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Bovins Viande : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière viande bovine dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches al

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Jean Jallat, directeur de la FDCUMA du Puy-de-Dôme
"Les plaquettes forestières, c'est du bois fluide"

Fervent promoteur du bois plaquettes, Jean Jallat estime que ce combustible est intéressant pour des habitations individuelles situées à la campagne ou dans une petite agglomération.

"Il faut tabler sur une moyenne de 50 mètres cubes apparents pour chauffer confortablement à l'année une maison de 150 mètres carrés."
"Il faut tabler sur une moyenne de 50 mètres cubes apparents pour chauffer confortablement à l'année une maison de 150 mètres carrés."
© F. d'Alteroche

Quel est le calendrier idéal pour la réalisation des plaquettes forestières ?

Jean Jallat - Il n’y a pas de règles précises. Il faut le faire quand on peut et quand une machine est disponible. L’idéal c’est abattre, débarder puis laisser sécher le bois entre 2 et 3 mois avant de le déchiqueter. Il faut faire ce travail d’abord en fonction de la gestion du besoin et se poser la question : quand aurai-je besoin de mes plaquettes ? Le bois doit rester suffisamment humide quand il passe dans la déchiqueteuse. Il n’en sera que plus facile à réduire en plaquettes. Cela fera moins forcer le moteur et facilitera ensuite, la montée en température à l’intérieur du tas. Moins le bois est sec et plus il est facile à déchiqueter. L’idéal serait un bois à environ 45 % de matière sèche. Feuillus ou résineux, il n’y a aucune différence. On dit souvent qu’il faut couper à sève descendante et non montante. C’est vrai pour des bûches, pas pour les plaquettes pour lesquelles la surface de bois exposée à l’action séchante de l’air est bien plus élevée, avec aussi le rôle de la montée en température lors de la mise en tas. Il y a toujours un risque que le tas ne fermente pas, mais moisisse. Mais c’est davantage le cas pour du bois qui aurait déjà séché une première fois avant d’être broyé et qui reprend l’humidité une fois réduit en plaquettes. C’est beaucoup moins vrai dans le cas de plaquettes issues de tiges de bois fraîchement coupées.

L'un des freins émis par les utilisateurs potentiels est la crainte de ne pas avoir suffisamment de place pour le stockage de leurs plaquettes. Pouvez-vous préciser ?

J. J. - Pour chauffer une maison de 150 mètres carrés, la consommation annuelle de plaquettes sera d’environ 50 mètres cubes apparents. Il faut donc prévoir un silo devant la chaudière de 25 mètres cubes que l’on fera remplir deux fois par an. Le problème est que l’on ne va pas amener les plaquettes directement depuis leur lieu de fabrication. Il faut un silo de stockage intermédiaire où on va placer les plaquettes en tas juste après leur broyage et où elles vont fermenter, chauffer puis finir par sécher. Si on est agriculteur et que l’on a une grange ou un vieux bâtiment qui peut être utilisé pour ce stockage intermédiaire, pas de problèmes. On déchiquette, on laisse sécher, puis on rempli au fur et à mesure des besoins le silo de la chaudière. Si on est un particulier, il faudra se faire livrer en plaquettes sèches prêtes à l’emploi par quelqu’un ou une société qui aura ce silo de stockage intermédiaire où les plaquettes auront séché. D’autre part, difficile de faire venir une déchiqueteuse pour 25 mètres cubes. Il faut 100 à 150 mètres cubes, minimum.

Pourquoi l’usage de ces plaquettes ne se développe- t-il pas davantage pour le chauffage des habitations ou des collectivités ?

J. J. - C’est un peu le serpent qui se mord la queue ! D’un côté, les gens ne font pas de plaquettes, car dans de nombreuses régions, il n’existe pas de véritable marché pour ce produit et de l’autre côté, beaucoup de particuliers n’installent pas de chaudière car ils ne savent pas où s’approvisionner en plaquettes. Aujourd’hui l’idéal serait de faire un gros tas de plaquettes et d’attendre pour pouvoir justifier d’un stock auprès d’éventuels clients. Mais il faut de la trésorerie pour constituer le stock, même si c’est le façonnage des plaquettes qui coûte le plus, et non la matière première. Mais il est également vrai qu’une installation de chauffage à plaquettes coûte relativement cher: de 18 à 30 000 euros tout compris. C’est un investissement. Mais je crois beaucoup au développement de ce mode de chauffage chez des gens qui ont du bois, qu’ils soient forestiers et/ou agriculteurs. En ville, le chauffage avec des plaquettes ne pourra se développer que pour des chauffages collectifs. Dans des villes moyennes ou les villages cela pourra se développer pour des maisons individuelles que s’il y a suffisamment de terrain autour de la maison. Il faut de la place pour stocker au moins 25 mètres cubes à proximité de la chaudière. Pour les ventes aux particuliers, l’avenir passe par des livraisons à partir de platesformes de préparation qui permettraient de répondre à la demande de petites et moyennes installations. Ces plates-formes pourraient fournir des produits de plus en plus élaborés et réguliers en répondant à la demande des particuliers avec des plaquettes prêtes à l’emploi sur le plan de la granulométrie et de l’humidité. Les particuliers comme les chaufferies collectives souhaitent avoir un approvisionnement sécurisé reposant sur des stocks permanents prêts à l’emploi (secs, calibrés…). C’est avec ces conditions que les plaquettes de bois deviendront un produit qui pourra être commercialisé comme n’importe quel autre combustible.

Comment se positionne le marché de la plaquette de bois comparativement aux granulés de bois aggloméré ?

J. J. - Le problème des granulés de bois, c’est avant tout leur coût qui oscille autour de 270 euros la tonne, alors qu’avec des plaquettes, on est plutôt autour de 100 euros la tonne. Le granulé c’est bien en ville pour des poêles en appoint. C’est mis en avant par de grandes entreprises avec une communication bien faite et très « tendance » qui surfe sur la vague liée à la préservation de l’environnement et aux problèmes liés aux rejets de CO2 issus de la combustion des carburants fossiles. Pourtant, la fourniture de granulés de bois met en oeuvre de véritables procédés industriels eux-mêmes consommateurs d’énergie et différents intermédiaires pour leur commercialisation. De plus, les granulés sont en grande partie réalisés à partir de connexes de scierie et rentrent en concurrence avec d’autres débouchés utilisant ces mêmes sousproduits des scieries (agglomérés, panneaux particules…) A une époque la sciure se donnait. Cela a bien changé ! Le prix de la sciure a considérablement augmenté. A l’inverse, la plaquette est fabriquée à partir de produits qui la plupart du temps ne sont pas valorisés. S’ils ne sont pas transformés en plaquettes, on les fait brûler dans les champs ou on les laisse pourrir sur les coupes, en forêt. La grosse différence entre le granulé bois et la plaquette, c’est que dans le premier, il y a un process industriel. A l’inverse, la plaquette est un produit totalement basique issu de la première transformation d’un produit brut. C’est le bois fluide.

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