Comment favoriser la place des filles dans l’enseignement agricole selon le gouvernement ?
Une instruction technique publiée le 23 avril 2026 présente des mesures et actions concrètes pour mieux intégrer les filles dans l’enseignement supérieur agricole. Une charte « Tous égaux » va également se développer dans les établissements.
Une instruction technique publiée le 23 avril 2026 présente des mesures et actions concrètes pour mieux intégrer les filles dans l’enseignement supérieur agricole. Une charte « Tous égaux » va également se développer dans les établissements.
« Faire évoluer les représentations des métiers », « dépasser les stéréotypes », « dégenrer les filières », « améliorer l’accueil des stagiaires »… Le 23 avril, le ministère de l’Agriculture a publié une instruction technique à destination des DRAAF et des établissements d’enseignement agricole publics et privés, sur « l’égalité entre les filles et les garçons dans l’enseignement agricole ». Cette feuille de route concrétise le Plan d’actions pour favoriser la place des femmes en agriculture présenté par la ministre Annie Genevard, lors du Salon de l’Agriculture. Parmi les six axes du plan national déroulé en février 2026, l’un était consacré à la formation agricole.
Quatorze mesures organisées autour de quatre axes
L’instruction s’organise autour de quatorze mesures réparties selon quatre axes :
- « Faire évoluer les représentations des métiers et les processus d'orientation vers l'enseignement agricole ;
- Développer des espaces temps générateurs d'émancipation ;
- Accompagner les acteurs du système de formation vers de nouveaux modèles de représentation ;
- Permettre un dépassement des stéréotypes au bénéfice des transitions du monde agricole. »
Ces volets ont été construits avec les recommandations d’une étude commandée par la Direction générale de l’enseignement et de la recherche (DGER), et coordonnée par la sociologue Hélène Guétat-Bernard. Les résultats ont été complétés par les freins identifiés par la consultation citoyenne sur la place des femmes en agriculture, lancée par Annie Genevard entre le 7 juillet et le 31 août 2025.
Lire aussi : Installation des femmes en agriculture : quels freins économiques persistent ?
Des mesures pas seulement à destination des étudiantes
Pour favoriser l’égalité femmes-hommes dans les formations agricoles, l’instruction cible dans en premier lieu les étudiants et étudiantes, mais aussi les enseignants, le personnel des établissements, les familles, les institutions, les organisations professionnels et les maîtres de stages et d’apprentissage.
Des actions concrètes de mise en application des mesures sont listées. Par exemple, pour dégenrer certaines filières de l’enseignement agricole, l’instruction propose le développement de « mentorat avec des entrepreneuses » du secteur : « Une agricultrice / une élève ». Ainsi que la mise en avant de youtubeuses en formation dans les métiers agricoles. A l’inverse, il s’agit aussi de promouvoir des personnalités masculines impliquées dans les métiers des services à la personne.
Du côté des formateurs et formatrices, un « temps obligatoire de sensibilisation en amont des stages » pour les maitres d’apprentissages, permettrait de prévenir les stéréotypes de genre et d’améliorer l’accueil des stagiaires. Est aussi proposée aux équipes éducatives la mise en place d’intervention en classe et hors classe d’ateliers sur « l’égalité et la diversité ».
Lire aussi : Installation agricole : le nombre d’installés en agriculture a reculé de 7% en 2024
Une charte sur la base du volontariat à partir de la rentrée 2026
Une charte « Tous égaux » est en développement pour les établissements d’enseignement agricole. Elle devrait entrer en vigueur en septembre 2026, l’adhésion sera libre, selon la volonté de chaque lieu de formation. L’objectif ? « Valoriser les établissements et les partenaires en matière de promotion à l’égalité et à la diversité ».
Pour candidater, une structure de formation devra justifier la mise en place d’au moins une mesure par axe, la première année d’adhésion. Une fois engagé sur quatre ans, l’établissement devra fournir une fois par an un bilan des actions menées.