Aller au contenu principal

Des références sur la production laitière des Limousines en vêlage d’automne

À la ferme expérimentale de Thorigné d’Anjou, la production laitière a été mesurée sur des Limousines en vêlage d’automne. Cela a permis de réactualiser les références. Cet essai n’a pas mis en évidence d’effet du régime alimentaire sur la production laitière, en comparant deux rations économes composées de fourrages. 

Pendant trois ans, un essai mené à Thorigné d’Anjou, dans le Maine-et-Loire, a comparé les performances de vaches en fonction de deux régimes alimentaires. « L’essai portait sur des vaches en vêlage d’automne pendant la phase de reproduction, c’est-à-dire au moment où les besoins sont les plus forts pour la lactation, la reprise de la cyclicité, et la croissance des primipares », explique Julien Fortin, responsable de la ferme expérimentale. Les vêlages se déroulant sur septembre et octobre, la période de reproduction va du 15 novembre au 15 janvier. Au total, 90 lactations de Limousines ont été modélisées. « Nous avons testé deux rations économes, produites en autonomie sur la ferme. » La première est à base de foin : foin de luzerne et foin de prairie à flore variée. La seconde associe foin de luzerne et ensilage d’une association de céréales et protéagineux. Ces deux rations apportaient la même quantité d’UF (autour de 10 UFL) et la même quantité de PDI. Les animaux étaient rationnés de manière à satisfaire leurs besoins stricts selon les recommandations Inra en fonction de leurs caractéristiques. À partir de la valeur des fourrages, la complémentation était ajustée. " Avec de bons fourrages, il est possible de s'affranchir d'une complémentation, même pour ces animaux à forts besoins. C'était le cas en 2015-2016 ", constate Julien Fortin (voir tableau).

Les expérimentateurs ont mesuré la production laitière, la note d’état corporel des vaches, et la croissance des veaux. Ces derniers avaient du foin à disposition et recevaient une complémentation rationnée à, au maximum, deux kilos par jour (deux tiers triticale-pois et un tiers féverole). Les deux kilos étaient atteints à partir du mois de janvier.

7,5 litres de lait par jour en moyenne 70 jours après le vêlage

L’Inra avait produit des références récentes pour des Limousines en vêlage de fin d’hiver(1), mais cet essai permet de réactualiser les références sur la production laitière en vêlage d’automne. « Soixante-dix jours après le vêlage, la production est de 7,5 litres de lait par jour en moyenne. » Le troupeau de Thorigné d’Anjou se situe en ALait légèrement au-dessus de la moyenne de la race avec 100,7 de moyenne (contre 100 pour la moyenne de la race). « On estime que le pic serait situé entre 30 et 40 jours après vêlage. Il n’est pas très utile de le mesurer car à ce moment, le veau n’a pas la capacité d’ingérer tout le lait produit », explique Julien Fortin. « Par contre, ce qui est recherché en élevage allaitant est la persistance de lactation. Or, elle s’est révélée plutôt faible : la production laitière baisse assez vite et se situe à 6 l en moyenne à 130 jours de lactation, et 5 litres à 170 jours de lactation. » Les primipares sont nettement en-dessous des multipares avec en moyenne 1 litre de moins produit par jour. « On connaissait déjà ce phénomène mais cet essai permet de quantifier l’écart entre primipares et multipares. »  

La production laitière n’a pas été différente selon le régime alimentaire. La note d’état corporel des vaches n’a pas évolué pendant l’essai, et ceci pour les deux régimes. Cela illustre que ces deux rations répondent aux besoins des vaches, et a priori que les recommandations Inra sur lesquelles elles ont été construites sont adaptées aux troupeaux d’aujourd’hui. Les performances de reproduction ont été très bonnes et identiques pour les deux lots de vaches. Concernant les performances des veaux, l’essai n’a pas non plus mis en évidence de différence selon la ration des mères. Leurs croissances ont été similaires au niveau statistique (moyenne 1 147 g/j).

