Prairies : Les plantes à valeur santé pour les bovins peuvent trouver leur place dans les mélanges
Introduire des plantes à valeur santé dans les prairies suscite de plus en plus d’intérêt. Sans bouleverser les pratiques, ces mélanges offrent des pistes pour améliorer la gestion sanitaire tout en sécurisant la production fourragère.
Introduire des plantes à valeur santé dans les prairies suscite de plus en plus d’intérêt. Sans bouleverser les pratiques, ces mélanges offrent des pistes pour améliorer la gestion sanitaire tout en sécurisant la production fourragère.
« Les plantes à valeur santé associées à nos espèces fourragères classiques forment des prairies à valeur santé. Il s’agit de prairies riches en espèces capables de produire des métabolites secondaires reconnus pour leur appétence et leur possible valeur santé. On parle de possible valeur santé, car les teneurs en métabolites peuvent varier selon les conditions de fertilisation ou le climat », explique Pauline Woehrlé, fondatrice d’Herbivor. Ces prairies peuvent être naturelles ou temporaires, avec l’intégration d’espèces comme le plantain lancéolé, la pimprenelle, la centaurée, la jacée ou encore l’achillée millefeuille. « L’objectif est de se rapprocher du fonctionnement des prairies permanentes tout en gardant une capacité de pilotage. »
Implantation raisonnée et points de vigilance
La base recommandée pour la mise en place d’une telle prairie est la suivante : « 2 à 3 graminées, 2 à 3 légumineuses et 2 à 3 dicotylédones à valeur santé, sans dépasser neuf espèces pour conserver un équilibre. Par exemple : RGA, fétuque élevée, trèfle blanc, trèfle violet, lotier, associés à du plantain, de la pimprenelle et de la centaurée noire. » Les implantations se font généralement en septembre, avec des doses tournant autour des 2 kg/ha pour le lotier et le plantain et des 100 g/ha pour la pimprenelle et la centaurée. Au niveau du prix, on est autour des 20 €/ha pour le lotier et le plantain, et des 30 €/ha pour les dicotylédones. Cela nous fait donc un total de 100 €/ha en moyenne de surcoût pour l’implantation des plantes à valeur santé lors des semis de sa prairie.
« Une fois implantée, il faut avoir un suivi spécial, car certaines espèces demandent de la vigilance. La chicorée, par exemple, intéressante en conditions séchantes, peut devenir envahissante si le pâturage n’est pas suffisamment dynamique. » C’est une plante à tester avec précaution. À l’inverse, plantain et lotier sont plus faciles à intégrer et constituent une porte d’entrée pertinente pour se lancer.
Avant tout produire, puis apporter un service supplémentaire
L’intérêt premier reste la production. « Il faut d’abord sécuriser la production de MS, et produire de la MAT », rappelle-t-elle. La diversité alimentaire ne doit pas pénaliser la production. « Des associations simples comme plantain et lotier constituent souvent une bonne base de départ. » Une fois ces objectifs atteints, la diversité végétale peut apporter un service complémentaire. « Les résultats observés sont variables, mais des effets des plantes à valeur santé sont constatés sur la gestion parasitaire, l’efficacité alimentaire ou encore la valorisation de l’azote soluble lors de la digestion. »
Pour aller plus loin
Le projet Praidiv : https://idele.fr/detail-article/praidiv-la-sante-dans-le-pre-videos
« Le sainfoin, la plante à tanins par excellence »
© C. Pautet
« Depuis dix ans, nous cherchons à gagner en autonomie alimentaire tout en améliorant la santé du troupeau. Dans cette démarche, la teneur en tanins du sainfoin nous a paru primordiale. Cette légumineuse m’a intéressée pour sa capacité à être pâturée ou récoltée, mais aussi pour ses effets sur le bien-être des animaux. Chez nous, le sainfoin est apporté sous forme de cures ciblées et on voit un vrai effet sur le poil et la santé globale du troupeau. Pour les Galloway en plein air intégral, quelques bottes sont distribuées trois fois durant l’hiver en plus du pâturage dans la parcelle. En stabulation, les charolaises reçoivent des cures de trois jours pendant l’hiver avec un apport d’environ 12 kg par animal et par jour, en complément de la paille. C’est ce que j’ai fait lors de la vaccination DNC et je n’ai eu aucune réaction particulière au vaccin. »