Ces éleveuses ont isolé leur chèvrerie
Les épisodes de chaleur extrême incitent de plus en plus d’éleveurs à repenser leurs bâtiments. Dans le Cher, les Bouches-du-Rhône et la Vendée, trois éleveuses expliquent pourquoi elles ont choisi d’isoler leur chèvrerie, les solutions retenues et les bénéfices qu’elles en attendent pour le bien-être des animaux comme pour leurs conditions de travail.
Les épisodes de chaleur extrême incitent de plus en plus d’éleveurs à repenser leurs bâtiments. Dans le Cher, les Bouches-du-Rhône et la Vendée, trois éleveuses expliquent pourquoi elles ont choisi d’isoler leur chèvrerie, les solutions retenues et les bénéfices qu’elles en attendent pour le bien-être des animaux comme pour leurs conditions de travail.
Stéphanie Nicolet, éleveuse de 80 chèvres dans le Cher : « Un bâtiment isolé pour tenir toute ma carrière »
« J’ai fait le choix d’isoler la toiture de ma nouvelle chèvrerie Roiné, mise en service en août 2025. C’était un investissement important, car l’isolation et la charpente renforcée représentent environ 10 % des 650 000 euros du coût total du bâtiment, Mais je voulais construire un bâtiment qui m’accompagne toute ma carrière et qui soit adapté au climat de demain. Ce bipente de 12,5 m sur 40 m abrite le logement des animaux, la salle de traite et les espaces de transformation et de vente. Il est couvert par une toiture en bac acier doté de 40 mm de laine de roche. Sur les côtés et les deux pignons, il y a avec de grands filets microperforés qui créent une circulation d’air sans courant d’air tout en laissant entrer la lumière sans le rayonnement direct. En période de canicule, j’ouvre largement la nuit pour rafraîchir le bâtiment et je referme pour la journée. Pendant la canicule de juin, la chaleur a fini par rentrer et les chèvres ont quand même souffert. »
Aurélie Bagnis, éleveuse d’une soixantaine de chèvres dans les Bouches-du-Rhône : « Un bâtiment tunnel isolé »
« Depuis mon installation en 2010, les chèvres sont dans un bâtiment serre Richel et dans un parc de détente. La couverture est composée de plusieurs couches isolantes : plastique, laine de verre, bâche de camion et une deuxième bâche de camion qui a été rajouté en 2014. La chèvrerie de 360 m² s’ouvre à chaque extrémité par deux grandes portes de quatre mètres sur trois. En plus de cela, il y a sur les côtés des grands ouvrants que je peux régler à la manivelle et fermer lorsque le mistral souffle. Ici, il y a toujours un peu d’air et les chèvres peuvent sortir librement dans leur parc de détente, été comme hiver. Elles ne dépendent pas de moi pour trouver de la fraîcheur ou s’abriter. J’ai aussi installé deux ventilateurs en salle de traite et j’envisage d’en ajouter dans la chèvrerie. Les chèvres n’aiment pas les changements brutaux de température. Au début, elles mangent moins et produisent moins de lait. Pour limiter le dégagement de chaleur dans le bâtiment, je cure régulièrement, quatre à cinq fois par an, et j’ajoute de la paille dès que nécessaire. »
Camille Planson, éleveuse de 320 chèvres en Vendée : « 1 300 m² de nouvelle isolation »
« Nous avons décidé d’isoler les 1 300 m² de toiture de notre chèvrerie, un bâtiment qui a près de 50 ans. Les travaux consistent à remplacer toute l’ancienne couverture, qui présentait des fuites et commençait à se soulever lors des tempêtes, par des panneaux sandwich de 40 mm composés d’un bac acier gris, de mousse isolante et d’une feuille d’aluminium blanche. Nous allons perdre les plaques translucides et de la luminosité mais c’est un choix assumé car cela rajoutait encore de la chaleur en été alors que les chèvres sont en pleine gestation. Elles se tassaient d’ailleurs dans les rares zones non exposées au soleil. L’objectif est avant tout d’améliorer leur confort, mais aussi le nôtre, été comme hiver car il y avait de la condensation ou des abreuvoirs qui gèlent par grand froid. Pendant les travaux, nous avons déplacé les trois quarts du troupeau dans le bâtiment des chevrettes, déjà isolé, où la température est restée bien plus supportable pendant la canicule. Nous espérons que cette rénovation à plus de 100 000 euros limitera le stress thermique et préservera les performances du troupeau. »