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En Ardèche, « Nous avons fait un audit ergotraite avant la transmission de l’élevage de chèvres »

La transmission du Gaec de Javanes est aussi l’occasion de repenser les conditions de travail. Les associés ont réalisé un audit de l’ergonomie à la traite afin d’identifier les améliorations possibles.

À Gilhoc-sur-Ormèze en Ardèche, le Gaec de Javanes est en pleine transmission. D’un côté, Jean-Claude Alboussière, 57 ans, qui connaît chaque recoin de l’outil et de ses contraintes. De l’autre, son neveu Joris Henry, 24 ans, installé depuis janvier 2025, et désormais associé sur une ferme structurée autour de 230 chèvres saanen et 20 vaches charolaises.

Avec Joris, c’est la quatrième génération qui s’installe sur l’exploitation familiale de 96 hectares, dont 80 hectares de prairies, une dizaine d’hectares de céréales et 7 hectares de châtaigniers. Pour Joris, cette installation est l’occasion de revoir l’équipement de la ferme, notamment pour limiter la pénibilité du travail.

De l’air pour élever les chevrettes

<em class="placeholder">nurserie des chevrettes</em>

La première idée est donc de remonter l’élevage des chevrettes en agrandissant la chèvrerie. Pour l’instant, les chevrettes nées en août-septembre sont élevées en contrebas de la ferme dans un espace où le renouvellement d’air se fait mal. « La nurserie est dans l’ancienne écurie, sous la maison d’habitation, et c’est un gros travail pour sortir le fumier », témoigne Joris.

Le Gaec prévoit donc de rallonger le bâtiment mais s’interroge aussi sur la ventilation de la chèvrerie rallongée. Jusqu’à maintenant, l’air circulait de portail à portail mais, en lui rajoutant quelques mètres, le renouvellement d’air ne sera peut-être pas aussi optimum…

Pour une traite plus agréable

<em class="placeholder">Distribution de l&#039;alimentation</em>

Le Gaec a aussi le projet d’installer le décrochage automatique sur la machine DeLaval et de mettre une distribution automatique de concentrés en salle de traite. Car si la traite est aujourd’hui assurée à deux personnes, l’enjeu est de pouvoir demain traire seul avec les 22 postes de la machine.

Avant de se lancer dans ces investissements, Joris et Jean-Claude ont fait appel au contrôle laitier Adice pour étudier l’ergonomie de la traite. Si pour l’instant personne ne se plaint de douleurs ou de troubles musculosquelettiques, les associés ont préféré prévenir que guérir. Le bilan n’a pas montré de gros points noirs mais plutôt des petites améliorations pratiques qui pourraient rendre la traite plus agréable.

De la lumière mais de l’humidité

<em class="placeholder">Salle de traite</em>

Par exemple, les quais de traite ont été construits à l’époque pour les parents de Jean-Claude et ils s’avèrent maintenant un peu bas (92 cm) pour les deux trayeurs de 1,80 et 1,78 mètre. Adice a donc conseillé de rehausser la hauteur des quais, par des tapis par exemple. Pareillement, même si les carrelages au sol sont antidérapants, l’humidité résiduelle liée au lavage à grande eau après chaque traite entraîne un point de vigilance sur les risques de glissades ou de chutes. L’audit a aussi fait ressortir les points positifs comme la luminosité de l’espace de travail avec des fenêtres et des néons au-dessus des chèvres et de la fosse.

Maintenant, la réflexion se poursuit même si les progrès en ergonomie sont surtout attendus avec le décrochage automatique et la distribution des concentrés.

Gaec de Javanes

230 chèvres
35 % de lactation longue
750 kg de lait par chèvre et par an à 38 de TB et 32 de TP
35 IA par an

Lucas Clauzier, Adice Conseil élevage : « Être à l’aise pour travailler »

<em class="placeholder">Lucas Clauzier, Adice Conseil élevage</em>
Lucas Clauzier, Adice conseil élevage

« Plus de la moitié des maladies professionnelles déclarées sont en lien avec la traite. Et dans près des deux tiers des cas, le syndrome du canal carpien entraîne des douleurs au niveau des poignets. Depuis 2020, nous proposons une étude de l’ergonomie à la traite. Cet audit ergotraite consiste à observer la traite, prendre des photos et des vidéos et échanger avec les éleveurs. Ensuite, lors du compte rendu, nous proposons un plan d’action concret pour améliorer les pratiques. Nous essayons d’avoir une lecture globale de la situation de travail en lien avec le matériel, les animaux, les postures, l’organisation ou les ambiances (sol, lumière, froid, bruit). Le diagnostic passe par une description fine des gestes et de leurs répétitions. Car le risque, c’est le danger multiplié par le nombre d’expositions. Ainsi, une griffe un peu lourde portée au-delà de sa zone de mobilité confortable plus de 200 fois par jour sur une année représente un risque que l’on va chercher à supprimer ou atténuer. Pour être bien dans son travail, l’éleveur doit être bien dans son corps mais aussi dans sa tête et ses relations sociales. »

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