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Élections des chambres d’agriculture : quels programmes pour les grandes cultures ?

Intrants, irrigation, PAC : quelles sont les positions des différents syndicats agricoles sur les sujets qui intéressent les céréaliers pour les élections des chambres d’agriculture qui se tiennent du 15 au 31 janvier ?

<em class="placeholder">Discussion technique entre un conseiller de chambre d&#039;agriculture et des agriculteurs dans un champ de colza. </em>
Les chambres d'agriculture ont une mission de représentation des intérêts du monde agricole mais aussi de conseil auprès des agriculteurs.
© S. Leitenberger

Si tous les syndicats agricoles semblent d’accord pour rejeter l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur, ils ont chacun leur vision de l’agriculture française et des politiques à mener dans les six prochaines années pour faire face aux grands enjeux de demain. FNSEA-Jeunes agriculteurs (JA), Coordination rurale, Confédération paysanne et Modef : voici un tour d’horizon des positions des différents syndicats sur les thématiques qui concernent les grandes cultures.

La FNSEA veut « redonner leur pleine compétitivité aux exploitations »

L’ambition de la FNSEA, à laquelle s’associent les Jeunes Agriculteurs (JA), est « de promouvoir une agriculture de production, qui s’appuie sur des agriculteurs qui maîtrisent leurs exploitations, sont autonomes dans leurs choix et sont en mesure de porter des projets de développement ». L’alliance syndicale souhaite que « les agriculteurs puissent bénéficier d’un accès garanti aux moyens de production essentiels », et « mettre un coup d’arrêt aux décisions qui génèrent des facteurs limitants à la production ». Cela passe notamment par une accélération du déploiement de projets de stockage d’eau, ou encore par l’imposition dans la loi du principe « Pas d’interdiction sans solution » pour les produits phytosanitaires.

La FNSEA veut aussi moins de charges par un allègement de la taxation des facteurs de production (GNR, TFNB…), ou encore par une réforme de l’assiette des cotisations sociales pour coller au plus près à la réalité de construction du revenu professionnel. Le syndicat réclame « une juste et saine concurrence au sein de l’Union européenne », et une PAC tournée vers l’agriculteur actif, avec un accompagnement face aux aléas climatiques, et dotée d’un budget « pour répondre à l’ensemble des enjeux tout en maintenant une agriculture compétitive et un niveau de revenu suffisant aux agriculteurs ».

La Coordination rurale appelle à « une exception agriculturelle »

Les revendications actuelles de la Coordination rurale portent sur l’exonération des cotisations sociales pour les plus-values non taxées, la mise en place d’un bouclier énergétique, la non-surtransposition des normes, l’exonération complète de la TFNB, ou encore la mise en œuvre d’une loi d’encadrement des coopératives capitalistiques. Se disant favorable au stockage de l’excédent hivernal d’eau « qui n’est pas contraire à la pérennité de la ressource », la Coordination rurale ne s’oppose pas à la baisse de la consommation des produits phytosanitaires mais exige au préalable, la réalisation d’études d’impact économique en alertant sur « la nécessité de ne pas laisser les agriculteurs seuls face à des impasses techniques ».

Apparu dans les années 1990 pour protester contre la libéralisation de la PAC, le syndicat milite toujours pour que celle-ci retrouve ses missions premières, à travers la garantie d’un niveau de vie équitable pour les agriculteurs, avec des prix rémunérateurs pour leurs produits. Sur le plan international, la Coordination rurale souhaite le retrait des produits agroalimentaires de l’OMC et des accords de libre-échange.

La Confédération paysanne propose une « une alternative viable et désirable partout en France »

La Confédération paysanne, syndicat pourfendeur de l’agriculture intensive, propose d’interdire les pesticides CMR, de ne pas réintroduire les néonicotinoïdes, de soutenir les alternatives aux pesticides comme les PNPP (préparations naturelles peu préoccupantes), et s’oppose farouchement aux méga-bassines qui « pompent dans des réservoirs naturels ». Le syndicat souhaite une gestion de l’eau transparente et démocratique : « Là où la ressource est rare, un plafond de prélèvement doit être mis en place pour l’irrigation prenant en compte le nombre de personnes travaillant dans la ferme ».

Prix minimums garantis, maîtrise des volumes, sortie de l’agriculture des accords de libre-échange et de l’OMC, politique foncière pour des fermes nombreuses avec un droit de préemption pour les jeunes et l’agroécologie paysanne, sont aussi les grands combats de la Confédération paysanne. Celle-ci défend par ailleurs une Politique agricole et alimentaire commune (PAAC) qui « doit permettre d’assurer une alimentation de qualité pour tous et toutes, garantir des prix justes et stables aux paysans, et réussir la transition vers une agriculture paysanne résiliente, capable de faire face aux dérèglements climatiques ».

Le Modef exige « la prise de mesures d’urgence »

Dans ses dernières revendications, le Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef) refuse les deux dispositifs de prêts de trésorerie annoncés par la ministre de l’Agriculture et demande la mise en place de prix minimums rémunérateurs garantis par l’État, une aide d’urgence à la trésorerie de 2 milliards d’euros plafonnée à 15 000 € par actif agricole. Le Modef souhaite aussi la mise en place d’un coefficient multiplicateur qui obligerait le distributeur à répercuter les variations de ses prix d’achat aux consommateurs, et les inciterait à acheter aux agriculteurs à des prix raisonnables pour conserver une marge unitaire attractive.

Privilégiant la défense du revenu agricole, et une retraite décente à hauteur du Smic net, le syndicat ne fait pas de la lutte contre les pesticides ou de la simplification administrative ses combats prioritaires. Les matières premières agricoles doivent sortir de l’OMC et des accords de libre-échange, et les aides PAC doivent être réparties plus équitablement pour « mettre fin à la course à l’hectare et favoriser l’installation ». Le Modef propose notamment un plafonnement des aides PAC à 50 000 € par actif. 

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