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Changement climatique
Près des trois quarts de la production alimentaire mondiale pourraient être en « risque extrême » en 2045

Selon une étude britannique, le secteur agricole serait en situation de « risque extrême » d’ici 2045 dans une soixantaine de pays représentant près des trois-quarts de la production alimentaire mondiale.

© Pixabay

Les données d'une étude menée par Verisk Maplecroft, société mondiale de conseil en risques et en stratégie basée à Bath, en Angleterre, révèlent que la chaleur élevée représente déjà aujourd’hui un risque extrême pour l'agriculture dans 20 pays.

Les impacts du « stress thermique » comme l’appellent les auteurs sont ressentis le plus durement par les pays où l'agriculture dépend fortement de la productivité des travailleurs extérieurs. Aujourd’hui, l'Inde qui a produit 12 % de l’alimentation mondiale en 2020, est de loin le plus grand producteur agricole évalué à risque extrême de stress thermique. Seuls l'Érythrée, Djibouti, le Bangladesh, les Émirats arabes unis, le Soudan du Sud et Oman présentent un risque plus élevé. Et cette exposition a déjà un impact sur la sécurité alimentaire mondiale : en mai 2022, une vague de chaleur a brûlé les récoltes de l'Inde, incitant Delhi à interdire les exportations de blé.

Cette décision a été un coup dur pour la communauté internationale, qui s'était tournée vers l'Inde – le deuxième plus grand producteur de blé au monde – pour combler le déficit d'approvisionnement causé par l'invasion de l'Ukraine par la Russie. L'Afrique subsaharienne compte 11 des 20 pays où l'agriculture est confrontée à des risques de stress thermique extrême, notamment le Soudan, le plus grand producteur mondial de sésame, et le Burkina Faso, un important producteur de karité. Les principaux producteurs de riz asiatiques, le Pakistan et le Vietnam, figurent également sur la liste.

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64 pays confrontés à un risque extrême en 2045

Les projections sont pessimistes puisque le nombre de pays touchés par un risque extrême de stress hydrique devrait passer à 64 d’ici 2045, si l’on prend en compte un scénario de réchauffement de 2 ° C au-dessus des niveaux préindustriels. Cela affectera les pays qui représentent actuellement 71 % de la production alimentaire mondiale. Les cultures telles que le riz, le cacao et les tomates devraient être les plus touchées.

En Asie, le Cambodge, le Vietnam et la Thaïlande seront particulièrement affectés. Les effets du changement climatique ont déjà obligé cette année les riziculteurs du centre du Vietnam à travailler la nuit pour éviter les températures diurnes caniculaires.

Le Brésil, troisième producteur agricole mondial, devrait tomber dans la catégorie à risque extrême d'ici une génération.

Les perspectives sont également sombres pour de vastes pays comme les Etats-Unis ou la Chine, toutefois les régions qui les composent seraient affectées différemment.

Sept pays européens, dont le Montenegro et l’Italie, figurent parmi les 10 qui enregistrent  la plus forte augmentation proportionnelle des risques d’ici 2045. En conclusion de cette étude, les auteurs avertissent : « Cela pourrait déclencher une multitude d'impacts secondaires, allant des troubles civils et de l'instabilité politique à la migration massive et aux violations des droits de l'homme, avec les marchés en développement et émergents en première ligne ».

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