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Bruno Pount, directeur général de Auriva Elevage
Les paillettes sexées dynamisent le croisement

Auriva Elevage est le nom de la nouvelle entreprise de sélection résultant de l’Union d’Ucear et Midatest. La majeure partie de son  activité concerne les races allaitantes avec des programmes de sélection pour partie financés par les exportations.

Bruno Pount est le directeur de Auriva Elevage. Cette nouvelle structure s’étend sur 32 départements, depuis les Pyrénées jusqu’aux Alpes. Elle regroupe 10 coopératives de mise en place adhérentes à un ou plusieurs programmes de sélection.
© Equivox
Qu’est-ce qui a motivé la mise en place de Auriva Elevage ?
Bruno Pount - Continuer à servir au mieux les éleveurs dans un contexte économique plus difficile ! Sur notre zone, nous sommes confrontés à une baisse du nombre d’inséminations. Cela concerne principalement l’activité « laitière » avec un recul du nombre d’élevages dans un large sud-ouest. L’actuelle crise du secteur laitier est venue aggraver une érosion déjà latente. Pour Midatest comme pour Ucear, se posait également la notion de taille critique afin de pouvoir conserver des capacités financières suffisantes. C’est une nécessité pour investir, notamment dans les programmes génomiques. Quand on se regroupe, on a aussi accès à un volume de données techniques plus important permettant une évaluation des reproducteurs plus fiable et plus précise.

Autre aspect essentiel, cette union permet d’être dans une position plus confortable pour négocier alliances et partenariats. Enfin, cela permet d’être plus attractif pour attirer les compétences de nouveaux collaborateurs, sans les laisser partir chez nos concurrents…

Comment évolue l’activité ?
B.-P. - L’activité annuelle de Auriva concerne sur la zone des coopératives adhérentes un total de 822 000 IAT réalisées pour les trois quarts sur des laitières et le quart restant sur des allaitantes. La moitié des doses utilisées proviennent de taureaux de races laitières. Le reste se partage équitablement entre l’activité croisement et l’activité allaitante en race pure.

Nous avons enregistré ces dernières années une belle progression pour l’Aubrac et la Gasconne, tant pour la partie race pure que croisement. Pour les autres allaitantes c’est la stabilité ou une légère augmentation.

Auriva conduit plusieurs programmes spécifiques pour le croisement (Excellence Charolais, Inra 95, Blond ), ne se font-il pas concurrence ?
B.-P. - Sur ce créneau, notre premier concurrent est le Blanc Bleu. On ne peut anticiper ce qui se passera dans 10 ans, mais pour l’instant, conduire ces différents programmes n’est pas un handicap sur le plan commercial, d’autant qu’ils correspondent sur notre zone à des habitudes d’utilisation. La gamme Excellence Charolais est très utilisée sur les Montbéliardes d’Auvergne Rhône-Alpes alors que l’Inra 95 l’est davantage sur les Prim’Holstein du Sud-Ouest. Qui plus est, ce marché du croisement connaît actuellement une embellie. Elle résulte du développement de l’utilisation de semence sexée lequel se traduit par une demande accrue en génétique « croisement ». Proposer une gamme complémentaire est un atout sur un marché en progression.
Les ventes à l’exportation sont importantes pour  financer une partie des programmes de sélection. Comment évoluent-elles ?
B.-P. - L’an dernier, les ventes vers le hors zone et l’export (dans plus de 50 pays) ont représenté pour Auriva 48% du total de l’activité. À l’image de ce qui se passe en France, le recours croissant aux paillettes sexées dans tous les pays producteurs de lait dynamise les ventes pour la génétique « croisement ».

Pour les semences destinées à être utilisées sur des troupeaux allaitants, les marchés évoluent positivement, mais beaucoup reste à faire. Sur ces marchés, nos principaux concurrents sont l’Amérique du nord. En allaitant, ces pays essayent de faire avec l’Angus ce qu’ils ont fait par le passé avec la Holstein dans les cheptels laitiers.

L’Angus est souvent considérée par les sélectionneurs français comme avant tout promue par le « marketing ». N’est-ce pas réducteur ?
B.-P. - Si ce n’était qu’une race « marketing », le moins que l’on puisse dire est que c’est un marketing réussi car efficace ! L’Angus correspond à un créneau de marché de par ses qualités maternelles, le persillé de sa viande, son format et la dimension de ses carcasses. Qui plus est, ses promoteurs ont du savoir-faire pour mettre en avant ces atouts.

En France, nous avons de belles races allaitantes, avec des spécificités très intéressantes, dont la génétique est déjà beaucoup exportée. Pour développer encore leurs ventes, nos races doivent correspondre aux attentes des nouveaux marchés visés. Cela pose de vraies questions sur leurs objectifs de sélection. A-t-on besoin en France du type d’animaux plébiscité sur ces marchés export ? Est-on prêt à faire en sorte que les animaux sélectionnés pour l’export aient des caractéristiques différentes de celles recherchées en France ? Auriva fait tout pour aborder ces sujets de façon collégiale et concertée avec les différents organismes de sélection avec lesquels nous travaillons.

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