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Engraissement
L’Europe abat nettement moins de jeunes bovins depuis un an

La France n’est pas un cas particulier. Les abattages de taurillons sont en recul dans tous les principaux pays européens producteurs de viande bovine.

© infographie Réussir

Le nombre de taurillons abattus sur le territoire français a enregistré un net recul depuis un an. « Il est enbaisse de 8% si l’on ne prend en compte que les neuf premiers mois de l’année », expliquait Caroline Monniot, agroéconomiste à l’Institut de l’élevage, lors d’une journée sur l’engraissement organisée par Boviloire, l’antenne régionale d’Interbev pour les Pays de la Loire.


Mais au sein des pays qui composent l’Union européenne, la situation française est loin d’être un cas particulier. On retrouve la même tendance dans la plupart des principaux pays européens producteurs de viande bovine. L’érosion des cheptels reproducteurs (tant dans les troupeaux laitiers qu’al- laitants) explique une partie du phénomène. Ce recul des abattages est accentué par le regain d’intérêt pour les exportations en vif, principalement vers la Turquie et le Liban.


- 7 % pour l’Italie, - 2 % en Allemagne...


L’Italie affiche un recul de 7 % sur les sept premiers mois de l’année. Dans ce pays comme dans d’autres, certains engraisseurs ont préféré vendre du maïs en grain plutôt que de le trans- former en viande. Une partie de l’ensilage est aussi utilisé pour « nourrir » des méthaniseurs et non des taurillons. « Autant de données nouvelles qui font que dans la plaine du Pô, le maïs ne coule plus à flot. C’est aussi lié à la diminution de la part des surfaces consacrées à l’agriculture du fait de la forte pression de l’urbanisation pour occuper le foncier », précisait Caroline Monniot. Mais si l’Italie engraisse moins de mâles, la finition des femelles n’a pas faibli. Ramené à la tête, une laitonne revient moins cher à l’achat, mais mange moins et correspond souvent à des marchés de niche pour lesquels les carcasses sont plus correctement valorisées.


En Allemagne, le nombre de jeunes bovins abattus n’a baissé « que » de 2 % en huit mois. « Une partie des engrais- seurs allemands qui sont aussi souvent producteurs laitiers se sont recentrés sur le lait. L’effet biogaz joue également un rôle important du fait du développement exponentiel du nombre de métha- niseurs ces cinq dernières années. » Dans ce pays, 850 000 hectares de maïs sont cultivés uniquement pour la production de biogaz.

- 7 % en Pologne, - 4 % en Espagne

En Pologne, l’engraissement de tauril- lons est une activité récente. Elle s’est développée à partir des veaux issus du cheptel laitier. Longtemps exportés à quelques jours ou semaines en Italie, les Polonais ont vite compris tout l’in- térêt qu’ils pouvaient avoir à les finir chez eux. Mais le nombre de veaux disponibles est en net recul sous l’effet de la restructuration des fermes laitières où la holsteinisation du cheptel améliore tout aussi rapidement les niveaux de production par vache qu’elle dégrade la conformation des tauril- lons qui en résultent.


Une partie de ces jeunes bovins polo- nais étaient ces dernières années réorientés sous forme de carcasses, sur l’Italie. Un débouché en recul depuis l’ouverture du vif sur la Turquie qui a largement contribué à la réduction de 5 % du nombre d’animaux abattus en Pologne au cours des sept premiers mois de l’année.


L’Espagne affiche elle aussi des abat- tages en régression, liés encore une fois à l’appel d’air découlant de l’accroissement des exportations de tauril- lons vivants sur les pays tiers. Proximité oblige, ce sont les pays du Maghreb qui ont été ces derniers mois les principaux acheteurs de jeunes bovins espagnols.

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