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« Nous engraissons 240 chevreaux chaque année »

L’EARL Le Chêne Goirand valorise l’espace disponible et le lait post-colostral pour engraisser 240 chevreaux chaque année.

À l’EARL Le Chêne Goirand, dans les Deux-Sèvres, Isabelle, Guillaume et Alain Durand n’aiment pas gaspiller. Mécontents du prix proposé par les engraisseurs, les associés familiaux ont fait le choix d’élever eux-mêmes les chevreaux. Disposant de places dans les bâtiments et de main-d’œuvre disponible, ils valorisent le lait post-colostral avec les chevreaux vendus quatre à six semaines après leur naissance.

Sur cette ferme reconstruite après l’incendie de 2017, 480 chèvres et une petite centaine de bovins salers sont élevés sur 91 hectares. L’exploitation peut compter sur les deux associés, Isabelle, 58 ans, et Guillaume, 37 ans, ainsi que sur un salarié, deux apprentis et le tout jeune retraité Alain.

De l’or pour les chevreaux issus d'insémination

Les naissances sont groupées en fin février-début mars et l’EARL prend soin de sécuriser les premières heures de vies des chevreaux. « On intervient avec une paire de gants neufs pour chaque chèvre », précise Isabelle Durand. Dans la première demi-heure qui suit la mise bas, l’équipe veille à leur faire boire du colostrum de qualité puisque seul celui à plus de 24 Brix est donné par sondage à hauteur de 10 % du poids du chevreau. L’EARL ne thermise pas le lait mais les chèvres ont été vaccinés trois semaines avant contre la pasteurellose et le lait contient alors des anticorps.

Le nombril est désinfecté et les chevreaux sont identifiés par un caoutchouc à bocal sur lequel est noté le numéro de la mère. Ils recevront leur tip-tag d’identification au moment de leur départ vers l’abattoir. Les femelles recevront, elles, les boucles officielles vers l’âge de quinze jours. Les mâles issus d’insémination reçoivent également un marquage de couleur dorée pour repérer facilement cette précieuse progéniture. « Je mets de côté ces mâles issus d’insémination pour que j’y sélectionne mes boucs de renouvellement et pour vendre une dizaine de reproducteurs chaque année », détaille Isabelle.

Du colostrum coupé à l’eau chaude

Les chevreaux mâles sont ensuite amenés dans l’un des cinq petits parcs recouverts d’une litière en bouchon de paille Cabri’lit. Les chevreaux les plus maigres ou les plus faibles se refont une santé dans l’une des deux cuves avec granulés de paille et équipées de lampe chauffante. Le chauffage permet aussi de maintenir la température à 15 °C dans la nurserie.

Les chevreaux restent dans les cases par lot de 25 et l’équipe du Chêne Goirand leur apprend à téter le lait post-colostral amené par un taxilait chauffant et sur roulette. « Pendant cinq jours, on passe régulièrement pour aider ceux qui ont du mal à démarrer seuls », explique Isabelle Durand. Pour que les chevreaux digèrent mieux ce lait gras, le lait post-colostral est généralement coupé avec 15 % à 20 % d’eau chaude. Les femelles sont, elles, installées non loin mais elles sont alimentées, dès le début, avec de la poudre de lait écrémé à 60 %.

Un bonus pour les gros lots de chevreaux

Au bout de cinq jours, les mâles de boucherie sont déplacés dans une autre aire paillée où ils continuent à recevoir du lait post-colostral avec de l’eau. « Nous leur donnons jusqu’au dernier litre des laits des sept premiers jours, explique Isabelle qui se refuse à jeter tout ce lait. En fin de bande, le lait reconstitué remplace le lait post-colostral. »

L’engraissement des mâles paye la poudre des femelles

Les chevreaux partent vers quatre à six semaines à un poids compris entre 8 et 11 kilos. L’abatteur passe les collecter toutes les semaines. Il donne un bonus pour les gros lots à plus de 100 chevreaux et, a contrario, un malus s’il se déplace pour moins de 15 chevreaux. Vendus 3,24 euros du kilo vif en moyenne en 2025, les 240 chevreaux ont permis de rapporter 7 500 euros l’an dernier, soit 31,50 euros par chevreau. En enlevant un peu moins de 10 euros de charge, il reste environ 22 euros par chevreau pour rémunérer le temps de travail. « L’engraissement des chevreaux mâles paye en partie la poudre de lait des chevrettes », conclut Isabelle.

Une ferme reconstruite et repensée après l’incendie

« On a tout perdu sauf le vieux bâtiment », se souvient Isabelle Durand. Le 15 janvier 2017, l’incendie emporte bâtiments, matériel et une grande partie du troupeau. Pour relancer, l’EARL investit à nouveau, avec une idée directrice : confort de travail, bien-être animal et transmission. « Si un jeune vient demain, qu’est-ce qu’il aimerait avoir ? », s’interrogent alors Alain et Isabelle. Cette réflexion ouvre la voie à une réorganisation des bâtiments et, finalement, à l’installation de la nouvelle génération avec Guillaume qui a rejoint l’aventure en janvier 2025.

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