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FNB : « Retrouver un commerce fluide pour les bovins vaccinés contre la DNC »

Retrouver des conditions facilitant la mise en marché des bovins situés dans les zones vaccinales DNC est une priorité pour la FNB. Une table-ronde sur ce thème était organisée par le syndicat dans le cadre de son congrès le 4 février. 

congrès FNB Cournon 4 février 2026
"Entre le sanitaire et l’économique, il faut trouver le juste équilibre", a présenté Patrick Bénézit au congrès de la FNB à Cournon, le 4 février, entouré de Michel Fénéon, vice-président de la FFCB, Marie-Christine Le Gal, directrice adjointe de la DGAL et cheffe des services vétérinaires et Philippe Dumas, président de la coopérative Sicarev.
© S.Bourgeois

En congrès à Cournon (Puy-de-Dôme) les 4 et 5 février 2026, la Fédération nationale bovine (FNB) a rassemblé autour d’une table-ronde Marie-Christine Le Gal, directrice adjointe de la DGAL et cheffe des services vétérinaires,  Michel Fénéon, vice-président de la fédération française des commerçants en bestiaux (FFCB), et Philippe Dumas, président de la coopérative Sicarev. 

Lire aussi : DNC : Une nouvelle instruction technique de la DGAL est publiée

« Il est important de trouver des solutions pour qu’il y ait du commerce depuis les zones vaccinales sur le marché français et à l’export », a lancé Patrick Bénézit, président de la FNB. Des accords bilatéraux ont été obtenus avec notamment nos deux principaux partenaires que sont l’Italie et l’Espagne à force de grands efforts de diplomatie sanitaire. Mais sur le terrain, même si de premiers camions de broutards ont pu prendre la route depuis décembre vers l’Italie, de nombreuses difficultés pratiques sont rencontrées par les opérateurs. 

Export vers l'Espagne à partir de la zone vaccinale I du Sud-Ouest 

« Par exemple, un centre d’allotement situé en zone vaccinale ne peut pas recevoir de broutards non vaccinés. Les camions ne peuvent pas transporter ensemble des broutards vaccinés et des non vaccinés même si leur destination est le même élevage », pointe Michel Fénéon. 

« Nous travaillons commune par commune et jour après jour, avec la liste de celles qui remplissent les conditions pour sortir les bovins de la zone vaccinale. C’est un vrai micmac », explique Philippe Dumas. 

Lire aussi : Bilan de la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : stratégie vaccinale, dépeuplements, mouvements illicites, indemnités, que préconise le Sénat ?

« Nous avons arraché ces accords, et nous continuons quotidiennement à négocier pour faire évoluer leurs conditions » a assuré Maris-Christine Le Gal. D’ailleurs ce 5 février, Annie Genevard a annoncé devant le congrès de la FNB que l’Espagne accepte désormais les bovins issus de la zone vaccinale I (vaccination préventive) du Sud-Ouest. 

Les professionnels saluent unanimement ces accords bilatéraux. Sans eux, le recouvrement du statut indemne de dermatose nodulaire contagieuse serait obtenu au plus tôt 14 mois après la dernière vaccination. Ils appellent cependant à retrouver davantage de logique économique. 

Dans le cas le moins défavorable, des broutards sont restés bloqués trois mois. Dans le Pays de Gex (Ain), cela a duré sept mois, de juillet 2025 à janvier 2026. Il y aurait autour de 50 000 broutards encore présents en zones vaccinales, en attente d’un débouché. 

Travail quotidien de diplomatie sanitaire 

Pour Patrick Bénézit, « après les efforts massifs qu’ils ont supporté pour juguler l’épidémie, ces éleveurs méritent vraiment qu’on trouve des solutions pour leurs animaux. Et il n’y a aucune raison pour que les broutards vaccinés contre la DNC soient dépréciés sur le marché ». Le blocage de deux semaines de tout mouvement en octobre avait induit une baisse temporaire du prix des broutards de 30 à 40 centimes. 

Le maximum a été fait d’abord pour replacer des petits veaux laitiers et des broutards au sein de leur zone vaccinale quand des places se libéraient, mais un certain nombre d’élevages dans ces territoires n’ont pas de stocks fourragers ni de place en bâtiment. Ces blocages perturbent d’ailleurs par ricochet d’autres flux, comme l’envoi de maigre du Centre vers l’Ouest, et il y a davantage d’export que d’habitude à partir de la zone indemne.

Les intervenants ont expliqué à l’occasion de cette table-ronde qu’un vent de panique avait soufflé sur les marchés de la viande au moment de l’épidémie de DNC. « Les bons messages ont été passés sur l’innocuité de la viande de bovins issus des zones réglementées et vaccinales. Après l’expression d’inquiétudes de la part de nos clients européens pour de la viande de jeune bovin et aussi de certains distributeurs français, les transactions ont repris », relate Philippe Dumas. 

Pour les bovins vifs, le retour de la confiance est plus long. « Les autres pays ne sont pas obligés d’accepter les bovins vaccinés contre la DNC même s’ils respectent toutes les conditions demandées », rappelle Marie-Christine Le Gal. En Italie, avec un fort effectif de vaches laitières à proximité des ateliers d’engraissement, une pression intérieure s’exerce probablement pour freiner la reprise des échanges avec la France. 

Les ventes de bovins vifs sur pays tiers sont toujours au point mort. « Le Maroc a fermé ses portes au premier cas de DNC car il exige que le pays soit indemne de DNC sur tout son territoire national », relève Michel Fénéon. Cela a impacté le commerce de broutards et surtout pour 2025 celui de génisses laitières. « On est toujours en discussion avec les autorités marocaines à ce jour. » « Nous menons des négociations avec beaucoup d’autres pays », précise Marie-Christine Le Gal. 

 

 

 

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