Un enjeu d’autant plus important que, dans certains systèmes comme le laitcru, les exigences sont renforcées.
Sur du laitcru, on va être encore plus précautionneux sur la partiehygiène, parce qu’on va être confronté à des pathogènes liés à la santéhumaine comme les coliformes, les staphylocoques ou la listeria. »
Préparer la vache : une étape clé
La préparation de la vache à la traite constitue la première étape incontournable. L’objectif est d’obtenir un trayonpropre et sec.
Cette phase permet à la fois de nettoyer et désinfecter le trayon pour éviter les contaminations, de stimuler le réflexed’éjection du lait, de repérer d’éventuelles infectionsmammaires ainsi que d’assurer une qualité du lait optimale.
Quand on pose la griffe, il faut que les trayons soient les plus propres et les plus secs possible », insiste la conseillère.
L’enjeu est d’éliminer les germes présents à la surface de la peau pour éviter leur pénétration dans le trayon, notamment ceux responsables des mammites.
Au-delà de la santémammaire, l’hygiène vise aussi à éliminer les résidus de matièreorganique comme les butyriques, et donc à préserver la qualité du lait.
Des techniques de nettoyage à adapter
Plusieurs méthodes existent pour nettoyer les trayons, avec des niveaux d’efficacité variables.
L’utilisation de lavettesindividuelles est l’une des méthodes les plus répandues, mais « en utiliser une seule pour toutes les vaches est déconseillé », souligne CatherineCougoul. Le principe : une lavette par animal, afin d’éviter toute propagation de microbes.
Cette méthode présente plusieurs avantages : bonne désinfection, actiondétergenteefficace en fonction du produit utilisé, une stimulation de la traite et entretien de la peau du trayon. Le choix du savon joue également un rôle, avec une possible actioncosmétique pour assouplir la peau. "Plus la peau est lisse, plus le nettoyage est facile. »
Quelques règles sont à respecter : utiliser de l’eautiède (30 à 40 °C), ne laver que le trayon, essuyersoigneusement et assurer un lavage rigoureux des lavettes entre chaque traite.
À l’inverse, le lavage à la douchette est aujourd’hui déconseillé. « On a plus de problèmes de trayons humides, pas d’actiondétergente ni cosmétique », précise-t-elle. Cette technique ne peut être envisagée qu’à la marge, sur des animaux très sales, et doit être complétée par un essuyage avec une lavetteindividuelle ou papier absorbant.
Les lingettespré-imprégnées constituent une alternative simple d’utilisation, notamment en cas de problèmessanitaires (staphylocoques, listeria). À usage unique, elles limitent les risques de transmission, mais leur coût reste élevé.
D’autres solutions existent, comme les brossesmécaniques, adaptées aux fortes cadences ou aux éleveurs souffrant de troubles musculosquelettiques.
Pendant la traite : ne pas négliger les premiers jets
L’élimination des premiersjets reste une étape importante. Elle permet de détecter les infections, de stimulerl'éjection du lait et de limiter la présence de matièresorganiques.
Si l’idéal reste d’effectuer les premiersjets dans un bol à fond noir, cette pratique peut s’avérer fastidieuse dans les grandstroupeaux.
Les évolutionstechnologiques apportent aujourd’hui des solutionscomplémentaires. Les robots de traite et certains équipements permettent de repérer les anomalies grâce à des indicateurs comme la conductivité. Par ailleurs, l’EDE, via le contrôlelaitier, réalise des analysesindividuelles par vache ce qui permet d’identifier les animaux à « problèmes » avec un niveaucellulaire élevé.
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La modernisation des installations contribue également à améliorer l’hygiène de traite.
Certaines griffes se désinfectent désormais automatiquement en fin de traite, grâce à l’injection d’un produit qui rince et nettoie l’intérieur des manchons.
L’hygiène ne s’arrête pas à la fin de la traite. L’application d’un produit après la traite est essentielle pour désinfecter, préserver l’état du trayon et le protéger des infectionsextérieures.
Le choix du produit dépend de nombreux facteurs : typed’élevage, problèmes rencontrés, mode de logement des animaux ou encore période de l’année.
Certains produits ont un effetcosmétique, en assouplissant la peau, tandis que d’autres jouent un rôle de barrière pour empêcher les bactéries de pénétrer dans le trayon.
Il faut veiller à tremper tout le trayon », rappelle CatherineCougoul.
L’utilisation doit être systématique, même avec un produit simple.
En revanche, l’application de graisse à traire est déconseillée, car elle peut devenir un « nid à microbes ».
Le nettoyage de la machine à traire est un autre point clé pour éviter l’accumulation de bactéries.
Il convient d’utiliser des produitshomologués, de respecter les dosages, les temps de contact et les conditionsd’utilisation. L’eau doit être suffisamment chaude pour garantir l’efficacité du lavage.
La salle de traite doit être contrôlée chaque année, notamment dans le cadre d’un Opti’traite, afin de vérifier le bon fonctionnement des équipements.
Les produits utilisés étant chimiques, ils doivent être stockés dans des conditionsadaptées, avec des équipements de protection comme des gants et des lunettes.
Une pratique à adapter à chaque élevage
Il n’existe pas de règle unique en matière d’hygiène de traite. Les pratiques doivent être adaptées aux conditions de chaque élevage : pathologiesprésentes, saison, profil desanimaux, techniques et installations.
L’objectif est de trouver un équilibre entre efficacité et temps de travail, afin que ces pratiques ne deviennent pas une contrainte, mais restent correctement appliquées.
Une bonne hygiène permet alors de préserver la santé des animaux, de garantir la qualité du lait et de sécuriser les revenus de l’éleveur, en évitant notamment les déclassements de fromages, les pertes de temps liées aux maladies et en limitant la réforme des vaches, contribuant ainsi à la longévité du troupeau.