet été, et a été embauchée sur l’exploitation. Une satisfaction pour Guillaume Toquet qui intègre une salariée déjà autonome pour travailler sur son élevage.

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À l’origine, Clémence ne se destinait pas à l’élevage porcin. « J’ai fait un bac pro bovin lait. En fin de terminale, nous avons visité un élevage de porcs. L’éleveur était passionné, et ça m’a beaucoup intéressée. » Pour confirmer son intérêt pour le porc, la jeune fille réalise, pendant les grandes vacances, un stage dans un élevage familial. « J’ai bien aimé le contact avec les animaux. » Elle démarre alors son CS en alternance chez Guillaume, d’abord sur le naissage, puis sur l’ensemble de l’élevage.

 

 
<em class="placeholder">La maternité a été refaite en 2021. Lumineuse et équipée de cases balance, elle offre de bonnes conditions de travail.</em>
La maternité a été refaite en 2021. Lumineuse et équipée de cases balance, elle offre de bonnes conditions de travail. © Chambre d'agriculture de Bretagne

Guillaume a vite remarqué qu’elle était à l’aise avec les animaux. Il lui a petit à petit laissé de l’autonomie. « Pour moi, un bon apprenti, ce n’est pas quelqu’un qui doit forcément être productif au travail. C’est quelqu’un de curieux, d’agréable, et qui comprend. »

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« Le travail du patron »

Le jeune éleveur insiste sur l’importance de l’accueil : « La première journée, il faut rester avec le jeune, c’est le travail du patron. C’est important de prendre du temps pour lui faire découvrir les pratiques quotidiennes, où il se change, où il mange, etc. À la fin de la première journée, j’aime bien demander si ça lui a plu, s’il y a des choses qui n’ont pas plu ou que le stagiaire n’a pas comprises. C’est de la communication. » Clémence estime, elle aussi, qu’il est important que le patron soit présent les premiers jours. Elle dit avoir également apprécié d’avoir un local pour la pause du midi, et un espace pour se changer.

L’éleveur complète : « Ça fait longtemps que nous avons un lieu dédié aux salariés, avec douche et vestiaire. À la base, ce n’était pas pour la biosécurité, mais pour les conditions de travail. Il faut que le salarié se sente bien. On prend le café dans la salle à 10 h 00 : c’est le moment où on programme la journée, mais aussi où on parle d’autres choses. »

De bonnes conditions de travail en élevage de porc

Dans l’élevage, les conditions de travail sont plutôt confortables. La maternité a été refaite en 2021, avec des cases balance, la possibilité de libérer les truies, et de sociabiliser les porcelets. Clémence, qui n’a connu que les maternités liberté, apprécie : « Les truies sont moins farouches. On peut plus facilement entrer dans la case. » Concernant le lavage, le mot d’ordre est le partage. « Dans certaines exploitations, les stagiaires sont beaucoup mis au lavage, explique l’éleveur. Ici, tout le monde a une demi-journée de lavage. Depuis peu, j’emploie un prestataire qui lave les maternités et les engraissements, pour ne pas dégoûter tout le monde. »

 

 
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Les salariés disposent d’une grande salle de pause pour prendre leur déjeuner, et se rassembler au moment du café. © Chambre d'agriculture de Bretagne

Pour Guillaume, « on ne prend pas un apprenti parce qu’on a un besoin de main-d’œuvre, mais pour le former ». L’éleveur estime que le transfert de compétences est essentiel. « J’aime bien résoudre des problèmes, et qu’on partage nos opinions. Quand j’observe quelque chose, j’en fais part à l’apprenti, et je lui demande son avis. Ça lui montre que l’observation fait partie du métier. » Cela permet entre autres d’amorcer des discussions sur des sujets techniques. Guillaume mise aussi sur les formations de salariés : « Elles sont intéressantes pour eux, et j’en profite également ! L’idéal serait une journée par an pour chaque salarié. Ils assistent aux visites du vétérinaire, c’est formateur. »

L’éleveur aime partager ses chiffres avec les apprentis ou les salariés. Clémence a ainsi travaillé sur la GTTT et la GTE en CS, puis sur le bilan comptable en BTS. Après trois ans d’alternance, elle a remplacé Virginie, l’ancienne salariée qui a quitté la région. Guillaume cherche désormais à recruter et former un nouvel apprenti. Avis aux candidats !

Caroline Depoudent, [email protected]

Fiche élevage

SARL Toquet à Bringolo (Côtes-d’Armor)

270 truies naisseurs-engraisseurs
2/3 des porcs charcutiers sur le site de naissage, 1/3 sur un site en location
700 000 l de lait
178 ha de SAU
1 FAF simplifiée
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