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Strongles pulmonaires des bovins : une toux pas que d’été à ne pas sous-estimer

Les strongles respiratoires peuvent dorénavant provoquer des épisodes de bronchite chez les bovins à différentes périodes de l’année. La période où cette maladie est la plus fréquente reste juin et juillet, mais elle se déclare aussi bien à la sortie de l’hiver, si celui-ci a été doux et humide, qu’à l’automne.

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La bronchite vermineuse touche davantage les jeunes, mais peut se retrouver à tout âge, car l’immunité ne dure pas dans le temps. Des pratiques de gestion de parcelle peuvent limiter le risque d’infestation.
© Réussir

Août 2021, Puy-de-Dôme, massif du Sancy. Un éleveur de salers appelle la clinique vétérinaire pour des symptômes respiratoires sur des génisses nées pendant l’hiver. Elles ont été sevrées et mises à l’herbe en juin, dans une parcelle à côté du bâtiment afin de pouvoir les complémenter en foin et en aliment. Cependant, ces parcelles avaient été déprimées par les vaches. Cent millimètres de pluie étaient tombés le dernier week-end de juin, puis il n’y avait eu aucune précipitation les sept semaines suivantes.

À notre arrivée, les génisses présentent toux, hyperthermie, jetage, dyspnée et baisse d’appétit : elles présentent tous les signes d’appel d’une bronchopneumonie infectieuse enzootique.

Un premier traitement antibiotique, anti-inflammatoire stéroïdien, diurétique est mis en place. Une dizaine de jours après, nous prolongeons le traitement suite à l’amélioration en rajoutant des vitamines. Trois semaines après, l’éleveur rappelle. Les génisses répondent aux traitements, mais dès qu’il arrête, les signes cliniques réapparaissent. Un autre antibiotique est mis en place en parallèle d’un tonique cardiaque et de diurétiques, et nous proposons à l’éleveur d’aller explorer la source de l’infection.

Des analyses sont donc réalisées : écouvillon respiratoire PCR multiplex sur quatre génisses, et sérologie FCO, IBR et RSV sur celle qui présente des symptômes depuis plus de quinze jours. Et nous faisons aussi plusieurs coproscopies individuelles, par acquit de conscience, sans grande conviction.

L’immunité contre les strongles respiratoires est courte

 

 
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Mise en évidence de larves de strongles pulmonaires à la coproscopie, technique de Baermann. © M.Tronche

Deux écouvillons reviennent positifs à l’anaplasmose, maladie transmise par les tiques. Et, surprise, les coproscopies révèlent une infestation massive de strongles pulmonaires. Il y avait donc association de malfaiteurs.

Il est donc essentiel, même sur des veaux de l’année, de ne pas sous-estimer le risque d’infestation par ces parasites. La bronchite vermineuse touche davantage les jeunes, mais peut se retrouver à tout âge, car l’immunité ne dure pas dans le temps. Des pratiques de gestion de parcelle peuvent limiter le risque d’infestation. Dorénavant, nous pouvons avoir des épisodes aussi bien à la sortie de l’hiver, si celui-ci a été doux et humide, qu’à l’automne – la période pendant laquelle la maladie est la plus fréquente reste en juin et juillet. Elle intervient au minimum quatre à sept semaines après la mise à l’herbe. La température idéale pour le développement des parasites est de 20-25 °C.

La bronchite vermineuse se retrouve au cours de la saison de pâture et touche souvent plusieurs animaux d’un même lot. Elle est due à Dictyocaulus viviparus. Les bovins présentent au départ une toux sèche, quinteuse, avec ou sans fièvre.

Les strongles pulmonaires peuvent pointer leur nez dans vos élevages tous les ans. Il est essentiel de ne pas les oublier dans le diagnostic différentiel de la « bête » toux d’été, car ces vers peuvent entraîner des pertes économiques énormes, des lésions irréversibles, voire la mort de l’animal. Si l’infestation est trop massive, les vers obstruent les bronches et favorisent les complications bactériennes ou virales.

Pourquoi pas faire réaliser des coproscopies préventives en cours d’été ou a minima dès qu’un épisode de toux se présente ?

Des coproscopies en été ou en cas de toux

Le meilleur diagnostic se fait via une coproscopie au début de l’épisode de toux en réalisant la technique de Baermann, afin de rechercher la présence de larves L1. Les prélèvements doivent être frais avec la possibilité de mélanger plusieurs animaux, et mis à sédimenter très rapidement. Nous pouvons aussi retrouver les vers à l’autopsie avec des amas qui obstruent la trachée et les bronches.

Le pronostic est bon si le traitement est mis en place au début de l’épisode de toux. Le traitement consiste à vermifuger l’animal. Il est possible, en fonction du stade de l’infestation, d’avoir recours aux antibiotiques et aux anti-inflammatoires s’il y a des surinfections.

Les principales complications, pouvant mener à la mort de l’animal, sont une épithélialisation alvéolaire (l’épithélium est remplacé par un épithélium cubique impropre aux échanges gazeux), une surinfection bactérienne entraînant une pneumonie, un choc anaphylactique si l’infestation est trop massive.

Rédaction Réussir

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