Canicule dans le Rhône : « En cerise, la variété Staccato a bien résisté »
Patrick Reynard, arboriculteur dans les Monts de Lyonnais et président de la coopérative Sicoly, dresse le bilan des canicules sur son verger de cerisiers et à l’échelle de la coopérative fruitière.
Patrick Reynard, président de Sicoly et producteur de cerises à Chaussan, dans le Rhône, cultive 9 hectares de cerisiers à 500 mètres d’altitude, plutôt orientés Nord. Ayant récolté à partir du 10 juin, avec 75 % de ses volumes produits en juillet, il a pu observer les effets des vagues de chaleur successives.
Certaines variétés de cerises ont-elles mieux résisté à la canicule ?
Patrick Reynard : « Certaines variétés de cerises ont beaucoup moins bien supporté les épisodes de chaleur que d’autres. Ce n’est pas une découverte, plutôt une confirmation. Parmi les variétés les plus sensibles que je cultive, il y a Regina, très présente sur notre secteur, Fertard et Kordia. Des fruits ont été brûlés par le soleil, certains ont desséché. La variété Staccato a bien résisté, mais l’arbre a quand même souffert et on a perdu du calibre. À noter que ces quatre variétés sont tardives, elles ont donc subi les canicules les unes après les autres. »
Vos cerisiers étant irrigués, comment avez-vous géré le stress hydrique ?
P.R. : « Il a fallu resserrer les cadences d’irrigation, on a consommé plus d’eau. On voit aussi les limites du goutte à goutte. J’ai des vergers irrigués en micro-aspersion et d’autres en goutte à goutte et la micro-aspersion maintient un sol humide, de la fraîcheur au sol et de l’enherbement, ce qui préserve de la sécheresse. En goutte à goutte, on n’a pas du tout cet effet, l’eau entre dans le sol et seul le sol est humide, on n’a pas de végétation qui reste verte, pas d’humidité, et le verger souffre. Mais les modes d’irrigation sont mis en place à la conception d’un verger et il est difficile de les modifier en cours. De plus, lorsque les cerisiers sont protégés de Drosophila suzukii par un filet monorang Alt’Droso, le meilleur système d’irrigation est le goutte à goutte car le filet empêche la dispersion de l’eau. »
En tant que président de Sicoly, quels impacts des canicules observez-vous déjà à l’échelle de la coopérative fruitière ?
P.R. : « Entre les fruits desséchés et les manques de calibres, les canicules ont fait perdre environ 15 % du volume sur la coopérative. Mais cette année nous n’avons globalement pas eu de pertes liées à d’autres facteurs tels que la pluie, la grêle ou le gel, ce qui est rare. On a donc fait une production satisfaisante, toutes les variétés étaient bien pourvues. »