Creuse : la préfecture donne son feu vert à la création d’une porcherie hors sol de 1 200 bêtes malgré l’opposition d’élus et de riverains
Le 6 juillet, la préfecture de la Creuse a validé un projet d’implantation d’une porcherie hors sol de 1 200 bêtes dans la commune de Royère-de-Vassivière, un projet contesté par de nombreux riverains et certains élus.
Le 6 juillet, la préfecture de la Creuse a validé un projet d’implantation d’une porcherie hors sol de 1 200 bêtes dans la commune de Royère-de-Vassivière, un projet contesté par de nombreux riverains et certains élus.
Jean-Philippe Legueult, préfet de la Creuse, a signé un arrêté portant enregistrement du projet de porcherie de Royère-de-Vassivière. Ce projet, porté par le Gaec du Villard, vise à créer une porcherie hors sol d’une capacité de 800 porcs charcutiers et 400 porcelets. « Aucun motif législatif ou réglementaire ne s’oppose à ce projet » estime la préfecture dans un communiqué publié le 6 juillet. Le Gaec du Villard spécialisé dans l’élevage bovin qui cherche à se diversifier, avait déposé un premier projet en février 2025 qu’il avait lui-même retiré en raison d’une « maîtrise des risques insuffisante », notamment en ce qui concernait l’épandage. Il a revu sa copie.
Un plan de surveillance des sols a été ordonné
La préfecture estime que le Gaec du Villard a actualisé son dossier « en tenant compte des remarques formulées par le préfet », notamment des mesures de contrôle des sols et le retrait de 5 ha de parcelles jugées trop proches du lac voisin. Les riverains estiment quant à eux que le projet d’épandage de lisier représente un risque pour le lac de Vassivière. « Les études réalisées comportent un risque faible », rétorque la préfecture, qui explique que l’exploitant s’est engagé à des pratiques plus strictes en matière de stockage du lisier (sur 9,5 mois au lieu de 4), permettant d’épandre uniquement lorsque les prairies pourront absorber les nutriments. Elle argue que certaines parcelles ont été retirées du plan d’épandage, pour éviter la proximité avec le lac et qu’un plan de surveillance des sols a été ordonné.
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Un projet situé dans un site Natura 2000 et un Parc naturel régional
Selon le projet déposé, il n’y aura pas d’épandage à moins de 50 m des habitations, ni pendant juillet et aout, ni pendant les week-ends, ni la veille des jours fériés et les jours fériés. Ces mesures sont prises parce que le projet va voir le jour dans une zone touristique au sein d’un Parc naturel régional, et d’un site Natura 2000. La préfecture souligne que « la notice d’incidence comprend des mesures d’évitement, de réduction et de compensation, telles que la protection de la nidification de l’alouette lulu, proposées par les porteurs de projet ». Elle ajoute : « des zones tampons ont été mises en place afin de préserver les zones humides ».
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Les opposants au projet déterminés à aller en justice
Les annonces de la préfecture n’ont en rien rassuré les opposant au projet qui avaient lancé l’hiver dernier une pétition ayant totalisé 70 000 signatures. Ils y dénonçaient le risque de prolifération de cyanobactéries dans les eaux voisines du projet, découlant, selon eux, des fuites de phosphore d’azote de l’élevage. Pour la préfecture, « dans ce dossier, les surfaces concernées sont très limitées » et « le projet est encadré pour éviter toute dérive ».
Plusieurs élus ne décolèrent pas, et selon un article de nos confrères d’info.fr, s’apprêtent à lancer un recours devant le tribunal administratif contre l’autorisation préfectorale. Le Syndicat mixte Le Lac de Vassivière, dont les élus s’étaient déjà prononcés à l’unanimité contre le projet le 6 mars 2026, devrait également engager des poursuites juridiques.
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Le cheptel porcin creusois en baisse selon la préfecture
Dans son argumentaire, la préfecture a tenu à préciser que le cheptel porcin creusois « enregistre une perte de 22 % de ses effectifs depuis 2010 » . Selon elle, la viande de porc demeure le produit carné le plus consommé en France, avec une consommation moyenne de 32 kg par habitant et par an et le pays bénéficie d’une autosuffisance de 98 % dans ce secteur. « Dans un contexte où la consommation de viande de porc progresse plus vite que la production, le projet s’inscrit dans la stratégie française de réponse aux besoins de la population française » estime-t-elle.