Aller au contenu principal

Etude
De nombreux résidus de pesticides persistent dans les sols selon l’Inrae

Des travaux menés par l’Inrae montrent qu’un grand nombre de pesticides persistent dans les sols sous forme de résidus. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Environmental Science & Technology.

etude inrae
© Pixabay

Alors que la contamination de l’environnement par les résidus de pesticides fait depuis de nombreuses années l’objet d’une surveillance pour les milieux aquatiques et l’atmosphère, il n’en va pas de même pour les sols. C’est pourquoi des chercheurs de l’Inrae, en collaboration avec des scientifiques de l’université de Bordeaux, ont décidé  d’évaluer la contamination par les pesticides de près d’une cinquantaine de sols, prélevés dans toute la France métropolitaine, entre 2019 et 2021, à une profondeur de 0 – 20 cm. Il s’agissait principalement de sols cultivés (grandes cultures, vignes et vergers) mais aussi des sols supposément non traités (prairies, forêts, friches). En tout, 111 substances, priorisées par l’Anses sur la base des usages et du comportement dans l’environnement, ont été recherchées dans les prélèvements de sols. Ce projet, dénommé Phytosol, a été financé par l’Anses via une convention de recherche et ses résultats ont été publiés dans la revue Environmental Science & Technology.


67 molécules retrouvées avec une majorité de fongicides et herbicides

En se basant sur le Réseau de Mesures de la Qualité des Sols (RMQS), les chercheurs ont pu mesurer la persistance de ces substances et les risques associés pour la biodiversité des sols. Résultat : 98 % des sites étudiés présentent au moins une substance. Au total, 67 molécules différentes ont été retrouvées, majoritairement des fongicides et des herbicides. Les parcelles de grandes cultures sont les plus contaminées, avec jusqu’à 33 substances différentes retrouvées dans un seul site, et une moyenne de 15 molécules dans les sols. Les chercheurs ont également mis en évidence que dans les sols sous forêts, prairies permanentes, en friche ou en agriculture biologique depuis plusieurs années, plus de 32 pesticides différents ont été détectés, à des concentrations majoritairement plus faibles que pour les sites en grandes cultures.


Le glyphosate en tête

Selon les chercheurs, les molécules les plus fréquemment détectées sont le glyphosate et l’AMPA, son métabolite principal, présents dans 70 % et 83 % des sols prélevés. Des fongicides de la famille des triazoles (époxiconazole) ou des fongicides inhibiteurs succinate deshydrogénase (SDHI) sont également retrouvés dans plus de 40 % des sites, tout comme des insecticides de la famille des pyréthrinoïdes comme la tefluthrine.

Si la majorité des substances recherchées sont utilisées uniquement en agriculture conventionnelle, quelques molécules peuvent cependant être utilisés en agriculture biologique, comme les pyréthrinoïdes.


Les vers de terre très exposés aux insecticides et herbicides

Les chercheurs estiment que si les herbicides contribuent le plus aux concentrations totales en pesticides retrouvées dans les sols, le risque majeur estimé pour les vers de terre est dû aux insecticides et aux fongicides. Les risques de toxicité chronique pour ces vers de terre sont modérés à forts pour toutes les parcelles cultivées.

Des concentrations supérieures à celles escomptées

L’Inrae et l’université de Bordeaux arrivent à cette conclusion : « Ces travaux de grande ampleur démontrent une persistance inattendue des molécules de pesticides dans l’environnement, bien au-delà de leur temps de dégradation théorique et à des concentrations supérieures à celles escomptées. Ces résultats soulignent un besoin accru de surveillance des sols, qui pourrait s’appuyer sur le réseau national RMQS, en place depuis plus de 20 ans ».

Les plus lus

Carte de France des arrêtés de restrictions des travaux agricoles face aux risques d'incendies. Les départements soumis à des restrictions sont en rouge.
Moisson 2026 et risque d’incendie : carte des départements interdisant la récolte aux heures les plus chaudes

La canicule et la sécheresse accentuent les risques de départs d’incendies pendant les moissons et plusieurs feux de champs…

Bovin de profil présentant des nodules sur la peau, signe clinique de la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC).
Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : un nouveau foyer détecté en Sardaigne

Un foyer supplémentaire de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) a été détecté le 30 mai en Sardaigne, à une…

Volailles label-rouge autour d’un bâtiment
Pas-de-Calais : « Ce projet de poulaillers c’est tout à fait ce que les Français veulent ! Ce n’est pas possible de vouloir l’empêcher », s’insurge Icilaterre

L’association d’agriculteurs consommateurs a décidé de défendre Valentin Melin, jeune polyculteur dont le projet…

Paysage agricole
Aides PAC 2025 : les montants réévalués à la hausse pour l’écorégime bio, les jeunes agriculteurs, les aides couplées animales et végétales

Plusieurs arrêtés parus ce 12 juin au journal officiel réévaluent à la hausse les montants annoncés pour la campagne 2025 des…

Carte de la situation des eaux superficielles au 2 juillet 2026
Sécheresse 2026 : quels départements affichent des restrictions d’eau pour les activités agricoles ?

Après le manque de précipitations en avril, l’épisode de chaleur fin mai et mi-juin puis la canicule de la semaine passée, les…

bâtimentr dans un champ de maïs
Pesticides interdits : un article de la presse brésilienne provoque la colère des producteurs européens de maïs

Un article sur les résidus de pesticides interdits qu’on retrouve dans les produits importés, récemment publié dans la presse…

Publicité