Congrès de la FNSEA : Annie Genevard arrive sans mesures sur le GNR et demande aux agriculteurs « de ne pas sortir tout de suite les fourches »
Attendue de pied ferme, au 80e congrès de la FNSEA à Caen, sur le sujet du prix du GNR dont l’envolée touche fortement les agriculteurs, la ministre de l’Agriculture n’a pas annoncé de nouvelles mesures. Elle a tenté d’apporter des garanties sur d’autres dossiers.
Attendue de pied ferme, au 80e congrès de la FNSEA à Caen, sur le sujet du prix du GNR dont l’envolée touche fortement les agriculteurs, la ministre de l’Agriculture n’a pas annoncé de nouvelles mesures. Elle a tenté d’apporter des garanties sur d’autres dossiers.
Tapements de pieds dans les gradins, feuilles de papier avec le mot GNR brandies, huées…. Ainsi a été accueillie Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, ce 2 avril au 80e congrès de la FNSEA à Caen.
« Nous ne voulons pas de mesurettes, on veut 30 centimes d’euro de remise par litre de GNR en pied de facture. Sans réponse de la ministre demain nous n’aurons d’autre choix que de nous mobiliser à nouveau », avait prévenu la veille Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, bien parti pour être reconduit pour un deuxième mandat le 16 avril prochain après ce congrès électif du syndicat agricole.
« Ce serait périlleux d’abandonner les agriculteurs sans bouclier »
« C’est se moquer des agriculteurs de proposer un report des cotisations ou encore des prêts à court terme. Ce n’est pas le bon niveau de réponse à la crise », a-t-il redit devant la ministre (n’évoquant même pas la remise sur le droit d’accise de 3,86 centimes d’euros). Et de prévenir du risque de découvrir dans plusieurs mois une baisse des surfaces ensemencées en céréales si aucune aide n’est apportée aux agriculteurs. « Ce serait périlleux d’abandonner les agriculteurs sans bouclier », alerte-t-il encore.
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Annie Genevard affirme qu’il n’y a « plus un centime de taxe sur le GNR »
« Je suis très consciente et très préoccupée de l’impact du choc énergétique. Au 28e jour du conflit, l’Etat ne prend plus un centime de taxe sur le GNR. Et ce n’est pas un solde de tout compte, d’autres mesures viendront en fonction de l’évolution de la situation », répond la ministre de l’Agriculture en tribune, reprenant les propos tenus par Sébastien Lecornu, lundi 30 mars lors de son entrevue avec le président de la FNSEA.
« Faux », répond Arnaud Rousseau, la TVA s’applique toujours sur le GNR
« Faux ! » rétorque Arnaud Rousseau, quelques minutes après la clôture du congrès, rappelant que le GNR agricole est encore assujetti à la TVA. Alors que, face aux caméras et micros, la ministre de l’Agriculture appelle le syndicat à ne « pas sortir les fourches tout de suite », le président de la FNSEA rappelle que les agriculteurs utilisent en moyenne 120 litres de GNR par an et par hectare et qu’une hausse de 50 à 60 centimes n’est pas possible à encaisser.
« On ne demande pas une aide au revenu, on demande une aide à l’activité »
« On ne demande pas une aide au revenu, on demande une aide à l’activité. Les agriculteurs ne peuvent plus attendre », poursuit-il. Pour l’heure, les agriculteurs se préparent aux semis de tournesol et de maïs et aux premières coupes d’herbes. Mais face à ces hausses de charges, ils n’attendront pas l’hiver prochain pour ressortir, a fait comprendre le syndicaliste, soulignant que la ministre a néanmoins apporté quelques éléments de réponses sur d’autres sujets.
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Tuberculose bovine, DNC : Annie Genevard promet des avancées
Venue sans annonce sur le GNR, la ministre de l’Agriculture a en effet tenté de donner des garanties sur plusieurs sujets. Sur le volet sanitaire, elle a annoncé être en bonne voie pour obtenir de Bercy la revalorisation des indemnités concernant la tuberculose bovine. Elle a également assuré que les dossiers d’indemnisation des éleveurs touché par la DNC en Savoie (dont une dizaine faisait encore l’objet de discussion avec l’administration) étaient en train d’être soldés.
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Suspension de la MACF : treize pays ont rallié la position française, défend Annie Genevard
Sur la MACF (taxe carbone sur les engrais), Annie Genevard a rappelé avoir porté une nouvelle fois lundi 30 mars devant la Commission européenne une demande de suspension. « Treize états membres se sont ralliés à cette position. La question est posée politiquement sur la table, je ne lâche rien », a-t-elle déclaré, reprochant à la Commission européenne sa volte-face sur le sujet.
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Reliquat des aides bio du Feader : la ministre présente ses priorités
Concernant le reliquat des aides bio du Feader, « je porte à Bercy des priorités qui rejoignent les vôtres », a annoncé la ministre au président de la FNSEA. « A savoir, qu’il serve à abonder l’enveloppe des investissements dans les régions, au soutien aux zones intermédiaires et le soutien au bio. »
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Une loi d’urgence agricole sera « une loi utile du dernier kilomètre », promet Annie Genevard
Enfin, alors que le projet de loi d’urgence agricole doit être présenté le 8 avril en Conseil des ministres, Annie Genevard promet qu’il s’agira « d’une loi utile du dernier kilomètre », dont les effets devraient « se traduire enfin dans la vraie vie » des agriculteurs. « Ce que j’attends de ce projet de loi, c’est du concret, je veux qu’il aille à son terme. Elle peut être enrichie mais ne perdons pas de vue que ce texte doit dégager une majorité », a-t-elle toutefois prévenu.
Interrogée par des journalistes sur l’éventualité d’un ajout des éléments de la loi Duplomb 2 dans ce projet de loi, elle a déclaré que « cette mesure ne figure pas dans la loi initiale sur laquelle on attend l’avis du conseil d’Etat. Après, le Parlement est libre. »
« Jusque-là aucun texte (législatif agricole, ndlr) n’a atterri au niveau des ambitions. La loi d’urgence agricole est un signal positif, n’en faisons pas un rendez-vous manqué », a lancé Arnaud Rousseau lors de son discours de clôture. « Sur la prédation, il n’y a rien, la réticence à ramener le nombre de loups à son seuil de viabilité de 500 loups est incompréhensible », a-t-il notamment commenté.
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