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Dominique Langlois, président d'Interbev
« Formaliser les pratiques et engagements sur le bien-être animal »

L'interprofession viande bovine n'est pas hostile à la mise en place d'un contrôle vidéo en abattoir et se déclare prête à toute évolution des pratiques d'abattage rituel. Toutefois à certaines conditions...

Dominique Langlois est président d'Interbev, l'interprofession bétail et viandes, et président de SVA à Vitré (Ille-et-Vilaine).
© Interbev
Le rapport de la commission d'enquête parlementaire sur les conditions d'abattage prône la création d'un comité national d'éthique. Que pensez-vous de cette annonce ?
D. L. - Interbev est favorable à la création d’un comité national d’éthique. L’interprofession est par ailleurs en réflexion sur l’élaboration d'une « charte éthique » qui permettrait de mettre en évidence les bonnes pratiques existantes et les démarches de progrès qui répondent à la fois aux attentes sociétales et aux besoins des professionnels.
Quelle est la position d'Interbev sur la mise en place, qui pourra être rendue obligatoire par une loi, d'un contrôle vidéo ?
D. L. - C'est pour l'instant seulement une proposition de cette commission d'enquête. Interbev n’y est pas opposée mais il est nécessaire avant tout que le droit à l'image soit respecté et que les syndicats de salariés donnent leur accord. Il faut aussi que l'accès aux images soit parfaitement sécurisé. Par ailleurs, le contrôle vidéo doit être également à vocation pédagogique, dans l'objectif de sensibiliser le personnel aux bonnes pratiques. C'est pourquoi nous souhaitons qu'une expérimentation dans un ou deux abattoirs soit mise en place pour bien appréhender tous ces aspects. Si l’expérimentation montre que ce dispositif n’est pas pertinent ni efficace, il faudra considérer alors que cette proposition n’était pas adéquate.

Concernant la présence des services vétérinaires au poste d’abattage, nous y sommes favorables à condition qu’ils soient présents dans tous les abattoirs sans exception, quelle que soit la taille. Nous pensons que l'objectif recherché sera aussi atteint avec des lanceurs d'alerte au statut « institutionnalisé ».
C'est pourquoi il faut absolument que la loi Sapin permette de renforcer ce statut de lanceur d'alerte, dont pourront bénéficier les responsables de protection animale en poste dans tous les abattoirs. Il devra leur donner la protection juridique et aussi l'obligation de dénoncer des pratiques qui ne seraient pas en accord avec le respect du bien-être animal.

Le rapport détaille de nombreuses préconisations pour renforcer la formation des salariés. Qu'en pensez-vous ?
D. L. - Nous sommes responsables, et il existe déjà un système solide de formation des salariés, indispensable notamment pour ceux qui manipulent les animaux. Les professionnels de la filière sont toutefois favorables à une formation professionnelle continue à toutes les personnes réalisant des opérations d’abattage ou opérations annexes avec évaluation périodique des opérateurs.
Le rapport propose de faire évoluer la réglementation concernant l'abattage rituel en ouvrant les choix possibles. Cette approche vous satisfait-elle ?
D. L. - La position prise à l'unanimité par l'interprofession est de se déclarer prête à toute évolution des pratiques d'abattage rituel, que ce soit avec l'étourdissement réversible ou l'étourdissement post-jugulation. Mais ceci à condition que l’État l'impose, et que les représentants des cultes soient d'accord. Ce débat doit être introduit avec plusieurs précautions. D'abord dans le contexte électoral actuel, nous ne tomberons pas dans le piège qui consisterait à laisser s'inviter dans le débat des ambitions politiques qui ne sont pas strictement liées au bien-être animal. Aujourd'hui, l'abattage rituel représente 14 % des abattages nationaux. Et les marchés à l'export sur pays tiers portent à plus de 90 % sur des animaux abattus rituellement.
« Nous ne laisserons pas s'inviter dans le débat des ambitions qui ne sont pas strictement liées au bien-être animal »

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