Aller au contenu principal

Cédric Mandin, FNB : « il faut se focaliser sur les indicateurs de marché »

Cédric Mandin, éleveur en Vendée et secrétaire général de la Fédération nationale bovine, tire le bilan de l’action de retenue en ferme des animaux et trace des perspectives pour la rentrée.

 © C. Mandin
© C. Mandin

Quel bilan tirez-vous de l’action de rétention en ferme des animaux menée au printemps ?

Cédric Mandin - Au sein du conseil d’administration de la FNB, nous avons appelé le 15 avril à retenir le plus possible les animaux dans les élevages. C’était très délicat à mettre en œuvre pour les éleveurs, et nous avons peu d’éléments pour évaluer dans quelle mesure ce mouvement a été suivi. Mais pour le coup, le marché a été impacté, et la communication autour de cette action a permis de rétablir la logique que nous voulons dans nos relations avec l’aval de la filière. Le ministre Didier Guillaume s’est positionné fortement, et a mis dans la balance la survie du troupeau allaitant français. Suite à cela, des échanges bilatéraux ont eu lieu, et ils ont permis de faire passer des hausses du prix de la viande hachée fraîche en grande distribution et en restauration hors domicile. On a vu depuis par répercussion des hausses de cotations. La vache R =, cœur de gamme, a pris 40 centimes en sept semaines et arrive début août au-dessus de 4 euros/kg C.

Cette dynamique est-elle suffisamment forte pour que les élevages s’en sortent ?

C. M. - Cela ne permet pas encore de couvrir le coût de production, qui est de 4,89 euros/kg C pour la vache R =. Mais c’est un grand soulagement pour les éleveurs. Le groupe Bigard fait partie de ceux qui ont participé à améliorer l’équilibre carcasse en augmentant fortement les prix du haché frais. D’autres opérateurs, privés et coopératifs, ont profité de ces hausses sans les répercuter immédiatement aux éleveurs. La situation n’est pas équitable pour les éleveurs en fonction des sites, et nous y sommes très vigilants. On envisage d’avoir recours si cela dure au name and shame.

Y a-t-il une action possible pour faire décoller les cours des jeunes bovins qui restent très bas ?

C. M. - Avec une semaine et demie de retard dans les sorties en moyenne cet été sur la France, cela peut représenter pour certains élevages des ventes avec un mois de retard. La rentabilité est alors inaccessible et ce n’est pas acceptable. Ce retard de sortie perdure déjà depuis plusieurs mois sans que nos marchés exports d’Europe ne permettent de s’en débarrasser. Il va falloir remettre sur la table le plan de filière, et que la contractualisation des jeunes bovins devienne suffisamment pratiquée à l’échelle du pays pour qu’elle régule le marché. À la rentrée, un groupe spécifique sur l’engraissement des jeunes bovins se met en place à la FNB.

Il a été question dans des discussions de cour de ferme d’un surstock de 40 000 jeunes bovins, alors qu’en réalité il n’était à ce moment-là que de 1 500 animaux. Stop aux fausses informations. La FNB diffuse depuis juillet chaque semaine un tableau de bord, avec des indicateurs de marché sur la consommation, les abattages, les cotations, et le stock d’animaux en ferme pour les broutards, femelles et jeunes bovins. Les éleveurs disposent comme ça toujours des informations les plus récentes et les plus objectives pour négocier avec les acheteurs.

Quelles sont les autres actions prévues à la FNB pour la rentrée ?

C. M. - Nous proposons aussi que des groupes d’éleveurs se constituent dans les sections pour partager leurs prix de vente. Nous savons déjà qu’il y a des différences entre régions et entre opérateurs, mais ceci permettra de les chiffrer et de les suivre dans le temps.

Un groupe travaillera d’autre part sur les approvisionnements pour l’alimentation hivernale à cause de la sécheresse subie cette année encore dans une partie des régions.

Et la montée en puissance du label rouge dans le cadre du plan de filière nous mobilisera. Désormais, l’accord interprofessionnel est étendu par le ministère de l’Agriculture : tout animal label rouge doit faire l’objet d’une contractualisation qui permet à l’éleveur de couvrir son coût de production. Il faut que tous les opérateurs se mettent en conformité.

« Stop à l’intox dans les discussions de cour de ferme »

Les plus lus

Neuf races bovines locales développent le contrôle de performances

Les races bovines locales à petits effectifs connaissent une progression démographique depuis les années 80, mais manquent de…

<em class="placeholder">Taureau parmi les vaches pleines et suitées au Gaec de la Blonde, où la reproduction est conduite en monte naturelle.</em>
Elevage bovin : Bien comprendre la consanguinité
Présente dans tous les élevages, la consanguinité est un phénomène inévitable. Longtemps utilisée pour homogénéiser les animaux,…
Susana Ciscares, à la tête d'un troupeau de 70 vaches limousines. « Je ne suis pas 'écolo' mais j’aime travailler en harmonie avec la nature et j’estime aujourd’hui ...
Élevage bovins viande : « Je bénéficie de paiements pour services environnementaux »

Depuis 2018, les paiements pour services environnementaux (PSE) rémunèrent les modèles agricoles vertueux. L’Agence de l’eau…

Viande bovine : les travaux de recherche continuent sur le persillé de la viande

Le persillé de la viande est gage de goût pour les consommateurs. Après la création d’un référentiel visuel pour évaluer ce…

<em class="placeholder">Vente aux enchères Rouge des Prés</em>
Rouge des prés : un taureau adjugé aux enchères à 12 500 euros

La vente de la série 80 de reproducteurs Rouge des Prés évalués à la station de contrôle individuel du Domaine des Rues s’est…

<em class="placeholder">Charly et Christian Marot, éleveurs, avec une génisse Angus</em>
« Des bêtes bien finies et un peu de temps libre », avec des vaches Angus en système bio tout herbe dans les Vosges

Au Gaec du Fourneau, à Vrécourt dans les Vosges, les prairies permanentes représentent l’intégralité des 314 hectares de SAU.…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande