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Couverts végétaux dans les vignes : « Dans 80 % des situations, le roulage est à éviter »

Début décembre est paru « Les couverts végétaux en viticulture », pensé comme un outil pratique et concret pour les viticulteurs. Le point avec Matthieu Archambeaud, dirigeant d’Icosystème et coauteur du livre.

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Matthieu Archambeaud, dirigeant du centre de formation agricole Icosystème et coauteur de l'ouvrage « Les couverts végétaux en viticulture ».
© Icosystème

Vous venez de publier avec Thibaut Déplanche, directeur de Celesta-lab, « Les couverts végétaux en viticulture ». Pourquoi cet ouvrage et pourquoi maintenant ?

Matthieu Archambeaud : Le développement des couverts végétaux est un enjeu majeur pour répondre aux défis actuels de la viticulture, qu’ils soient climatiques ou agronomiques. Mais cela doit se faire en gardant à l’esprit l’objectif de production, pour s’inscrire dans une réalité économique. Bien qu’elle soit importante, la santé des sols n’est pas une fin en soi. Le viticulteur doit trouver un compromis entre le meilleur état écologique et des récoltes correctes. Il y a beaucoup de choses qui circulent à propos des couverts végétaux en viticulture, nous avons voulu prendre du recul et faire un point sur l’état de l’art.

Quand la pratique est apparue en viticulture, nous avons commencé par transposer les techniques acquises en grandes cultures. Mais les contextes sont différents. Le semis direct et les techniques culturales simplifiées, notamment, sont possibles en céréales parce que l’on peut passer un glyphosate en plein occasionnellement, ce qui n’est plus le cas en vigne. De même les situations hydriques sont plus tendues en viticulture.

À quels viticulteurs ce livre est-il destiné, et que pourront-ils concrètement retirer de sa lecture ?

M. A. : Il s’adresse aussi bien à ceux qui n’ont jamais pratiqué les couverts végétaux, pour les rassurer et leur donner toutes les cartes afin de se lancer sans prendre de risque, qu’à ceux qui ont déjà de l’expérience et souhaitent progresser. Viticulteurs comme techniciens, d’ailleurs. Nous l’avons pensé comme un manuel de terrain, en ayant une approche non pas idéologique mais rationnelle. Le but est de rendre les personnes autonomes dans leur gestion des couverts avec des solutions clé en main. Il y a beaucoup d’illustrations, près de 400 photos, ainsi que des conseils pratiques sur la préparation du sol, le semis, le matériel, les mélanges… Mais aussi des règles claires de décision, comme le choix du mode de destruction des couverts et sa date.

Par exemple, beaucoup de vignerons les détruisent en fonction de leur stade de développement, ils attendent « qu’ils soient beaux », alors qu’ils devraient faire en fonction de la vigne et des paramètres de l’année. Alors nous avons posé un cadre : un couvert en vigne se détruit entre le 25 mars et le 25 avril. Si les conditions de l’année sont sèches, il faut intervenir plus tôt, jusqu’à 15 jours avant, selon l’intensité de la sécheresse. Et si le printemps est très humide, alors on peut repousser l’opération de 15 jours maximum.

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« Les couverts végétaux en viticulture », par Matthieu Archambeaud et Thibaut Déplanche aux Éditions France Agricole, 392 pages. © Éditions France Agricole

Dans la même idée, le roulage ne peut pas être un objectif fixé dès le semis. Il est efficace seulement dans des cas très précis, à certains stades de développement du couvert. Dans 80 % des cas le roulage est à éviter car il va continuer à consommer de l’eau et de l’azote, au détriment de la vigne.

Est-ce le plus gros écueil des viticulteurs qui se lancent dans les couverts végétaux ?

M. A. : C’est une situation qui peut conduire à des échecs et au final à discréditer la pratique. Mais ça n’est pas la seule. Bien souvent les viticulteurs mettent la charrue avant les bœufs : ils s’intéressent à la graine, au choix de l’espèce, alors que la base c’est de connaître l’état du sol. Tout commence par des analyses et un diagnostic organo-minéral pour savoir où on en est, et où on veut aller. On met ensuite la technique en adéquation avec les objectifs. Cultiver des couverts en interrang est un levier majeur pour régénérer les sols, mais ça ne peut pas se faire n’importe comment. Mieux vaut se concentrer sur une petite partie du vignoble et le faire correctement que d’essayer de le faire moyennement de partout.

Sur quelles données vous êtes-vous appuyés pour la rédaction de cet ouvrage ?

M. A. : Nous nous sommes beaucoup basés sur des cas d’études, observés sur le terrain. Ce sont aussi bien des expérimentations au sein de GIEE, chambres d’agriculture que des observations personnelles au sein de nos entreprises Icosystème et Celesta-lab. Mais aussi des recherches de l’IFV, de l’Inrae ou encore d’Arvalis. Les données viennent de toutes les régions de France.

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