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Fongicides à floraison : de nouvelles interdictions à partir du 1er janvier 2026

La dérogation permettant l’usage des fongicides à floraison prendra fin au 1er janvier 2026. Seuls ceux disposant d’une mention d’emploi à floraison ou d’un dossier validé par l’Anses resteront autorisés. Une évolution qui impose désormais de vérifier pour chaque spécialité les mentions figurant sur l’AMM.

<em class="placeholder">Colza en pleine floraison. Traitement fongicide. </em>
L’agriculteur devra vérifier avant traitement si l'étiquette du fongicide dispose de la phrase SPe8.
© V. Marmuse

L’arrêté pollinisateurs du 21 novembre 2021 ou arrêté « abeilles » encadre les applications de produits phytosanitaires sur les cultures attractives, « culture qui, par sa nature, présente un attrait pour les abeilles ou d’autres insectes pollinisateurs ». Les insecticides ne peuvent être appliqués que sur des plages horaires spécifiques (dans les 2 heures avant le coucher du soleil et les 3 heures qui suivent), et l’évaluation de l’innocuité des fongicides et herbicides (et leur autorisation) est devenue obligatoire en vue d’une application à floraison.

Mais l’arrêté a prévu, pour les fongicides, une période dérogatoire pour leur usage à floraison (donc sans besoin d’évaluation), qui court du 1er janvier 2022 au 1er janvier 2026. Durant cette période, ces spécialités sont applicables, sans présence de la mention spécifique dans l’AMM (phrase SPe08) et sur les plages horaires contraintes.

Certains fongicides ne seront plus utilisables à floraison

Au 1er janvier 2026, la période dérogatoire prendra fin pour les cultures majeures (colza, pois, féverole, pois-chiche, lentille, lupin, tournesol). « Les traitements fongicides en floraison ne seront plus automatiquement possibles », indique Gwénola Riquet de Terres Inovia, et ils devront désormais respecter les conditions fixées par l’arrêté Abeilles de 2021.

Concrètement, seuls les produits répondant à l’une au moins des deux conditions suivantes pourront encore être utilisés : soit bénéficier d’une dérogation à l’interdiction et disposer sur leur AMM d’une mention explicite « emploi possible » à floraison (phrase SPe08), soit avoir fait l’objet d’une demande de dérogation « emploi possible » auprès de l’Anses, accompagnée de données complémentaires déposées avant le 1er janvier 2026. Ce dossier vise à prouver l’innocuité des spécialités vis-à-vis des pollinisateurs lors d’une application sous les contraintes horaires prévues par l’arrêté, indique Terres Inovia.

Une mention « emploi possible » à floraison, à vérifier sur l’étiquette du fongicide

Avant tout traitement, l’agriculteur devra vérifier, produit par produit, si l’étiquette/AMM porte bien la mention « emploi possible » en floraison. En l’absence, aucune application ne sera possible en floraison après le 1er janvier 2026. Pour les spécialités qui restent autorisées, le traitement devra être planifié dans les bonnes plages horaires (2 heures avant le coucher du soleil et 3 heures après) afin d’être conforme à la réglementation.

Gwénola Riquet explique que Terres Inovia a mis à jour les tableaux fongicides au sein de ces guides cultures (téléchargeable sur son site), en mentionnant les spécialités impactées au 1er janvier 2026. « Mais attention, d’ici à l’application à floraison, l’évaluation du produit peut avoir été réalisée par l’Anses. Le feu vert peut devenir rouge et inversement, la liste des fongicides autorisés est donc évolutive », précise l’ingénieur Terres Inovia, qui ajoute, « peu de solutions fongicides à floraison sont a priori exclues en 2026, mais il y a toujours quelques cas particuliers, donc il faut vérifier l’étiquette produit et l’AMM. »

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