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Le pré-conditionnement des broutards devient la règle aux USA

Le « préconditionnement » devient la règle aux États-Unis. En France, une étude est en cours pour évaluer la pertinence de la préparation des futurs jeunes bovins chez le naisseur.

Il existe une cinquantaine de programmes de « préconditionnement » aux États-Unis. Tous demandent peu ou prou, un animal vacciné, castré, écorné, déparasité, sevré depuis au moins 30 jours, habitué à manger à l’auge et d’un poids avoisinant dans l’idéal les 300 kg. © F. D'Alteroche
Il existe une cinquantaine de programmes de « préconditionnement » aux États-Unis. Tous demandent peu ou prou, un animal vacciné, castré, écorné, déparasité, sevré depuis au moins 30 jours, habitué à manger à l’auge et d’un poids avoisinant dans l’idéal les 300 kg.
© F. D'Alteroche

En Amérique du Nord, les animaux issus de cheptels allaitants passent classiquement les premiers mois de leur vie avec leur mère dans des systèmes souvent extensifs où leur alimentation repose presque exclusivement sur l’herbe et le lait. Ce n’est qu’après le sevrage qu’ils intègrent des feedlots où ils seront finis en quelques mois. « Bien entendu les systèmes français ne sont pas transposables avec ce qui se pratique dans ces pays ! », explique Stéfanie Bernheim, docteur vétérinaire et responsable technique au laboratoire Zoetis. Mais tout comme en Europe, dans les feedlots d’Amérique du Nord, les maladies respiratoires sont à l’origine de 75 % de la morbidité.

Pour aller à l’encontre de ces pathologies, la plupart des animaux bénéficient d’un « préconditionnement ». Ce terme précisément défini correspond aux « actes de préparation des bovins destinés à entrer en atelier d’engraissement ».

Des protocoles bien définis

Initiées au début des années 1970, ces démarches de « préconditionnement » concernent un nombre croissant d’animaux et ont pris une ampleur considérable depuis le début des années 2000. Il existe une cinquantaine de programmes de « préconditionnement ». Tous correspondent peu ou prou à la définition suivante : broutard mâle ou femelle destiné à l’engraissement et préalablement vacciné, castré, écorné s’il n’est pas génétiquement sans cornes, déparasité, sevré depuis au moins 30 jours, habitué à manger à l’auge et d’un poids avoisinant dans l’idéal les 300 kg. À l’inverse, la notion d’animaux à risques correspond à des broutards sevrés juste avant la vente, non vaccinés, non castrés, non écornés, allotés et ayant séjourné sur des marchés.

Côté vaccination, ces programmes ont des protocoles bien définis. L’un d’entre eux certifie par exemple que les veaux sont vaccinés deux fois, à savoir deux à quatre semaines avant sevrage avec rappel au sevrage, ou bien au sevrage avec rappel selon les recommandations de la notice du laboratoire. Cette vaccination inclut plusieurs valences clostridiennes, l’IBR, PI3, BVD, Mannheimia haemolytica et Pasteurella multocida.

Un protocole français à l’essai

Le projet WelHbeef, en cours, consiste à évaluer la pertinence de la préparation des futurs jeunes bovins chez le naisseur en combinant pistes de solutions et expérimentation d’une nouvelle filière. « Un protocole de préparation très complet a été lancé dans des élevages naisseurs (9) et engraisseurs (4) de l’Est de la coopérative EMC2. Chez chaque naisseur, un groupe témoin (vente au sevrage) et un groupe préparé (animaux sevrés 45 à 50 jours avant départ au centre de tri, vaccinés contre BRSV, PI3 et Mannhemia haemolytica, déparasités, habitués aux bâtiments d’élevage (auge, systèmes de boisson…), alimentés de manière équilibrée) ont été mis en place », expose Élise Vanbergue de l’Institut de l’élevage. Les premiers résultats montrent des croissances en phase avec le niveau d’alimentation. Lors d’une préparation en bâtiment, la qualité de ce dernier est cruciale. « L’impact sur le temps de travail est variable. Il dépend du parcellaire et des habitudes de l’éleveur. Une modification de l’organisation du travail et le passage d’une astreinte hebdomadaire à quotidienne sont nécessaires. Les éleveurs se sont dits prêts à s’investir si une diminution des prévalences des risques respiratoires en engraissement est observée et si une répercussion sur le prix d’achat est effective. » Des enquêtes perceptions de la filière et des tests de faisabilité relatifs à la traçabilité des informations sont en cours.

(1) Étude conduite par l’Institut de l’élevage en partenariat avec l’Inra, Oniris, l’ENVT, EMC2 élevage, Deltavit et financé par l’Institut Carnot.

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