Dordogne : « J’ai signé un contrat de parrainage pour ne pas laisser mon jeune repreneur partir la fleur au fusil », témoigne Gilles Lambert, producteur de kiwis

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Gilles Lambert, producteur de kiwis de 65 ans, installé à Lalinde, en Dordogne, a signé un contrat de parrainage avec un jeune repreneur de 31 ans. Crédits : © Gilles Lambert

Céder son exploitation, mais pas n’importe comment ! A 65 ans, après une carrière de 45 ans en tant qu’agriculteur, Gilles Lambert a bien des choses à transmettre sur la culture du kiwi et la gestion d’une ferme. Avant de céder Les Vergers du Canal (100% bio, 4 ha de kiwis, 1,5 ha de légumes) à Lalinde, en Dordogne, il a donc signé un contrat de parrainage avec un jeune repreneur de 31 ans.

Pourquoi avoir opté pour un contrat de parrainage ?

Gilles Lambert : On voulait céder l’exploitation, mais pas en laissant un jeune partir la fleur au fusil. Pour avoir le temps de le former à toutes les tâches qui se présentent sur une année, en tenant compte de nos spécificités agronomiques, climatiques et commerciales, nous avons donc signé un contrat de parrainage.

Quelles sont les modalités du contrat ?

G.L. : Il est signé par quatre intervenants : nous en tant que cédants, le jeune, le CFPPA de Dordogne et France Travail. Notre repreneur percevant le chômage, son contrat est financé par France Travail (1) et nous abondons au fil de son évolution technique. Notre contrat va du 1er décembre 2025 au 31 octobre 2026, date de la reprise. Après ça, je resterai à disposition pendant un an pour épauler si besoin, par exemple sous la forme d’un contrat de quelques heures par semaine.

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Vous avez demandé au jeune un accord bancaire, pourquoi ?

G.L. : Le repreneur n’est pas obligé de fournir au cédant un accord bancaire avant de signer un contrat de parrainage, mais je pense que c’est un préalable indispensable. Si je forme un jeune et qu’au final le prêt bancaire est refusé, cela aura été du temps et de l’énergie de perdus. C’est pourquoi j’ai posé cette condition, même si dans les faits on a commencé deux mois avant la validation de la banque, pour pouvoir le former à la taille du kiwi qui se fait en décembre.

Comment se passe la transmission des savoirs ?

G. L. : Bien. Au début, il maîtrisait peu de tâches et notre salarié passait du temps à lui donner des explications, ce qui est totalement normal. Maintenant il est plus autonome et on le laisse diriger certaines choses, par exemple la gestion de l'irrigation. Il travaille et observe avec un œil extérieur ce qui marche comme ce qui pourrait être amélioré. On le forme à tout : taille, attachage, éclaircissage, entretien du matériel, lutte antigel, phytos UAB - en nous observant car il n’a pas encore son Certiphyto -, ravageurs, en l’occurrence des rats taupiers, récolte, etc. Sans oublier la gestion, notamment pour qu’il calcule ses prix de revient et fixe ses tarifs en vente directe (25% de l’activité). Et dès cet automne, il sera stagiaire à mes côtés dans la coopérative où je suis administrateur, pour ici aussi m’y succéder.

(1) Si le repreneur perçoit l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE), son stage de parrainage est rémunéré par France Travail, sinon la rémunération est assurée par l’Etat.
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