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Bovins Viande : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière viande bovine dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches al

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A la ferme de Thorigné : des bœufs lourds, jeunes et bien finis

Dans le Maine-et-Loire, une bonne partie des veaux limousins nés la ferme expérimentale bio de Thorigné d’Anjou sont finis en bœufs gras et abattus à un peu plus de trente mois.

Il est possible de produire en agriculture biologique des bœufs limousins d’environ trente mois en obtenant des carcasses à la fois lourdes et correctement finies. Les travaux menés à la ferme expérimentale de Thorigné d’Anjou, dans le Maine-et-Loire en apportent la démonstration. Le cheptel a une orientation génétique mixte viande et le poids moyen de carcasse des réformes est de 450 kg. Une partie des veaux sont castrés et permettent actuellement de produire 16 bœufs chaque année : 8 pour chaque période de vêlages. « Les veaux retenus sont les plus prometteurs sur les volets croissance et pointage. Ce sont le plus souvent des veaux de multipares sans pour autant exclure ceux de primipares », précise Julien Fortin en charge du suivi technique de cette ferme expérimentale. La conduite de ces deux lots est forcément légèrement différente compte tenu des dates de naissance mais repose dans les grands principes sur de bonnes croissances sous les mères avec ensuite la volonté de maximiser la part des kilos pris au pâturage.

Le troupeau est en contrôle de performance. « Les croissances sous la mère sont élevées : 1 220 g/j pour les veaux nés au printemps et 1 235 g/j pour ceux nés à l’automne », précise Julien Fortin. Les premiers n’ont aucune complémentation sous la mère. Pour les seconds, elle se limite à une moyenne de 1,2 kg de mélange fermier/veau/jour en période d’hivernage, de la mi-novembre à la mi-mars. Ces niveaux de croissance élevés jusqu’au sevrage s’expliquent par les bonnes productions laitières des mères et par l’effet « mâle entier » dans la mesure où ces futurs bœufs ne sont castrés qu’au moment du sevrage. Comme dans la plupart des productions reposant d’abord sur une bonne valorisation de l’herbe et plus particulièrement de l’herbe pâturée, l’objectif est d’alterner des croissances élevées (plus de 800 g/j) en période de pâturage puis plus modestes (autour de 500 g/j) en période d’hivernage. À la belle saison, chaque lot de 8 bœufs est conduit en pâturage tournant. « Au printemps, ils disposent de 35 à 40 ares par tête et cette surface passe à près d’un hectare par tête à partir de l’été jusqu’à mi-novembre. »

 

tab bilan des lots de boeufs à la ferme expéirmentale bio de Thorigné d'Anjou

 

Finition en stabulation

De la naissance à 27 mois, date du début de la finition à proprement parler, l’herbe pâturée aura représenté quelque 70 % de la matière sèche totale ingérée par bœuf. Mais qu’ils soient nés au printemps ou à l’automne, ces bœufs sont systématiquement finis en stabulation. Les modalités de leur finition sont très similaires quelle que soit leur date de naissance. Différents types de fourrages (enrubannage de luzerne, mélange céréales + protéagineux + foin de prairie, foin de luzerne) ont été essayés. Cette ingestion de fourrage oscille autour de 7,5 à 8 kg de MS/tête/jour et elle est complétée par 6 kg bruts d’un concentré fermier (triticale + pois) distribué deux fois par jour. De leur naissance jusqu’à leur départ pour l’abattoir, toute l’alimentation des animaux est produite sur place. Le méteil grain est semé sur la base de 300 grains de triticale et 20 graines de pois au mètre carré. La proportion de pois est ensuite variable selon les années (de 10 à 35 %). « Avec le méteil, on connaît la proportion de ce l’on a semé, mais pas de ce que l’on va récolter ! »

Les résultats obtenus en termes de performances animales sont de très bon niveau. Une synthèse pour les trois générations successives de bœufs nés de 2011 à 2013 vient d’être réalisée (lire tableau). Quelle que soit l’année, le GMQ en phase d’engraissement est plus élevé pour les bœufs nés au printemps. Leur finition démarre fin juin après avoir bénéficié d’une phase de « pré-engraissement » au pâturage au moment de la pousse explosive de l’herbe du printemps. Les performances sont moindres pour les lots nés à l’automne et finis en cours d’hiver. Leur durée d’engraissement est rallongée d’un mois pour atteindre des performances similaires. Même si le lot né au printemps est en moyenne abattu à 31,4 mois et le lot né à l’automne à 32,2 mois, les carcasses sont surtout à la fois très lourdes — pratiquement 500 kg — tout en étant suffisamment finies.

 

Mathieu Fortin, responsable de la ferme expérimentale bio de Thorigné d'Anjou

Avis d’expert - Julien Fortin, responsable technique de la ferme expérimentale de Thorigné d’Anjou

« Maintenir l’autonomie alimentaire du système »

« Les résultats obtenus pour les différents lots de bœufs finis à Thorigné ont permis de mieux caractériser les quatre clés de la réussite en bio pour ce type de production. Il convient tout d’abord d’optimiser les niveaux de croissance sous la mère. La conduite alimentaire doit ensuite être économe en hiver puis permettre une croissance maximale par un pâturage bien géré. Enfin, le dernier volet important est de mettre en place une finition adaptée avec de bons fourrages.

Côté rentabilité, une simulation avec arrêt de la production de bœufs, remplacée par des vêlages supplémentaires entraîne une perte de 6 250 euros de marge brute globale à l’échelle du système à UGB constant. L’engraissement de bœufs permet une amélioration de la marge brute globale de 390 euros/bœuf élevé par rapport à un système naisseur. Finir la majorité des mâles en bœufs de 32 mois participe donc à la rentabilité de l’élevage sous réserve toutefois de maintenir l’autonomie alimentaire du système. »

 

En bref

Thorigné d’Anjou

La ferme expérimentale de Thorigné d’Anjou est située au nord d’Angers dans le Maine-et-Loire. Elle est conduite en Agriculture biologique depuis sa création en 1998 et totalise 137 ha de SAU sur sols séchants en été mais hydromorphes en hiver, même si ce dernier est peu marqué. 80 % de la surface est consacrée à la production de fourrage et les 20 % restants à la production de céréales, protéagineux et oléagineux.
Les surfaces sont valorisées par un troupeau de 68 vaches limousines conduites avec une première mise bas à 30 mois et donc une double période de vêlage strictement définie : du 20 août au 1er novembre puis du 1er mars au 1er mai.

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