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Coronavirus : quelles conséquences et quelles pertes pour l'agriculture et l'agroalimentaire ?

L’économie mondiale vit à l’heure du coronavirus et le marché des matières premières agricoles est dans la turbulence. Les céréales, le porc, la poudre de lait… L’onde de choc partie de Chine se propage. En France, les répercussions du coronavirus se font plus nombreuses de jour en jour. Réaction en chaîne.

© sergio santos / flickr

C'est une chaîne qui ne cesse de s'allonger : celles des conséquences du coronavirus. Au niveau mondial et au niveau français. Dans l'Hexagone, le pic du Covid-19 n'est pas encore atteint mais l'épidémie prend de l'ampleur. Avec son lot quotidien de répercussions. Effet domino.

Les marchés laitiers perturbés

« La demande mondiale de produits laitiers pourrait être affectée si la croissance de l’économie mondiale, déjà plutôt faible, vacille », analyse le journal Les Marchés. . Le 26 février, Danone a annoncé revoir à la baisse ses objectifs pour 2020. L’industriel « prévoit un impact de 100 millions d’euros de l’épidémie de coronavirus sur ses ventes au premier trimestre », peut-on lire dans Les Marchés.

En Chine, « il y a une baisse de la consommation hors foyer (RHF), car il y a moins de touristes, moins de déplacements professionnels, des établissements qui ferment (Starbucks, McDonald's par exemple). La consommation de lait liquide, beurre, crème, fromage et yaourt est donc forcément touchée, expose Jean-Marc Chaumet, de l'Institut de l'élevage, dans Réussir Lait.

« Ainsi, les importations de produits destinés à la RHF seront affectées », poursuit Réussir Lait. En revanche, pour les autres produits, le gouvernement chinois a appelé à une hausse des importations pour éviter les pénuries alimentaires. « Mais dans les faits, de nombreux containers sont bloqués dans les ports chinois, ou dans les bateaux qui ne peuvent pas accoster. Et même quand ils franchissent la douane, il est compliqué de faire circuler les marchandises, » rapporte Gérard Calbrix, d'Atla, dans la revue spécialisée.

Incertitudes sur les marchés du porc

Sur le marché du porc, c’est la propagation du coronavirus en Italie qui inquiète. Ce pays est le premier débouché français sur le marché européen. Mais le ralentissement du commerce italien fait craindre un repli de la demande. Explications dans Les Marchés.

Chaînes d’approvisionnement alimentaire désorganisées en Chine

En Chine, les chaînes d’approvisionnement alimentaire sont très désorganisées. En 2019, la production de volaille a augmenté de 12 % pour compenser une partie du déficit de viande porcine lié à la fièvre porcine africaine. En 2020, la crise du coronavirus vient freiner cette tendance. Les livraisons de poussins, d’aliments et de poulets prêt à abattre régressent. La demande a baissé « suite au confinement de la population et à la fermeture de points de vente », explique Réussir Volailles. Conséquence : les prix baissent.

« La logistique intérieure en Chine est très perturbée, suite à l’épidémie de coronavirus », confirme La Dépêche. En nutrition animale, c’est une baisse d’activité de 25 % qui a été enregistrée. Le prix des matières premières sur les places de marché est à la baisse.

Les Français font des stocks de denrées non périssables

Bien loin de la turbulence des marchés mondiaux, le coronavirus a aussi des conséquences sur le comportement d'achat des Français. Pour pouvoir tenir au cas où, les consommateurs stockent. « Les images de rayons vides se multiplient sur les réseaux sociaux », observe la revue Les Marchés.

Une étude du cabinet Nielsen confirme un comportement de stockage dans l’Hexagone en forte hausse par rapport à l’année précédente. Principaux aliments concernés : les pâtes (+ 13 %), les conserves de poisson avec des ventes multipliées par 2 le samedi 29 février par rapport aux moyennes des samedis précédents. La ruée s’effectue également sur les céréales, le riz, la purée, les conserves de légumes, l’huile et l’eau.

Du 24 février au 1er mars, les ventes du secteur de la distribution alimentaire ont augmenté de 5 % en volume, note encore le cabinet qui commente : « semaine spectaculaire ». Et la revue Les Marchés de détailler les principaux produits alimentaires victimes de cette frénésie d'achat durant cette « semaine folle».

Grosses pertes pour Les Traiteurs de France

Si certains voient leur chiffre d’affaires augmenter, pour de nombreux autres secteurs d’activité, en revanche, les recettes sont en chute libre. C’est le cas notamment de la restauration. Les restaurateurs, mais aussi les Traiteurs de France, connaissent une forte baisse de leur activité. En moins d’une semaine, les membres de ce réseau « ont perdu plus de 3,5 millions d’euros de chiffres d’affaires », informe la revue Les Marchés.

Les producteurs qui vendent en direct concernés par les fermetures éventuelles de marchés

Autre conséquence du coronavirus : la fermeture des marchés dits de plein vent dans les zones de foyer d’infection. Pour les agriculteurs vendant leur production en direct sur ces lieux de vente, c’est un manque à gagner important. La Confédération paysanne demande que ces producteurs soient indemnisés avec un traitement équivalent de celui des salariés. Dans Les Marchés le syndicat rappelle que « les salariés qui ne peuvent pas travailler à cause de la crise sanitaire actuelle sont indemnisés jusqu’à 20 jours ». Il déplore par ailleurs la différence de traitement entre les différents lieux de distribution de nourriture et donne son avis : « il n’est pas plus dangereux de s’approvisionner sur les marchés auprès de producteurs locaux que dans les supermarchés ».

Annulations en série dans les agendas

Bien sur cela ne touche pas que le monde agricole, mais ce secteur subit lui aussi de nombreuses annulations de manifestations, colloques et autres réunions techniques. Le 1er mars, le Salon international de l’agriculture a dû fermer ses portes prématurément à Paris. Arvalis Institut du végétal a annoncé l’annulation de plusieurs colloques. La journée technique du Comifer, les rencontres Proléobio de Terres Innovia… annulées également. Et « le passage imminent au stade 3 de l’épidémie, annoncé comme imminent, pourrait modifier bien des agendas », estime Réussir Grandes Cultures.

 

Lire aussi « L’épidémie de coronavirus en Chine aura des conséquences sur les marchés agricoles ».

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