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« À la suite de l'incendie de la chèvrerie, nous avons reconstruit et augmenté l’effectif »

Installé depuis près de quatre ans dans le Loir-et-Cher, Vincent Péré a dû revoir ses projets après l’incendie qui a détruit la chèvrerie. Sa détermination et la bonne santé de l’AOP Selles-sur-Cher lui ont permis de reconstruire… et en plus grand !

Que de chemin parcouru en dix ans pour Marie-Frédérique et Vincent Péré, respectivement mère et fils, éleveurs à Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher). Si le jeune homme de 28 ans a toujours souhaité s’installer sur l’exploitation familiale, son arrivée aurait pu être précipitée lorsque son père décède en 2013, alors qu’il termine son bac pro CGEA. Sa mère le convainc alors de poursuivre ses études avant de s’installer et il commence un BTS Acse en apprentissage. Diplôme en poche et trois ans de salariat plus tard, il s’associe avec sa mère pour créer le Gaec Péré, le 1er janvier 2019.

« Ma mère a géré seule l’exploitation, avec des salariés, de 2013 à 2018, se rappelle le fils. Ce n’était pas simple. Mon projet initial était de travailler les aspects techniques, d’agrandir la chèvrerie pour augmenter l’effectif et vendre une partie de notre lait à un transformateur. » Le jeune homme a dû convaincre sa mère de l’intérêt de ce fonctionnement. « Quand Vincent a émis l’idée d’augmenter l’effectif, se souvient Marie-Frédérique Péré, j’ai dit que je ne ferai pas plus de fromages. Et l’idée de vendre une partie de notre production, inconcevable au départ, a fait son chemin. »

Plus de chèvres, mais pas plus de fromages

Lors de ses différents stages, Vincent Péré a notamment découvert un élevage livreur et une exploitation mixte. C’était donc faisable ! « La taille de notre fromagerie est limitée, cela aurait demandé trop de travaux d’agrandir sa capacité, et côté main-d’œuvre aussi, ce n’était pas envisageable. De plus, la vente de lait permet d’avoir un apport de trésorerie régulier et de mieux réguler les stocks de fromages. » En AOP Selles-sur-Cher, les transformateurs sont en recherche de lait, et le système est souple. Marie-Frédérique et Vincent Péré ont livré 50 000 litres de lait en 2021, entre mars et décembre.

L’investissement pour agrandir la chèvrerie et l’achat de matériel était de 200 000 euros dans le projet d’installation. À la suite de l’incendie qui a détruit le bâtiment en 2020, mère et fils ont décidé de reconstruire leur outil de travail, en plus grand, pour atteindre à terme 200 chèvres en lactation. « L’AOP Selles-sur-Cher a une bonne renommée et la filière caprine se porte bien : économiquement, nous pouvions repartir ». Au total, 90 chèvres laitières avaient survécu au sinistre, elles sont 180 en lactation cet automne. La production laitière est remontée aussi, à 650-700 litres par chèvre. « Finalement, le nouveau bâtiment est plus fonctionnel, on y élève plus d’animaux avec une pénibilité réduite ».

Départs en retraite à anticiper

L’organisation et la gestion de la charge de travail sont des enjeux que mère et fils vont devoir relever rapidement avec le départ en retraite de leur salariée en fromagerie à la fin de l’année. Et à moyen terme, celui de Marie-Frédérique Péré, 58 ans cette année. « Recruter et former un nouveau salarié prend du temps. Mais c’est aussi valorisant de savoir que notre système est suffisamment stable et performant pour pouvoir employer ».

Au quotidien, Marie-Frédérique Péré apprécie l’arrivée de son fils, « cela soulage d’être deux ». La confiance est là et un équilibre s’est créé entre elle, plus prudente, et lui, fonceur. Encore en phase de stabilisation des résultats du troupeau après le sinistre, le jeune homme qui fourmille d’idées a plusieurs projets en tête, notamment un séchoir à bottes et le semis simplifié pour les cultures.

 

85 % d’autonomie alimentaire

Au travail en chèvrerie s’ajoute la culture de 180 hectares de terres. Cette surface importante demande du temps, mais est aussi importante pour assurer l’autonomie alimentaire du troupeau. « Nous sommes autonomes à 85-90 % pour l’alimentation des chèvres. C’est l’un des points forts de notre système, malgré la contrainte travail. Lorsque l’on s’installe avec peu de surfaces, il faut bien compter, surtout ces derniers temps ».

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