« Par rapport à 1976, sur les huit derniers mois, le bilan hydrique qui se calcule en soustrayant la demande évaporatoire (ETP) au cumul des précipitations est plus sévère cette année de 10 mm à Clermont-Ferrand, et de 115 mm à Limoges. Début août, une cinquième vague de fortes températures se présente - or la seule autre année où il y en a eu autant jusqu’à présent était 2022. Voilà deux éléments pour situer sur le plan climatique l’année 2026 par rapport aux années de sécheresse de référence.
Un élément scientifique est à retenir : À chaque fois que la température augmente de 1,5 °C, la demande évaporatoire augmente de 10 %. Depuis cinquante ans (1976-2026), la température moyenne annuelle a augmenté d’environ 2,5 °C, d’où une ETP qui a augmenté de 15 à 20 %. En cumul annuel, cela représente de + 80 à + 100 mm d’ETP en altitude, et de + 130 à + 160 mm en plaine.
L’année 2026 peut être perçue aujourd’hui comme exceptionnelle. Il faut pourtant s’attendre à la vivre de plus en plus fréquemment, environ une année sur deux autour de 2050. Ce n’est pas une perspective isolée ou singulière, car le point de bascule dans une amplification radicale du changement climatique global observé date en fait des années 2010 à 2015.
Le printemps sera toujours plus ou moins humide, malgré une tendance pluviométrique de long terme à la baisse, mais la demande évaporatoire des plantes arrivera beaucoup plus tôt dans l’année. En 2026, c’était avec un mois d’avance à peu près. Le nombre de jours de températures extrêmes sera en moyenne beaucoup plus élevé. La recharge hivernale des sols est aussi impactée. Elle sera de plus en plus fréquemment incomplète. »
ETP : évaporation du sol et transpiration des feuilles des plantes
Le programme AP3C (adaptations des pratiques culturales au changement climatique) du Sidam vise à comprendre de manière fine les évolutions climatiques sur le Massif central d’ici 2050 pour mettre en œuvre des pratiques adaptées en agriculture. Le Sidam (service interdépartemental pour l’animation du Massif central) regroupe16 chambres départementales d’agriculture.