Nadia Carluer, ingénieure à l’Inrae Auvergne-Rhône-Alpes « Nous avons du mal à évaluer les effets de l’hydrologie régénérative à grande échelle et quel que soit le contexte »

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Les aménagements peuvent sans doute aider à recharger les nappes dans les endroits où la géologie le permet. Crédits : © Domaine des Quarres

A-t-on des résultats scientifiques sur les effets de l’hydrologie régénérative ?

Il existe des résultats quantifiés à des échelles très locales et dans des contextes particuliers, ou des observations qualitatives de l’efficacité des pratiques ou des aménagements mis en œuvre. Mais nous avons de la peine à passer à une échelle supérieure, comme celle du bassin-versant, a fortiori dans des contextes variés. 

En effet, ce changement d’échelle passe actuellement par la modélisation, et il existe peu de modèles numériques capables de représenter à cette échelle l’effet de ces changements de pratiques ou de ces aménagements sur le partage de l’eau, le ruissellement, l’infiltration et le stockage de l’eau dans le sol. De plus, aucun n’est capable de traiter à la fois des sécheresses et des pluies extrêmes. Enfin, nous manquons encore de données pour valider ces modèles. 

Beaucoup de projets démarrent actuellement, avec des suivis de terrain d’indicateurs comme l’humidité dans le sol, les débits, l’évolution du colmatage des rivières, etc. Il faut être patient.

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Nadia Carluer, ingénieure à l'Inrae Auvergne-Rhône-Alpes, est spécialiste en hydrologie. © Inrae

Vous semble-t-il possible de conserver de l’eau jusqu’à l’été par ce moyen ?

Les fossés d’infiltration, les noues, les mares… ne sont pas conçus pour stocker l’eau de manière prolongée ou alors, ce sont des retenues collinaires ! Mais ils peuvent sans doute aider à recharger les nappes dans les endroits où la géologie le permet. Le stockage de l’eau dans la réserve utile du sol ne peut pas suffire à passer de longues périodes sans précipitation.

 Toutefois, augmenter le taux de matière organique du sol permet d’accroître sa capacité d’infiltration, et en général, sa capacité de rétention, comme l’a montré le projet Bag’ages pour les sols du Sud-Ouest en grandes cultures, ou un état des lieux de la littérature du projet Spongeworks. Les pluies sont ainsi mieux valorisées, en limitant la part qui alimente le ruissellement.

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