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« Du sorgho dans de bonnes terres pour les mères »

Au Gaec de la Palisse, le sorgho a trouvé sa place sur des terres à bon potentiel, en complément de maïs, ray-grass et prairies naturelles. Il assure les deux tiers de la ration de base d’un des lots de vaches allaitantes.

Joël et Sébastien Boudot du Gaec de la Palisse. "Le sorgho est semé derrière un RGI de deuxième année." © Gaec de la Palisse
Joël et Sébastien Boudot du Gaec de la Palisse. "Le sorgho est semé derrière un RGI de deuxième année."
© Gaec de la Palisse

Depuis dix ans, six hectares de sorgho ensilage sont cultivés chaque année au Gaec de la Palisse, à Étang-sur-Arroux, en Saône-et-Loire par Joël, Danièle et Sébastien Boudot. « Cette plante donne en quatre mois un ensilage riche, dont les caractéristiques alimentaires s’agencent bien dans une ration pour vaches allaitantes, expliquent les éleveurs de Charolaises. Nous obtenons en année normale des rendements de 15 à 18 tMS/ha. » Le Gaec de la Palisse dispose de terres limoneuses drainées, assez homogènes et profondes, à bon potentiel (75 à 80 qx en blé). Joël Boudot s’est intéressé au sorgho en cherchant une culture apte à suivre un ray-grass italien de deuxième année, qui est ensilé entre le 20 et le 25 mai. « Il est alors trop tard pour semer un maïs. Le maïs est semé début mai, derrière le ray-grass de première année qui est ensilé fin avril. Par contre, c’est le bon moment pour semer un sorgho. » Le sorgho est ensuite suivi en général d’un triticale.

Joël Baudot a d’abord utilisé des variétés assez productives, non BMR, pour assurer du stock. Depuis trois ans, il s’est tourné vers celles pouvant garantir la meilleure valeur alimentaire pour son ensilage de sorgho. Pour ceci, il a choisi deux variétés BMR qu’il sème en mélange dans la même parcelle (un tiers d’une variété à très forte valeur alimentaire « mâle stérile » et deux tiers d’une variété un peu plus orientée sur le rendement « photopériode sensible »). « Une parcelle avait versé après un coup de vent en septembre il y a quelques années. Ce n’est plus arrivé depuis », observe l’éleveur. Joël Boudot choisit les variétés les plus précoces avec ces caractéristiques, il trouve que la somme des températures est un peu juste pour le sorgho chez lui.

Variétés BMR « mâle stérile » et « photopériode sensible »

Ne disposant pas d’un semoir monograine, l’éleveur utilise un semoir à céréales et applique une densité élevée pour compenser la perte à la levée. Vingt-cinq tonnes de fumier sont apportées après l’ensilage du ray-grass, et la fertilisation minérale azotée est de 90 unités. Depuis deux ans, un nouveau produit étant autorisé sur sorgho, le désherbage chimique est réalisé en prélevée avec une attention toute particulière sur le dosage, car le sorgho est très sensible. « C’est une solution très efficace, il n’y a plus du tout de concurrence pour la levée du sorgho. » Auparavant, le désherbage n’était pas satisfaisant. L’ensilage devant intervenir avant que les premiers risques de gel ne se présentent vers le 10 octobre. Le chantier d’ensilage intervient donc en général fin septembre, à un tMS de 25 à 30 %. L’éleveur s’applique à réaliser le chantier l’après-midi, quand il n’y a plus de rosée, pour favoriser le taux de matière sèche de l’ensilage. « Cette année, le sorgho a été récolté à 27-28 % MS. Nous n’avons pas d’écoulement de jus au silo. L’ensilage se conserve vraiment très bien. Il est aussi toujours très appétent. »

Une perte de rendement de 20 % cette année

L’éleveur juge ce fourrage très bien adapté à la construction d’une ration pour vaches allaitantes, avec les autres fourrages dont il dispose. « Je ne pourrais pas distribuer 25 kilos d’ensilage de maïs à des vaches allaitantes. » Le sorgho entre au menu du lot des vaches vêlant au milieu de l’hiver (lire encadré). L’autre moitié, qui vêle en novembre et décembre, est nourrie avec une ration à base d’ensilage d’herbe, d’ensilage de maïs et d’enrubannage de prairies naturelles. Les taurillons vendus maigres à 15-16 mois reçoivent un peu d’ensilage de maïs et d’ensilage d’herbe.

Cette année, le sorgho a souffert car il n’y a eu aucune pluie sur les quatre mois de son cycle. Il a perdu environ 20 % en rendement, sa valeur alimentaire est restée stable. Autre intérêt non négligeable aux yeux de l’éleveur, le coût de production du sorgho est d’au moins 100 euros de moins par hectare que celui du maïs.

Chiffres clés

- 225 ha de SAU dont 160 de prairies permanentes, 25 de prairies temporaires, 9 de maïs ensilage, 6 de sorgho ensilage, 25 de céréales
- 150 vêlages de Charolaises dont la moitié en fin d’été et la moitié en hiver
- vente de broutards à 10 mois, de taurillons maigres à 15-16 mois, de génisses et vaches de réforme finies

Une valeur énergétique stable, autour d’1 UFL/kg MS

• L’ensilage de sorgho est distribué à un lot de 75 vaches vêlant en hiver, qui sont rentrées en stabulation début décembre. La ration se compose de 20 à 25 kg bruts d’ensilage de sorgho, 8 kg d’ensilage de maïs et 4 kg d’enrubannage de prairies naturelles. Selon les résultats d’analyse des fourrages, de 500 g à 1 kg de correcteur azoté sont ajoutés. « Cette ration fonctionne bien, les vaches sont en forme et restent bien propres », considère Joël Boudot.
• L’analyse de l’ensilage de sorgho a été réalisée cette année avec « la bonne équation » et comme annoncé par le semencier Semental, la valeur énergétique atteint 1 UFL/kg MS. L’intérêt de ce fourrage aux yeux de l’éleveur est aussi que sa composition, et donc sa valeur alimentaire, varie peu d’une année à l’autre, étant constitué presque uniquement de feuilles. Son ensilage de maïs ne contient que 17 % d’amidon cette année, contre 30 % d’habitude. « Nous avons acheté du maïs grain à ensiler dans le sud de notre région, qui lui est à 32 % d’amidon. Nous allons le mélanger avec le nôtre pour constituer des rations homogènes sur tout l’hiver », explique Joël Boudot.
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