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Congrès UIVEC
Chanvre-CBD : vers un label français

L’Union des Industriels pour la valorisation des extraits de chanvre vient de tenir son premier congrès à Paris après deux années d’existence. Le développement de la filière et l’aspect réglementaire ont notamment été abordés.

UIVEC
Selon Interchanvre, la culture du chanvre fleur se fait sur de petites surfaces avec des pratiques proches de l’horticulture.
© J.C. Gutner

L’Union des Industriels pour la valorisation des extraits de chanvre (UIVEC) rassemble les acteurs industriels et économiques intéressés par l’exploitation des extraits de chanvre en France. Elle représente toute la chaîne de valeur de la filière, de la production à la distribution de produits finis (producteurs, transformateurs, distributeurs, laboratoires, marques…) en passant par le conseil et les analyses. Le syndicat s’est donné pour mission d’accompagner le développement du secteur des extraits de chanvre dans ses multiples usages (denrées alimentaires, cosmétiques, alimentation animale…), ainsi que la structuration de ce secteur.

Mesures transitoires

Lors de son premier congrès, le 23 novembre, l’UIVEC a annoncé que « des mesures transitoires » étaient en cours de négociation avec l'administration française pour la commercialisation de CBD (cannabidiol) comme ingrédient dans l'alimentation.

Son président, Ludovic Rachou, a bon espoir d'obtenir un « cadre temporaire », une « doctrine de contrôle » pour 2023 alors que le Sénat vient d’adopter une résolution en faveur du développement d'une filière française. Le secteur est dans l'attente de l'aboutissement des dossiers déposés à l'Efsa dans le cadre de la réglementation européenne Novel foods, attendu pour « fin 2024-début 2025 ». Malgré l'absence d'autorisation européenne, le marché alimentaire français du CBD s'élèverait déjà à 200 M€ en 2021, et se dirigerait vers 300 M€ en 2022, grâce à la participation récente des enseignes de grande distribution, notamment dans les boissons, rapporte l'UIVEC.

« Un label français en cours de construction avec l’Afnor »

En France, l'arrêté de décembre 2021 n'avait pas encadré l'usage en alimentation. Il fixait par exemple le taux de THC dans les extraits de CBD, mais pas dans les produits alimentaires. Après une première suspension partielle en référé en début d'année, ce texte doit encore faire l'objet d'un avis du Conseil d'Etat sur le fond. L'éventuelle suppression de l'arrêté ne remettrait pas en cause les « mesures transitoires » obtenues de l'administration, assure l’IUVEC.

Le syndicat a par ailleurs annoncé que pour 2022 entre 300 et 500 hectares de chanvre ont été récoltés pour les fleurs. Cependant bon nombre de producteurs n’ont pas encore réussi à commercialiser leur récolte notamment en raison de l'incertitude réglementaire, a confié le président de l'UIVEC Ludovic Rachou à Agra presse. Le prix est très variable - de 10 à 100 euros la biomasse, selon la qualité - et sous pression du marché américain, avec des isolats de CBD « trois à quatre fois moins chers ». Pour y faire face, un label français est en cours de construction avec l'Afnor.

Des cultures sur des petites surfaces avec des pratiques proches de l’horticulture

La plupart des acteurs interrogés lors du congrès conviennent que ces cultivateurs pionniers n'ont pas respecté le cadre fixé par l'arrêté de décembre 2021, notamment l'obligation de contractualisation. Les acheteurs arguent d'un flou réglementaire. « En l’absence de cadre réglementaire stable, il est difficile de s’engager auprès d’un agriculteur», a expliqué Claire Guignier, responsable affaires publique du Synadiet (compléments alimentaires). En effet, après un premier jugement en référé en début d'année, le Conseil d'Etat doit rendre, « dans quelques semaines », un avis définitif sur l'arrêté d'encadrement du CBD de décembre 2021. Du côté agronomique, ces premiers hectares de chanvre fleur sont rarement cultivés sur des modèles de grandes cultures, mais plutôt sur de petites surfaces et des pratiques proches de l'horticulture, rapporte-t-on chez Interchanvre.

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