Aller au contenu principal

Comment l’emploi agricole a-t-il évolué en 2023 ?

L’emploi agricole en France métropolitaine devrait rester stable sur l’année 2023 par rapport à 2022, indique un rapport Agreste publié en juillet 2024. Le service de statistiques du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation souligne tout de même certaines disparités selon la catégorie d’actif étudiée, le type d’exploitation ou les régions. 

Jeune salarié agricole conduisant un tracteur.
Le nombre de saisonniers agricoles ou occasionnels, qui était en forte hausse en 2022, serait en léger recul pour 2023, selon une récente étude Agreste.
© Stéphane Leitenberger Réussir SA

Le volume total de l’emploi agricole de 2023 devrait atteindre le même niveau qu’en 2022, à 680 170 ETP (équivalent temps plein). La notion d’ETP utilisée par l’Agreste correspond à l’équivalent d’un plein-temps d’un actif sur une année, soit au moins 1600 heures, mais pouvant être réalisées par plusieurs actifs. L’avantage de cette unité de mesure est de prendre en compte l’ensemble des situations d’emploi agricole.  

Relire : Emploi saisonnier en baisse, diminution de l’emploi agricole et salaires en légère hausse selon Agreste

Des dynamiques d’emplois agricoles disparates selon la catégorie d’actif 

Outre cette stabilité par rapport à 2022, l’Agreste évalue pour 2023 des dynamiques d’emplois disparates en fonction de la catégorie d’actif. Le nombre de chefs d’exploitations agricoles et de coexploitants (56 % des ETP en 2022, -1 % par rapport à   2021) serait encore en baisse pour 2023 (-1 % par rapport à 2022).  
 

Lire aussi : Dans quelles régions, l’agriculture manquera-t-elle le plus de bras en 2030 ?

Baisse des saisonniers, hausse du recours aux Cuma et ETA  

Le nombre de conjoints ou autre actifs non-salariés diminuerait lui aussi de 6,5 % pour 2023, mais moins qu’en 2022 (-8,7 % par rapport à 2021). Le nombre de saisonniers agricoles ou occasionnels, qui était en forte hausse en 2022 (+10,6 % par rapport à 2021), serait en léger recul pour 2023 (-0,4 % par rapport à 2022). Les prestations réalisées par les ETA et les Cuma (+3 % en 2022 par rapport à 2021) continueraient elles d’augmenter sur 2023 (+8,8 % par rapport à 2022). Et le nombre de salariés permanents agricoles maintiendrait lui une croissance similaire en 2023 (+3,2 % par rapport à 2022) que celle observée en 2022 (+3,1% par rapport à 2021).

Evolution de l'emploi agricole selon la catégorie d'actif

Tableau sur l'évolution de l'emploi agricole selon la catégorie d'actif

  

Lire aussi : Avec 18 milliards d’euros de frais, « la mécanisation agricole marche sur la tête » selon la FNCuma

Quelle évolution de l’emploi agricole selon le type d’exploitation ?  

Selon les types d’exploitations agricoles, les dynamiques sont aussi hétérogènes. Dans les exploitations viticoles, le nombre d’ETP devrait diminuer pour l’année 2023 (-0,4 % par rapport à 2022), tout comme dans les exploitations arboricoles (-0,1 % par rapport à 2022). Cette baisse de l’emploi agricole en 2023 se retrouverait aussi dans les élevages de bovins (-1,2 % en lait et – 1,7% en viande par rapport à 2022), de volailles (-1,3 %) et pour les exploitations de céréales et d’oléoprotéagineux (-1,5 %). Au contraire, pour le maraîchage (+3 %), la floriculture ou l’horticulture (+2,6 %) et pour les élevages équins ou d’autres herbivores (+3,2%), l’emploi resterait dynamique en 2023 par rapport à 2022.  
 

Des dynamiques positives en région PACA et en Corse 

La plupart des régions métropolitaines auraient des dynamiques d’emploi agricoles positives pour l’année 2023. Par rapport à 2022, les estimations provisoires de l’Agreste indiquent une croissance en Provence-Alpes-Côte d’Azur (+1,6 %), en Corse (+1,8 %). De plus faibles augmentations devraient être observées en Île-de-France (+0,8 %), en Auvergne-Rhône-Alpes (+0,4 %), en Bourgogne-Franche-Comté (+0,4 %) et en Normandie (+0,4 %). À l’inverse, la Nouvelle-Aquitaine (- 1%) présenterai une dynamique d’emploi agricole négative pour 2023, comme le Grand Est (-0,3 %), la Bretagne (- 0,5%) et le Centre-Val de Loire (-0,2 %).  

