Aller au contenu principal

André Éloi, directeur de la FNEAP : « Des rapprochements entre abattoirs sont à entrevoir pour sauver le maillage de proximité »

André Éloi, directeur de la Fédération Nationale Exploitants Abattoirs Publics, évoque les difficultés auxquels font face les petits abattoirs en France et les possibles rapprochements et transformations futures pour sauvegarder ce maillage de proximité.

André Éloi, directeur de la Fédération Nationale Exploitants Abattoirs Publics
André Éloi, directeur de la Fédération Nationale Exploitants Abattoirs Publics
© André Éloi

Comment les abattoirs de votre fédération ont traversé la crise de l’énergie que nous connaissons ?

André Éloi - Je vais dire sans détour que c’est compliqué. Sur l’ensemble de la France et pas seulement au sein de notre fédération des abattoirs prestataires de services et de proximité, cinq ou six établissements ont fermé pour des problèmes économiques ou techniques ces derniers mois. Et la crise est loin d’être achevée, cette contrainte fait toujours souffrir les abattoirs. Et d’autres voient le jour, je pense en particulier à l’eau. Certaines préfectures ont commencé à envoyer des questionnaires aux abattoirs pour mieux connaître et faire évoluer les consommations d’eau… Et on peut ajouter les contraintes réglementaires, en particulier celles liées au bien-être animal dont l’Europe s’est de nouveau emparé dans le cadre de la révision de la législation. C’est un sujet que nous suivons avec attention. Pour en revenir à votre question sur l’énergie, il y a fort à parier que cela aura encore des répercussions au deuxième semestre de cette année.

Est-ce de nature à remettre en cause le maillage des abattoirs de proximité sur le territoire français ?

A. É. - Il est difficile d’avoir une vision précise de cette problématique. Pour le moment, avec cinq ou six abattoirs fermés, mais qui pourront peut-être reprendre leur activité, j’aurai tendance à dire non. En revanche, si le nombre de fermeture augmente, si on dépasse la dizaine alors là oui, cela risque de poser problème dans certaines régions.

Votre secteur a-t-il pu bénéficier des aides de l’État pour pallier en partie la hausse des coûts de l’énergie ?

A. É. - Il n’y en pas eu ou presque puisque nos abattoirs ont très rarement été éligibles à cause des critères, notamment sur les contrats de fourniture en énergie, élaborés par le gouvernement.

Comment les collectivités locales ou territoriales investies dans la gestion des abattoirs se positionnent aujourd’hui ?

A. É. - Elles peuvent en effet se poser la question de l’intérêt qu’elles ont à s’impliquer et assumer une partie de la gestion d’un tel outil, si cela relève réellement de leurs compétences d’être confrontés possiblement à des déficits, des problèmes techniques et industriels… La tendance aujourd’hui, c’est la création de sociétés coopératives d’intérêt collectif autour des abattoirs, qui permettent d’impliquer tous les acteurs, des salariés aux utilisateurs en passant par les collectivités.

Et pour répondre aux enjeux économiques actuels et à venir ?

A. É. - Ce que nous verrons peut-être poindre, ce sont des rapprochements entre abattoirs, des organisations communes de gestion et de gouvernance comme cela est en train de se mettre en place en Occitanie. Ces rapprochements pourront prendre également la forme de partage de fonctionnement avec une répartition nouvelle des animaux en fonction de la géographie ou des caractéristiques des outils. L’autre piste suivie, c’est l’adjonction d’un atelier de transformation à la sortie de l’abattoir, à leur échelle, pour augmenter un peu les marges réalisées sur les prestations et mieux supporter les investissements très lourds à consentir.
(1) La Fédération Nationale Exploitants Abattoirs Publics rassemble 115 abattoirs de proximité pour 370 000 tonnes annuelles, toutes espèces confondues.

Les plus lus

Neuf races bovines locales développent le contrôle de performances

Les races bovines locales à petits effectifs connaissent une progression démographique depuis les années 80, mais manquent de…

<em class="placeholder">Taureau parmi les vaches pleines et suitées au Gaec de la Blonde, où la reproduction est conduite en monte naturelle.</em>
Elevage bovin : Bien comprendre la consanguinité
Présente dans tous les élevages, la consanguinité est un phénomène inévitable. Longtemps utilisée pour homogénéiser les animaux,…
Susana Ciscares, à la tête d'un troupeau de 70 vaches limousines. « Je ne suis pas 'écolo' mais j’aime travailler en harmonie avec la nature et j’estime aujourd’hui ...
Élevage bovins viande : « Je bénéficie de paiements pour services environnementaux »

Depuis 2018, les paiements pour services environnementaux (PSE) rémunèrent les modèles agricoles vertueux. L’Agence de l’eau…

Viande bovine : les travaux de recherche continuent sur le persillé de la viande

Le persillé de la viande est gage de goût pour les consommateurs. Après la création d’un référentiel visuel pour évaluer ce…

<em class="placeholder">Vente aux enchères Rouge des Prés</em>
Rouge des prés : un taureau adjugé aux enchères à 12 500 euros

La vente de la série 80 de reproducteurs Rouge des Prés évalués à la station de contrôle individuel du Domaine des Rues s’est…

<em class="placeholder">Charly et Christian Marot, éleveurs, avec une génisse Angus</em>
« Des bêtes bien finies et un peu de temps libre », avec des vaches Angus en système bio tout herbe dans les Vosges

Au Gaec du Fourneau, à Vrécourt dans les Vosges, les prairies permanentes représentent l’intégralité des 314 hectares de SAU.…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande