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[Autonomie protéique dans les élevages de ruminants] L’herbe comme levier principal

Les Chambres d’agricultures de Bretagne, de Normandie, de Nouvelle-Aquitaine et des Pays-de-la-Loire se sont réunies autour du projet SiTProTIn afin de consolider les références sur l’autonomie protéique.

Pour plus d’autonomie protéique, l’herbe représente le principal levier plébiscité par les éleveurs de ruminants
© M. Portier

Afin de répondre aux mieux aux besoins des filières d’élevage, les Chambres d’agricultures de Bretagne, de Normandie, de Nouvelle-Aquitaine et des Pays-de-la-Loire avec leurs partenaires (l'Institut de l'élevage, Vegepolys Valley et Seenovia) ont conduit une enquête auprès des éleveurs, techniciens, étudiants et enseignants, au cours de l’année 2021 dans le cadre d’un projet commun autour de l’autonomie protéique (SiTProTIn). Ainsi, 300 réponses d’éleveurs ont été enregistrées lors de la clôture de l’enquête, diffuée en ligne de mars à juin 2021.

A travers le questionnaire, les éleveurs ont été interrogés sur leur opinion à propos de l’autonomie protéique, l’historique des leviers mis en place ou testés sur leur exploitation pour s’améliorer dans ce secteur et sur la façon dont ils se tiennent informés sur cette thématique. Parmi ces répondants, 80 % élèvent exclusivement des ruminants, 5 % exclusivement des monogastriques (porcs et/ou volailles), et 15% les deux.

 

L’autonomie protéique passe par les fourrages

 

© Source : SiTProTIn

 

« Les solutions les plus mises en œuvre et plébiscitées par la majorité des éleveurs de ruminants sont toutes des leviers fourrages et cela autant par les éleveurs laitiers que les éleveurs allaitants », explique Jean Marc Seuret, chargé de mission à la chambre d’agriculture de Bretagne. Chez les éleveurs de ruminants, le top 3 des leviers employés pour améliorer l’autonomie protéique est d’augmenter la part d’herbe dans le système fourrager, de pâturer ou récolter des dérobées et de réaliser des ensilages d’herbe précoces. L’analyse des fourrages est aussi un levier utilisé afin de mieux ajuster la complémentation et ainsi ne pas gaspiller le correcteur azoté.

 

En parallèle, la moitié des éleveurs a abandonné au moins une mesure mis en œuvre pour être plus autonome. Parmi elles, les éleveurs ont cité :

  • La production et l’autoconsommation des mélanges céréales-protéagineux ensilés ou en grain et ce, pour des questions de rentabilité ou un manque d’équipement,
  • La production et l’autoconsommation des protéagineux (pois, lupin, féverole, colza),
  • La production ou la consommation de la luzerne ou du trèfle violet
  • La réduction du niveau azoté des rations (crainte d’une baisse des performances du troupeau)

« Certaines mesures n’ont par ailleurs par été envisagées comme la production de protéagineux ou la réduction du niveau azoté des rations. Le temps de travail trop important pour la production de la luzerne et du trèfle violet a également été cité comme un frein à leur développement en élevage. »

 

Le projet SiTProTIn

Lancé en 2020, ce projet se concentre sur la question de l’autonomie protéique. Il vise à centraliser l’ensemble des références existantes sur l’autonomie protéique et à faire connaître ses différents leviers auprès des différentes filières d’élevage.

Création d’un e-book pour un référencement complet

Ce projet a permis la création d’un e-book qui centralise des références et des articles concernant l’autonomie protéique, lesquels sont classés selon plusieurs filières : bovins lait, bovins viande, porcs, volailles, ovins et grandes cultures.

Les éleveurs intéressés peuvent consulter gratuitement ces références sur le sujet (vidéos, fiches techniques, articles presse et autres supports).

Une série de podcasts mettant en avant différents acteurs (éleveurs, experts) autour de ce sujet a également été produite.

 

Le point de vue des éleveurs sur l’autonomie protéique

La production et l’autoconsommation des fourrages et aliments riches en protéines apparaissent la priorité en matière d’autonomie protéique pour trois quarts des éleveurs de ruminants.

Si, toute filière confondue, plus de la moitié sont convaincus des avantages de l’autonomie protéique, la part de convaincus est plus importante chez les éleveurs de ruminants que chez les éleveurs de monogastriques. Pour autant, l’ensemble des éleveurs voit l’intérêt de l’autonomie protéique vis-à-vis de son impact positif sur l’environnement et s’accordent sur la compatibilité de celle-ci avec un bon niveau de performances zootechniques. A l’inverse, les avis sont plus restreints concernant une maîtrise de la charge de travail et de la gestion des cultures.

 

 

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