Irrigation
Démantèlement de bassines en Charente-Maritime : les irrigants font appel, Nature Environnement 17 salue « une victoire »
Le tribunal administratif de Poitiers a jugé le 23 juillet que quatre « bassines » situées en Charente-Maritime devaient être démantelées. Alors que les agriculteurs concernés ont décidé de faire appel, différentes associations d’irrigants sont en colère, Nature Environnement 17 clame quant à elle sa satisfaction.
Le tribunal administratif de Poitiers a jugé le 23 juillet que quatre « bassines » situées en Charente-Maritime devaient être démantelées. Alors que les agriculteurs concernés ont décidé de faire appel, différentes associations d’irrigants sont en colère, Nature Environnement 17 clame quant à elle sa satisfaction.
Saisi par l’association Nature Environnement 17, le tribunal administratif de Poitiers a rendu sa décision le 23 juillet dernier : quatre réserves de substitution de Charente-Maritime devront être démantelées. Ces « bassines » font partie d’un ensemble de cinq ouvrages destinés à l’irrigation de 850 hectares agricoles, dans les communes de Cram-Chaban, La Laigne et de La Grève-sur-Mignon.
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Les agriculteurs irrigants vont faire appel
Les agriculteurs de l’Association syndicale autorisée d’irrigation (ASAI) des Roches qui ont utilisé ces réserves pendant des années ont annoncé qu’ils allaient former un appel de la décision du tribunal de Poitiers. Selon nos confrères du Parisien, ils affirment que supprimer quatre de leurs cinq réserves est « une décision ubuesque ». Ils dénoncent aussi, comme la Préfecture, les coûts faramineux que va engendrer la destruction de ces « bassines ».
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Nature Environnement 17 réfute le coût élevé du démantèlement des « bassines »
Nature Environnement 17, qui salue la décision judicaire et clame « une victoire pour la préservation de l’eau », rétorque dans un communiqué publié le 23 juillet : « Depuis plusieurs semaines, la Préfecture avance que la suppression des bassines coûterait 10 millions d’euros. Ce montant n’est justifié par aucun devis et comprend des opérations qui ne seront pas nécessaires pour satisfaire à la décision de justice. Agiter ce coût spectaculaire est une diversion pour faire oublier l’exploitation illégale des ouvrages durant près d’une décennie ».
L’association ajoute : « Il est aussi déplacé de présenter la remise en état comme une charge insurmontable pour les exploitants : certains membres de l’ASAI sont à la tête de montages sociétaux complexes dont les actifs se comptent en millions. Une partie de ces sommes est issue de l’exploitation illégale des bassines. NE17 a en effet estimé le bénéfice tiré des infractions à plusieurs millions d’euros sans que cela ne soit contredit. Cette somme réalisée sur le dos de l’environnement doit aujourd’hui lui bénéficier ».
Plusieurs associations d’irrigants vent debout contre la décision judiciaire
À l’opposé, plusieurs associations d’irrigants expriment leur indignation dans un communiqué en date du 28 juillet et soutiennent les agriculteurs de l’ASAI des Roches. Ils estiment que la décision judiciaire est « un non-sens mortifère pour notre production agricole et l’économie du territoire ». Ils rappellent : « En 2010, lorsque ces projets de réserves de substitution se sont achevés, ils étaient pleinement conformes au cadre légal et réglementaire en vigueur, au point d’avoir été autorisés par l’État et financés à hauteur de 62,5 % par des fonds publics ».
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Les irrigants estiment que le démantèlement des « bassines » va à l’encontre de la loi d’urgence agricole
Les irrigants s’interrogent par ailleurs sur le timing de la décision judiciaire : « À l’heure où l’Assemblée nationale et le Sénat viennent d’adopter une loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, confortant le développement du stockage de l’eau, avec pour objectif le doublement des volumes stockés d’ici dix ans, l’ordonnance de destruction de quatre réserves de substitution constitue un non-sens absolu, dans le contexte et à l’heure où l’on doit urgemment mettre en place des outils d’adaptation au changement climatique pour l’agriculture ».
« Ces infrastructures constituent des points de ravitaillement pour les pompiers »
Ils ajoutent : « En demandant la disparition de ces ouvrages, l’association Nature Environnement 17 prend le risque de favoriser le retour de prélèvements estivaux directs, précisément lorsque ceux-ci ont le plus d'impact sur les cours d'eau ». Ils brandissent aussi l’argument sécuritaire : « Ces infrastructures constituent des points de ravitaillement stratégiques et vitaux pour les pompiers qui font face à de nombreux départs de feu ». Très remontés, les irrigants préviennent : « Nous utiliserons tous les leviers à notre disposition pour faire barrage à cette décision ».