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Des repères pour la complémentation hivernale des veaux d’automne

La complémentation hivernale des broutards en bâtiment doit se situer entre 1 et 1,5 kg de concentré par 100 kg de poids vif. Ceci permet une croissance optimale, qui ne détériore pas les performances des veaux ensuite au pâturage. Bilan de trois ans d’essais à la ferme de Jalogny.

broutards charolais
© F. Alteroche - archives

Le bilan de l’expérimentation menée à la ferme de Jalogny en Saône-et-Loire sur trois hivers vient d’être publié. Deux niveaux de complémentation hivernale en bâtiment ont été comparés pour des veaux mâles charolais nés à l’automne (en septembre dans cet essai). Le niveau « bas » correspond à 1 kg de concentré par 100 kg de poids vif, et le niveau « haut » à 1,5 kg de concentré par 100 kg de poids vif. Le concentré distribué en bâtiment est un mash fermier composé de 50 % d’orge aplatie, 25 % de pulpes de betteraves déshydratées, 23,5 % de tourteau de colza et 1,5 % d’AMV 3-25 (88 % MS, 1,02 UFL et 114 PDIN/E). Après la phase hivernale, les veaux sont tous conduits en pâturage tournant ensemble, avec une complémentation distribuée au nourrisseur (50 % d’orge aplatie, 48,5 % de pulpes de betteraves déshydratées et 1,5 % d’AMV 3-25, soit 12 % de MAT), jusqu’à leur sevrage en juin.

Avec les deux conduites, les objectifs sont atteints : les veaux pèsent tous un bon 400 kg en juin au moment du sevrage. En moyenne sur trois ans, les veaux du lot « bas » ont consommé 456 kg bruts de concentrés de la naissance au sevrage, contre 541 kg pour les veaux du lot « haut ». La conduite au niveau « bas » permet donc une économie de 85 kg de concentrés par tête. La croissance moyenne des animaux du niveau « haut » en bâtiment est de 132 g/j supérieure à celle de ceux du niveau « bas », ce qui leur donne un poids moyen supérieur de 14 kg à la mise à l’herbe. Ceux du lot « bas » réalisent une croissance un peu meilleure au pâturage qu’eux. Finalement au sevrage, les veaux du niveau « haut » et ceux du niveau « bas » ont un poids moyen qui est équivalent sur le plan statistique sur les trois années d’essai (432 kg pour les veaux du niveau « haut » et 425 kg pour les veaux du niveau bas).

Des résultats économiques équivalents pour les deux niveaux

Un effet « année » a été mis en évidence sur le poids en fin de période hivernale et sur le GMQ de la naissance au sevrage, ainsi que, de façon moins marquée, sur le GMQ au pâturage et sur le poids au sevrage.

Cette expérimentation montre que le niveau « bas » est suffisant pour produire des broutards de 400 kg de poids vif au sevrage fin juin. Sur le plan économique, la marge sur coût alimentaire des deux lots varie selon l’année. Mais si on fait le bilan statistique de l’ensemble de l’essai, la marge sur coût de concentrés reste très proche entre la conduite en niveau "haut" et la conduite en niveau "bas". En effet, la marge est meilleure pour le lot « haut » en moyenne de 10 euros. Le lot « bas » permet d’économiser en moyenne 20 euros de concentrés par tête. Ces résultats économiques ont été obtenus en prenant le même prix de vente au kilo des animaux dans les deux lots, lié à la conjoncture de l’année de l’essai, et un prix de concentrés lui aussi lié à la conjoncture de l’année de l’essai.

Cet essai met aussi l’accent sur l’importance d’une bonne gestion de l’alimentation des mères, pour qu’elles expriment tout leur potentiel laitier. Les performances des deux lots s’expliquent d’abord par la bonne production laitière des mères. Les croissances au pâturage ont été variables en fonction des conditions climatiques de l’année, mais l’objectif de croissance de 1 300 g/j de la naissance au sevrage a été atteint pour tous les lots.

Un niveau de croissance hivernale à ne pas dépasser

Des expérimentations avaient été conduites précédemment à la ferme expérimentale de Jalogny sur ce type de veaux. Ils sont destinés à fournir des broutards de 380 à 400 kg vifs pour le marché italien entre mai et juillet, à un moment où l’offre est déficitaire. Ces expérimentations ont permis de définir la composition du mash fermier distribué l’hiver en bâtiment, dont la formule est sécurisée. Elles ont aussi permis de constater qu’il y a un niveau de croissance hivernale à ne pas dépasser, pour ne pas ensuite observer de contre-performance pendant les trois mois de pâturage qui suivent la phase en bâtiment. Dans cet essai, les veaux recevant le niveau de complémentation « haut » consomment 4 kg par jour de mash fermier en fin de période hivernale, et 3 kg par jour de concentrés au nourrisseur au moment de leur sevrage.

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