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Élevage bovins viande : « Nous travaillons en Gaec sur deux sites indépendants »

Dans l’Allier, le Gaec des Ducloux allie des cultures en partie irrigables en bord de Sioule et un système naisseur-engraisseur charolais avec 160 hectares de prairies sur les coteaux. Le troupeau est organisé sur deux sites distants d’une dizaine de kilomètres.

Au Gaec des Ducloux, à Contigny dans l’Allier, Julien Ribier et Gérald Guerrier font vêler 130 charolaises et valorisent 88 hectares en cultures de vente. Les deux éleveurs sont beaux-frères et travaillent sur deux sites distants d’une dizaine de kilomètres. Le premier est situé en bord de la Sioule, avec 100 hectares de cultures dont une quarantaine irrigables et seulement une dizaine en prairies. Quatre-vingts vaches et les génisses et jeunes bovins à l’engraissement y sont logés. Le second, situé sur les coteaux du Bourbonnais, est entouré directement de 120 hectares de prairies, avec les 25 autres hectares facilement accessibles à une distance d’un kilomètre environ. Celui-ci rassemble 50 vaches et 70 génisses.

L’exploitation est en phase de croisière. « Nous avons chacun notre site, et on se rejoint à chaque fois qu’il y a des chantiers pour des vaccins, l’écornage… », explique Gérald Guerrier. « L’hiver, on se dépanne quand on s’absente, mais il n’y a pas d’organisation plus cadrée que ça », relève Julien Ribier. Les deux sites sont indépendants l’un de l’autre pour l’équipement. Par exemple, une mélangeuse est présente sur le premier site où il y a les animaux à l’engraissement et sur le second, où les rations sont à base d’enrubannage, c’est une dérouleuse simple qui est utilisée. D’un site à l’autre, les animaux voyagent en 20 minutes de bétaillère.

Une quinzaine de génisses vêlent à 2 ans

Le troupeau vêle sur les deux sites de novembre à début février. La génétique a été travaillée dans le sens de la facilité de naissance, la croissance et le lait, avec maintenant un peu de viande. « Plus de 90 % des vêlages se font sans aide et les premières tétées des veaux sont faciles. On prend les températures pour savoir si on doit se réveiller ou pas pour les surveiller avec les caméras de surveillance. » Les génisses qui vêleront à 3 ans et les quinze premières vaches vues en chaleur sont inséminées. Les autres veaux sont issus de six taureaux de monte naturelle. Depuis une dizaine d’années, dix à quinze génisses vêlent à 2 ans. « On a commencé à un moment où on avait perdu des surfaces en prairie pour maintenir le nombre de vêlages. On a eu de bons résultats et on continue. » Au début, les éleveurs choisissaient pour elles des taureaux d’IA « super naissance » et maintenant, ils achètent un taureau de monte naturelle bien orienté pour la facilité de vêlage. « Elles vêlent bien et s’occupent très bien de leur veau, qui part en broutard. La difficulté est de soutenir leur phase d’élevage en laitonnes. »

Sous la mère en bâtiment, les veaux sont nourris avec un mash fibreux (voir photo) et du foin à volonté, puis ne reçoivent pas de complémentation au pré. Au sevrage, les laitonnes passent au foin avec 4 kg d’aliment. Fin novembre, elles sont triées sur leur ascendance et leur poids et celles retenues sont mises à la reproduction le 15 janvier, un mois avant les autres. « À la réforme, on ne voit pas de différence avec celles qui ont vêlé à 3 ans. »

La ration mélangée des vaches se compose d’ensilage d’un méteil triticale, pois et vesce et de foin, paille et un peu de maïs grain selon les résultats d’analyse, avec 100 g de minéraux (24 Ca, 6 P, 6 Mg et un niveau élevé en vitamines et en oligoéléments avec chélates et sélénium organique).

Dix hectares de luzerne et du maïs irrigué

Les prairies temporaires occupent au total une quarantaine d’hectares. Un trèfle incarnat, un de Micheli et deux violets sont associés à des RG. La luzerne est enrubannée en 1re et 4e coupes et récoltée en foin pour les 2e et 3e coupes. « On a des parcelles qui lui vont bien et avec les difficultés de désherbage des céréales qu’on rencontre, on lui donne de plus en plus de place dans les rotations. »

Les prairies naturelles sont superficielles : « On compte un rocher par parcelle ! On ne les fauche que s’il y a des excédents, mais on peut les faire pâturer tôt et tard en saison. » Le pâturage est organisé en lots de 20 vaches sur 11 à 13 hectares découpés en quatre ou cinq parcelles, avec l’eau et des clôtures électriques fixes. Les paddocks sont dimensionnés pour 4 à 5 jours et du foin est distribué si besoin.

