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"J’ai adapté mon système fourrager aux évolutions du climat"

Système fourrager diversifié, contractualisation d'achats de luzerne sur pied et retenue collinaire pour l'abreuvement des bovins : Marc Dumas, éleveur dans la Loire, a fait évoluer son exploitation. 

Marc Dumas, 28 vaches laitières pour 195 000 litres de lait en bio sur 43 ha de SAU à Saint-Symphorien-en-Lay, dans la Loire.
Marc Dumas, 28 vaches laitières pour 195 000 litres de lait en bio sur 43 ha de SAU à Saint-Symphorien-en-Lay, dans la Loire.
© Y. Péchuzal

« J’ai transmis mon exploitation à mon fils en fin d’année dernière. Elle se situe à 500 mètres d’altitude avec des sols séchants, peu profonds sur roche mère granitique. Déjà habitué aux coups de sec en été, j’ai constaté depuis quelques années une fréquence accrue de printemps précoces souvent contrecarrés par des gelées tardives.

La conversion bio en 2011 s’est traduite par un recours accru aux légumineuses. Avec un tiers de surfaces labourables et à peine la moitié récoltable, je dois jongler entre des parcelles à rotation rapides (céréales, maïs, association ray-grass hybride et trèfle violet) et d’autres à rotation plus longue : méteil (triticale, avoine, blé et pois fourrager), sorgho, RGH-TV-fétuque. Le maïs (3 à 4 ha/an) bien que coûteux et aléatoire côté rendement permet avec le fumier de se passer d’azote minéral. Avec des vêlages d’automne c’est un fourrage intéressant en début de lactation. J’avais fait un essai de semis de soja avec le maïs pour apporter de la protéine directement dans l’ensilage mais il n’a pas été concluant. Je préfère produire la protéine avec la luzerne et le trèfle.

J’ai contractualisé depuis 2014 des achats complémentaires de fourrages avec une ferme céréalière bio de la plaine située à 22 km, qui inclut de la luzerne et une association trèfle et luzerne dans ses rotations. Cet achat de fourrages sur pied est passé de 4 à 8 ha en 2017. La première coupe est enrubannée et les deux suivantes sont fanées pour un rendement total qui oscille entre 6 et 9 tMS/ha réglés à prix fixe de 380 euros/ha. Je faisais moi-même la fauche et le fanage et je délègue le pressage et l’enrubannage à une ETA. Cela me revenait l’an dernier à 110 euros la tonne (hors main-d’œuvre) pour un foin bio d’excellente qualité.

Face aux évolutions du climat j’ai réalisé en commun avec un éleveur voisin, qui est aussi mon frère, une réserve collinaire de 700 m2. Grâce à une pompe et 1,4 km de canalisation cela permet d’abreuver un total de 30 vaches laitières et 70 vaches allaitantes et le renouvellement et nous évite de nombreuses heures de tracteur pour véhiculer les tonnes à eau. En revanche, on a laissé tomber un projet d’irrigation. »

 

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