Lire aussi : Emploi saisonnier agricole : 10 mesures proposées par André Chassaigne pour améliorer les conditions de travail

Un salaire moyen agricole potentiellement en hausse pour 2023  

Le salaire moyen agricole devrait lui augmenter de 1,9 % en 2023 par rapport à 2022, où l’augmentation par rapport à 2021 était de 3,5 %. Le service de statistiques du ministère de l’Agriculture prévient tout de même que cette estimation est « plus fragile que les autres en raison du contexte inflationniste. »

Salaire moyen en 2022, selon la catégorie de salarié agricole

Tableau du salaire agricole moyen

Retour sur 2022, une année marquée par le retour de l’emploi salarié non permanent 

En dehors des estimations provisoires pour 2023, le rapport de l’Agreste présente les chiffres définitifs pour 2022. Sur cette année, l’emploi mobilisé par les exploitations agricoles de France métropolitaine avait augmenté de 1,2 % d’ETP par rapport à 2021. Cette légère progression s’expliquait notamment par l’accroissement de l’emploi salarié non permanent. Cela concerne les saisonniers ou occasionnels (+10,6 % par rapport à 2021) et les prestations réalisées par les ETA et les Cuma (+8,8 % par rapport à 2021). Au cours de cette année 2022, deux filières sortaient du lot avec d’un côté les exploitations viticoles (+4,2 % d’ETP par rapport à 2021) et de l’autre les exploitations de fruits ou d’autres cultures permanentes (+5,1 % par rapport à 2021). « La production dans ces deux filières, qui sont les principales employeuses de saisonniers, » explique l’Agreste, « a rebondi en 2022 après un repli marqué en 2021 en raison du gel printanier et des maladies ».  

Des estimations issues des tendances observées de 2019 à 2022 

Pour obtenir des estimations, l’Agreste réalise des projections des tendances observées les trois années précédentes. Les chiffres obtenus ici pour 2023 sont donc issus des tendances de 2019 à 2022. Ces chiffres de 2023 pourraient donc évoluer une fois que toutes les données de la Mutualité sociale agricole (MSA) seront obtenues, d’ici juillet 2025.  

Les plus lus

  Moisson dans l’Indre de nuit le 7 juillet 2022
« Un agriculteur contraint d’avancer ses travaux en pleine nuit pour échapper à la canicule ne devrait pas se retrouver exposé à un contentieux de voisinage »

Le 26 mars, les députés ont adopté à l’unanimité une proposition de loi du député démocrate Hubert Ott qui vise à sécuriser…

Bovin de profil présentant des nodules sur la peau, signe clinique de la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC).
Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : deux nouveaux foyers détectés en Sardaigne

Deux foyers supplémentaires de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) ont été détectés le 14 et le 15 avril en…

Agriculteur dans son tracteur notant dans son carnet les traitements phyto réalisés.
Pesticides : le Conseil d’Etat refuse de donner l’accès aux registres d’épandage demandés par Générations futures en Nouvelle-Aquitaine

Le Conseil d’Etat vient de casser la décision du tribunal administratif de Bordeaux du 1er juillet qui imposait au…

Les drapeaux européens devant le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles.
PAC 2028-2034 : vers la fin de « l’exception agricole » dans le budget européen ?

Auditionné le 7 avril au Sénat, Agriculture Stratégies a présenté une note datant du 23 février sur la PAC 2028-2034, et en…

Femelle Ours, capture photo en Ariège
Ours : au moins 108 individus dans les Pyrénées, une population en croissance selon l’OFB

L’OFB a dénombré au moins 108 ours bruns dans les Pyrénées en 2025. Le nombre d’individus est toujours en croissance sur le…

 Congrès de la FNSEA à Caen le 2 avril 2026.
Congrès de la FNSEA : Annie Genevard arrive sans mesures sur le GNR et demande aux agriculteurs « de ne pas sortir tout de suite les fourches »

Attendue de pied ferme, au 80e congrès de la FNSEA à Caen, sur le sujet du prix du GNR dont l’envolée touche…

Publicité