Des niveaux de production laitière très variables d’une vache à l’autre

Les mesures ont mis en évidence une hétérogénéité importante de la production laitière au sein d’un lot de vaches, avec certaines à plus de 10 litres quand d’autres sont à 3 ou 4 litres. « L’Inra a montré qu’il n’y a pas de substitution entre le lait bu et les aliments proposés aux veaux : c’est toujours le lait qui est privilégié par rapport aux fourrages ou aux concentrés, explique Julien Fortin. Une quantification précise des quantités d’aliments ingérés par les veaux permettrait de mesurer l’impact réel de la production laitière sur leurs performances individuelles. » Il faudrait, pour pouvoir approcher ce niveau de conduite, être équipé d’un DAC (distributeur automatique de concentrés). Ceci ouvrirait le champ sur une approche individuelle du lien entre alimentation de la mère, production laitière et croissance du veau. La ferme expérimentale de Thorigné a d’ores et déjà entamé d’autres investigations sur la production laitière pour trois ans. Elle évaluera en particulier l’effet de la mise à l’herbe pour les vaches en vêlage d'automne sur la production de lait. « Ensuite, nous souhaitons poursuivre avec la méthode mise au point par l’unité expérimentale Herbipôle du centre de recherche Inra Auvergne-Rhône Alpes : des « autopesées » des veaux en continu, à partir desquelles un modèle permet d’évaluer la production laitière des vaches. »

(1) Voir Réussir Bovins viande, février 2016, p.40, et 3R 2015, InraClermont/Theix : caractérisation de la production laitière des vaches allaitantes

Peser le veau avant et après la têtée

La méthode utilisée pour cet essai est celle validée par l'Inra. Elle consiste en des pesées du veau avant et après la têtée, pour estimer la quantité de lait qu’il a bue. Les veaux sont séparés des mères un soir, après une têtée, et pour une période de 24 heures. Pendant ces 24 heures, ils effectuent deux têtées espacées de 12 heures. Ce contrôle laitier a été répété trois fois dans l’hiver, à des stades correspondant en moyenne à trois mois de lactation, cinq mois de lactation et six mois de lactation.

Les plus lus

<em class="placeholder">bâtiment limousines contention</em>
Astuce d’éleveur : « J’ai aménagé un box d’isolement entre deux barrières »
Stéphane Jacobi, éleveur de limousines en Moselle, a créé un box d’isolement entre deux barrières qui étaient là à l’origine pour…
<em class="placeholder">Taureau parmi les vaches pleines et suitées au Gaec de la Blonde, où la reproduction est conduite en monte naturelle.</em>
Elevage bovin : Bien comprendre la consanguinité
Présente dans tous les élevages, la consanguinité est un phénomène inévitable. Longtemps utilisée pour homogénéiser les animaux,…
agrivoltaïsme éleveur prairie
Agrivoltaïsme : Déjà un an de recul avec des limousines sous les panneaux dans la Vienne

Avec son démonstrateur agrivoltaïque de près de 5 000 m² dans la Vienne, la société Valeco veut prouver qu’il est…

<em class="placeholder">éleveur dans sa parcelle de switchgrass en deuxième année, Lot</em>
Élevage bovins viande : « Je cultive 1,8 ha de switchgrass pour compléter ma paille de céréales pour la litière »

Éleveur de limousines dans le Lot, Rémy Vermande récolte cet hiver pour la première fois son switchgrass (panic érigé) semé en…

race bovine Créole infographie
Élevage bovin dans les départements d’outre-mer : Des races taillées pour les tropiques

Dans les départements d’outre-mer, les choix génétiques des éleveurs pour la Brahman, les races créoles, les zébus et les…

Susana Ciscares, à la tête d'un troupeau de 70 vaches limousines. « Je ne suis pas 'écolo' mais j’aime travailler en harmonie avec la nature et j’estime aujourd’hui ...
Élevage bovins viande : « Je bénéficie de paiements pour services environnementaux »

Depuis 2018, les paiements pour services environnementaux (PSE) rémunèrent les modèles agricoles vertueux. L’Agence de l’eau…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande