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« J’ai remplacé toutes mes cultures de vente par du méteil »

À l’EARL des trois fermes, un couple d’éleveurs charentais améliore son autonomie alimentaire en remplaçant ses cultures de vente par du méteil.

Christophe Lizot est lauréat 2021 du prix de la Fondation pour une Agriculture Durable de Nouvelle-Aquitaine grâce à son méteil qui améliore son autonomie alimentaire.
Christophe Lizot est lauréat 2021 du prix de la Fondation pour une Agriculture Durable de Nouvelle-Aquitaine grâce à son méteil qui améliore son autonomie alimentaire.
© J. Chabanet

Christophe et Isabelle Lizot se sont installés en EARL en 1998 à Souvigné en Charente où ils traient tous les jours 650 chèvres alpines et saanens. Lauréats de la Fondation pour une Agriculture Durable de Nouvelle-Aquitaine, ils ont remplacé toutes leurs cultures de vente par du méteil protéagineux sans intrant. Cette augmentation de la surface fourragère leur a permis d’être plus autonomes, d’augmenter la taille de leur troupeau et d’embaucher un salarié.

Du méteil à 12,35 % de MAT

En 2018, Christophe Lizot voulait planter du ray-grass mais le sol était trop sec, il a donc essayé de faire du méteil sans intrant sur 10 hectares. Au début l’objectif était de le récolter en ensilage pour faire du fourrage pour ses chèvres et de garder une petite partie de la parcelle à récolter en grain pour pouvoir ressemer l’année suivante. Sur cette portion, il obtient un bon rendement de 35 quintaux à l'hectare à 12,35 % de matière azotée et décide alors de remplacer le blé qu’il vendait et l’orge qu’il donnait à ses chèvres par ce méteil récolté en grain. Au niveau de la ration des animaux, peu de changements, les quantités de foin de luzerne et de graminées restent inchangées, le méteil a remplacé l’orge, et le correcteur azoté à 40 % de MAT a été baissé d’un quart.

Diversifier les cultures

À l’EARL des trois fermes, la culture du méteil s’inscrit dans une démarche plus globale de diversification des cultures. L’assolement est composé de 14 ha de prairie permanente, 25 ha de méteil, 40 ha de luzerne pure, 18 ha de maïs récolté en grain ou en ensilage si les fourrages manquent, 6 ha de sorgho sucrier BMR récolté en ensilage et 62 ha de prairies temporaires. ces dernières sont composées soit de luzerne, dactyle, sainfoin, soit d’un mélange ray-grass, trèfle violet. Cette diversification permet de sécuriser le système en laissant des variables d’ajustement. Le maïs peut ainsi être récolté en grain ou en ensilage. Elle permet aussi de lutter contre la cuscute de la luzerne en augmentant la durée des rotations. La certification HVE de l’exploitation est d’ailleurs en cours.

Revenu inchangé

Le changement dans la ration des chèvres leur a fait perdre en productivité, elles sont passées de 850 à 750 litres par lactation et la production est plus fluctuante car avec le méteil « on sait ce qu’on sème mais on ne sait pas ce qu’on récolte ». D’un autre côté l’augmentation de la surface fourragère a permis d’ajouter 50 chèvres au troupeau et d’embaucher un salarié. Enfin, la baisse des charges d’engrais donne plus de marge pour acheter des concentrés et du foin. À la fin, l’EBE de l’exploitation est le même et le revenu des éleveurs reste inchangé. L’autre gros avantage est que ce changement n’a nécessité aucun investissement et qu’il est réversible.

Chiffres clés

650 chèvres
165 ha de SAU
116 ha de prairie
25 ha de méteil
 

Un méteil cultivé sans intrants

Le méteil est composé de 60 % de céréales et de 40 % de protéagineux : de l’orge, car l’éleveur et ses chèvres y sont habitués, de l’avoine et de la vesce pour leur pouvoir couvrant, du pois fourrager, du pois protéagineux. Au début Christophe Lizot avait inclus du triticale mais « il est trop dur à battre, ça bouche les descentes du semoir lors du semis suivant » et de la féverole mais « elle n’a pas repoussé l’année d’après, en plus elle était en retard par rapport aux autres plantes ». Il sème tard (fin novembre) et épais (250 kg/ha) après un labour et un apport de fumier car il ne met pas d’intrants, et récolte fin juillet. Tous les ans, l’éleveur de 48 ans garde des grains pour les ressemer l’année suivante en veillant à remettre des semences de protéagineux pour conserver l’équilibre avec les céréales qui font plus de graines. Au niveau de la charge de travail, « c’est plus zen », raconte l’éleveur charentais, comme le méteil est sans intrant, il y a moins de passages de tracteur et la question de traiter ou pas ne se pose plus.

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