Les lots sont déchargés 2 ou 3 vaches selon les résultats du diagnostic de gestation par échographie à 3 ou 4 mois de gestation. « On prévoit pas mal de génisses de renouvellement pour avoir le choix. » Comme la reproduction marche bien, le taux de renouvellement reste à 23 %. Chaque année, vingt à vingt-cinq des génisses de 30 mois ayant le moins de potentiel sont engraissées. « Nous avons un contrat avec Feder pour elles. Elles sont engraissées en trois mois à partir de septembre, avec la même ration que celle des vaches de réforme : paille de blé, ensilage de maïs, orge aplatie et aliment protéique du commerce. »

Les éleveurs ont également un contrat intégrant un indicateur de coûts de production avec leur coopérative pour les jeunes bovins. « Nous vendons tous nos animaux à Feder. Nous sommes très engagés dans la coopération. Cela sécurise tout le monde et on raisonne globalement. L’an dernier, le prix maximum du contrat était 5,50 euros, inférieur au prix de marché au moment de la vente. La coopérative s’est alignée sur le prix du marché en allant à 6 euros. » La période de sortie des jeunes bovins couvre six mois et est souple en pratique.

Côté ration, l’engraissement des jeunes bovins démarre en sec avec pendant un mois et demi à peu près. « On commence la deuxième quinzaine d’août et l’ensilage de maïs n’est pas disponible. » La ration est à base de luzerne et d’un mélange d’orge et de maïs grain et d’aliment protéique acheté. Après une transition, les jeunes bovins passent pour une grande période à l’ensilage de maïs. « Quand la température dépasse 25 °C, on repasse en ration sèche. Les premiers jeunes bovins partent mi-mai et les derniers début juillet. » Ils sont pesés à l’entrée et sur la fin pour planifier les sorties à 440 kg. Ils sont abattus à Socopa Villefranche, à 40 km de l’élevage.

Julien Ribier et Gérald Guerrier peuvent compter sur le maïs, point fort de leur système polyculture élevage. « Nous semons 10 hectares avec des variétés grain et 10 avec des variétés mixtes. Quand les silos sont pleins, en général avec 5 ou 6 hectares, le reste est récolté en grain. » Le rendement en ensilage tourne autour de 15 et parfois 18 tMS/ha avec l’irrigation (au moins cinq tours d’eau de à 25 mm). « On ne se lève plus la nuit pour déplacer les enrouleurs par contre. » Ils ont récolté pour la première fois en 2025 du maïs épi en balles enrubannées. Le soja, qui est entré dans l’assolement il y a une douzaine d’années, est vendu.

Les éleveurs ont aussi diversifié leurs ressources avec le photovoltaïque. En 2017, deux bâtiments de 100 kWc avec bail à construction ont été montés. Ils ont ensuite monté en propriété deux installations de 100 kWc sur un bâtiment de stockage et une stabulation. En 2024, ils ont construit en propriété un stockage avec une centrale de 300 kWc et installé une centrale de 200 kWc sur une stabulation existante.

Les prochains projets sont à plus long terme. « On est un peu à l’étroit dans les bâtiments. Il faut libérer de la place début décembre pour les premières à vêler. »

Des contrats pour les jeunes bovins et les génisses viande

 

« Si on peut acheter en Cuma, on va en Cuma »

Julien Ribier et Gérald Guerrier sont très engagés dans les Cuma. « Si on peut acheter en cuma, on va en cuma. Nous sommes président et trésorier de Cuma, et on est engagés dans six Cuma différentes », présentent les éleveurs. L’une est dédiée aux cultures avec trois semoirs et une moissonneuse. Une autre concerne deux presses à balles rondes. L’enrubanneuse est également en Cuma. Quatre plateaux fourragers, une bétaillère, une conditionneuse, une faucheuse à plat sont aussi détenus en Cuma.

Toutes ces Cuma n’emploient pas de salariés. Pour l’ensileuse, ils font appel à une entreprise, car ils n’ont pas assez de surfaces dans leur voisinage pour s’équiper.

En propriété, le Gaec des Ducloux s’est équipé de trois tracteurs avec des chargeurs, d'un bol mélangeur, d’une charrue, d’une faucheuse, d’un andaineur et d’un épandeur. « C’est en réflexion d’acheter un télescopique en Cuma. »

Fiche élevage

285 ha : 30 ha de blé, 10 ha de soja, 20 ha d’orge, 20 ha de maïs, 10 ha de colza, 10 ha de luzerne, 30 ha de RG et trèfles, et 155 ha de prairies naturelles

130 vêlages de charolaises, avec vente de vaches et génisses engraissées et de jeunes bovins

2 unités de main-d’œuvre exploitants

Francis Bougarel de la chambre d’agriculture de l’Allier : une production brute de viande vive de 406 kg/UGB

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Francis Bougarel de la chambre d'agriculture de l'Allier

« Au Gaec des Ducloux, la production brute de viande vive est de 406 kg/UGB. C’est très élevé par rapport à la référence qui est de 380 kg pour les systèmes de référence naisseurs-engraisseurs de jeunes bovins.

La maîtrise technique est très solide, avec un taux de mortalité des veaux de 1,5 % sur la dernière campagne et inférieur à 5 % sur cinq ans, et aussi un taux de mortalité adulte faible (moins de 1 %). L’intervalle vêlage-vêlage est très bon à 369 jours sur 2024-2025 de moyenne et aussi 369 jours entre les premiers et deuxièmes veaux. Par rapport à l’objectif de 130 vêlages, il y a peu d’UGB gardés.

Cette gestion technique est également complétée par une optimisation de la maîtrise des charges sur l’atelier bovin viande. »

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